Les co­riaces

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France - Par DE­NIS JEAMBAR

Il fal­lait être bien naïf pour ima­gi­ner que Ni­co­las Sar­ko­zy et Fran­çois Hol­lande ne se lan­ce­raient pas dans la course pré­si­den­tielle de ! La se­maine qui se re­ferme au­ra mis un terme dé­fi­ni­tif à toutes les in­ter­ro­ga­tions. L’in­ter­view ac­cor­dée, jeu­di, par le chef de l’Etat au quo­ti­dien Les Echos res­te­ra comme l’acte fon­da­teur de sa cam­pagne avec un bi­lan dres­sé, une es­quisse de l’ave­nir, une ligne tra­cée sur le thème de la dé­fense du mo­dèle so­cial fran­çais et une at­taque en règle contre tous les lea­ders de l’op­po­si­tion. Bref, Hol­lande s’en va-t-en guerre. En fai­sant, au­jourd’hui, adop­ter un pro­gramme pré­si­den­tiel par le conseil na­tio­nal du par­ti Les Ré­pu­bli­cains, Ni­co­las Sar­ko­zy, lui, clôt sa pré­pa­ra­tion de ter­rain et n’a plus qu’à faire sa dé­cla­ra­tion of­fi­cielle de can­di­da­ture aux pri­maires. Ce qui de­vrait ar­ri­ver avant la fin août. Bref, l’heure du match re­tour a son­né pour les deux hommes. Qu’on s’en dé­sole ou qu’on s’en ré­jouisse, c’est ain­si! C’est, d’ailleurs, la preuve que, dans le bes­tiaire po­li­tique, ces deux hommes font par­tie des grands fauves. Cha­cun, sur­tout, est ob­sé­dé par l’idée d’être le seul roi de cette jungle. C’est leur mo­teur, la rai­son qui fait que ces deux fé­roces ne re­noncent ja­mais et croient en­core en leur chance quand tout donne à croire qu’ils sont hors jeu. Il fut un temps où per­sonne n’au­rait pa­rié un ko­peck sur le re­tour de Ni­co­las Sar­ko­zy. Il n’en avait cure et avan­çait ses pions avec mé­thode: prise de contrôle du par­ti pour le mettre à son ser­vice et de­ve­nir le lea­der de l’op­po­si­tion. Un tra­vail pa­tient, in­grat, qui porte ses fruits. Certes, Alain Jup­pé, le fa­vo­ri de­puis des mois, n’est pas à terre mais, son­dage après son­dage, il perd du ter­rain aus­si bien dans l’élec­to­rat Les Ré­pu­bli­cains qu’à droite en gé­né­ral. Le voi­ci même de­van­cé dans ces deux élec­to­rats si l’on en croit le ba­ro­mètre TNS Sofres-Fi­ga­ro

Ma­ga­zine pu­blié au­jourd’hui. Et la cam­pagne n’a pas com­men­cé! Dans son of­fen­sive, Ni­co­las Sar­ko­zy peut comp­ter sur Fran­çois Hol­lande. Le Pré­sident a, de fait, be­soin de lui. Il es­père la vic­toire de son pré­dé­ces­seur face à Jup­pé pour en faire, en­suite, un épou­van­tail et ras­sem­bler la gauche sur sa can­di­da­ture dans la pri­maire so­cia­liste de jan­vier. Le «tout sauf Sar­ko­zy», pense-t-il, peut lui per­mettre de sor­tir des sables mou­vants dans les­quels il s’en­fonce chaque jour un peu plus. % de confiance et % de mé­fiance en ce dé­but de juillet se­lon le ba­ro­mètre TNS Sofres, ja­mais on n’avait vu une telle im­po­pu­la­ri­té! Fran­çois Hol­lande ne la juge pas rédhi­bi­toire. Il af­fûte ses ar­gu­ments et ses armes mais, pour l’heure, rien ne passe dans l’opi­nion, comme si plus per­sonne ne lui ac­cor­dait la moindre qua­li­té d’homme d’Etat. Mais c’est la règle d’or de ces deux co­riaces: ne ja­mais re­non­cer.

«Être le seul roi de la jungle po­li­tique: c’est le mo­teur de Fran­çois Hol­lande et Ni­co­las Sar­ko­zy, la rai­son qui fait que ces deux fé­roces ne re­noncent ja­mais.»

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