Ping-pong en­tre­prise

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Deux-roues - AN­TOINE DELGOULET

L’Eu­ro au bu­reau, c’est pas tou­jours ri­go­lo. On en rem­plit des pages et des pages. Et on fi­nit à l’heure où Mor­phée est dé­jà de­puis long­temps en train de vous ber­cer. Heu­reu­se­ment, pour sur­mon­ter la fa­tigue et le stress, on a trou­vé une pa­rade : le ping-pong. Peut-être l’in­fluence des nou­veaux in­ves­tis­seurs chi­nois du Gym... Notre aire de jeu ? Une table ovale au mi­lieu du ser­vice. Ab­so­lu­ment pas ré­gle­men­taire mais elle fait l’af­faire. Christophe « l’ar­chi­tecte » nous a po­sé un fi­let sur me­sure. Un temps, on avait tes­té le ten­nis-bal­lon dans le cou­loir. On suait tel­le­ment qu’on était obli­gé de prendre une douche à une heure du ma­tin en ren­trant à la maison. Nos com­pagnes se po­saient des ques­tions... Le «ping en­tre­prise», c’est plus adap­té. Et meilleur pour le couple. Y a que le chef que ça em­bête. Le bruit de la balle lui fout les boules. Et le rend ma­boule. Nous, on prend ça très au sé­rieux. On or­ga­nise des tour­nois cal­qués sur l’agen­da du cir­cuit ATP de ten­nis. Ac­tuel­le­ment, on est en plein Wimbledon. Ro­main, nu­mé­ro 2 du ser­vice, est nu­mé­ro 1 mondial de la spé­cia­li­té. Il est le te­nant du titre. Mais il est aus­si dans le dur. Son bien est fort convoi­té par les forces du mal. Parmi elles, des pré­ten­dants au sur­nom de boxeurs : Ch­ris­to­pher «la sau­te­relle» et son fa­meux coup du Co­bra, un smash réa­li­sé à ge­noux du fond du court ; Tchoa «le cro­co­dile» ou «le vieux singe». Quin­qua­gé­naire, il use et abuse de stra­ta­gèmes pour cas­ser le rythme avant chaque point im­por­tant ; Fouine «l’es­croc». Il compte les points à l’en­vers et sert tou­jours quand son ad­ver­saire ne re­garde pas ; Will «Res­pect» Hum­ber­set ou «l’ou­ra­gan». Un coup droit ra­va­geur... Ou pas. Il peut tout dé­vas­ter sur son pas­sage. De­man­dez à la pou­belle du bu­reau... ; Da­mien «l’in­trus de 18 heures». Seule per­sonne ex­té­rieure au ser­vice, il bé­né­fi­cie d’une wild­card et vient tou­jours jouer à... 18 heures, quand la comp­ta est par­tie et qu’on peut en­fin faire du bruit ; Vince «Da­ny la mèche». Il est forfait ac­tuel­le­ment car bles­sé à l’ar­rière-train. De toute fa­çon, il est sur les routes de l’Eu­ro pour vous ser­vir. Re­tour pré­vu à l’US Open en sep­tembre ; et moi-même. On m’ap­pelle «Jim­my Bou­lard». Il pa­raît que je me la ra­conte. On me sur­nomme aus­si «le mur». Oui, je ren­voie tout. J’au­rais pu tra­vailler à La Poste. Mon coup droit est un peu gauche mais mon bloc de re­vers est la clé de mes suc­cès. C’est comme ça que j’ai ga­gné Ro­land-Gar­ros il y a trois se­maines... Bref. Vous de­vez nous prendre pour des dingues. Et vous avez rai­son. Car l’Eu­ro com­mence sé­rieu­se­ment à nous ta­per sur le sys­tème. Après le 10 juillet, le pre­mier qui nous parle de bal­lon rond, on lui met la tête au car­ré!

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