« Mettre du rythme en pas­sant sur les cô­tés »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Euro 2016 - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR AN­THO­NY DESCOURS MA­THIEU ET VINCENT

Joueur fran­çais ayant évo­lué pen­dant 4 ans en Is­lande à Grin­da­vik, est bien pla­cé pour par­ler des ad­ver­saires de l’équipe de France. Ti­tu­laire du BEF l’in­té­res­sé va pas­ser son DEF et pour­rait bien exer­cer dans le Var dans quelques temps, car sa femme est ori­gi­naire de Co­go­lin.

Vous qui avez joué en D is­lan­daise, vous at­ten­diez­vous à voir l’équipe na­tio­nale à ce ni­veau-là ? Pour être hon­nête pas vrai­ment car ce que réa­lise l’Is­lande est ex­cep­tion­nel. Tou­te­fois lors de mon pas­sage là-bas, à Grin­da­vik, j’ai pu consta­ter que de nom­breux pro­grès avaient été faits. Par exemple, le pays a in­ves­ti dans des “dômes”, c’est-à-dire des stades cou­verts afin de pou­voir jouer toute l’an­née. Le cham­pion­nat est pas­sé en  de  à  équipes. La D is­lan­daise équi­vaut au na­tio­nal fran­çais. Les condi­tions sont pro­fes­sion­nelles avec des in­fra­struc­tures de pre­mier ordre, deux en­traî­ne­ments par jour, un staff mé­di­cal et des sa­laires fran­che­ment in­té­res­sants ( à   eu­ros). L’ac­cueil a été cha­leu­reux car les gens sont ou­verts.

Un sou­ve­nir mar­quant ? Mes duels avec Ra­gnar Si­gurd­sson étaient sou­vent chauds. Il a été élu meilleur joueur du match contre l’An­gle­terre. C’est un dé­fen­seur ru­gueux qui “rentre” beau­coup comme on dit. Qui chambre aus­si par­fois. Il m’avait in­sul­té une fois et de­puis, cha­cune de nos confron­ta­tions était as­sez ten­due. C’est un ex­cellent joueur qui a sui­vi le par­cours clas­sique du joueur is­lan­dais pro­met­teur. En gé­né­ral, la Suède est la pre­mière étape avant d’in­té­grer la Pre­mier League an­glaise ou la Bun­des­li­ga. Ce sont les étran­gers (Serbes, Ecos­sais, An­glais etc) qui amènent de l’exo­tisme au sein du cham­pion­nat is­lan­dais. Voi­là pour­quoi les joueurs lo­caux pro­gressent vite, sur­tout tac­ti­que­ment et tech­ni­que­ment.

Que peut craindre l’équipe de France ? L’er­reur se­rait de sou­ses­ti­mer cet ad­ver­saire en pleine confiance. Avec le pré­cé­dent face à l’An­gle­terre, et un sé­lec­tion­neur comme Di­dier Des­champs, à mon avis les Bleus ne tom­be­ront pas dans le pan­neau. Les Fran­çais de­vront al­ler vite vers l’avant et mettre du rythme en pas­sant sur les cô­tés. Dans l’af­fron­te­ment phy­sique, les Is­lan­dais sont forts, sur­tout dans le coeur du jeu. At­ten­tion aus­si aux coups de pieds ar­rê­tés. Plus que deux jours. Deux jours avant de prendre la route des va­cances. La mai­son, nous voi­là. Dès lun­di ma­tin, on charge la ba­gnole pour ti­rer tout droit vers le Sud car le tour­noi a eu la bonne idée de pro­gram­mer la de­mi-fi­nale à Mar­seille, c’est-à-dire à cô­té. On n’a pas pré­vu d’en­fi­ler le cha­peau de paille et d’ap­por­ter la tri­plette, mais presque.Vi­ve­ment qu’on se taille! L’équipe de France, Clai­re­fon­taine, le pé­riph’, les ga­lères de sta­tion­ne­ment, vous êtes bien mi­gnons, mais vous com­men­cez sé­rieu­se­ment à nous les bri­ser. Se­lon nos proches, chez nous, il fait beau et chaud. Les gens se baignent. Ils bronzent même. Ici, à Pa­ris, ça fait trois se­maines qu’on n’a pas quit­té le pull et la veste. Il fait gris et il pleut. Tous les jours. Les tra­jets sont tou­jours longs et l’un de nous deux com­mence à en avoir plein le c.. du clic-clac sur le­quel il dort. Ce n’est pas qu’on est mal re­çu, mais il est temps de mettre un terme à cette vie d’étu­diant Eras­mus qui nous oblige à ré­veiller notre co­lo­ca­taire à 3 heures du ma­tin quand on butte sur la ser­rure. A part ça, au rayon des dé­cou­vertes, il y a eu Saint-Ar­noul­ten-Yve­lines, ville fan­tôme, au coeur de la fo­rêt de Ram­bouillet. Sous un ciel gris, c’est triste à mou­rir. On a tes­té une table au dé­cor sur­réa­liste avec des lustres do­rés, des fau­teuils en ve­lours cou­leur mau­veet­des­nap­pe­sen­den­telle.Unen­droi­toùP­hi­lip­peEt­che­best fe­rait un mal­heur… Ne man­quait plus que Mar­cel Amont pour faire le­ver nos voi­sins de table qui s’em­pif­fraient un os à moelle sui­vi d’un la­pin à la mou­tarde. Ce n’était pas beau à voir. Mais ce n’est pas tout. En fin de re­pas, le chef, so­sie poi­lu et bar­bu de De­nis Po­da­ly­dès, a fait la tour­née des po­potes, comme s’il avait ser­vi le re­pas de l’an­née. Une at­ten­tion louable mais très gê­nante. Ne man­que­rait plus que notre ami de la ca­fet’ vienne nous de­man­der des nou­velles de son fi­let de Ho­ki.A bien­tôt, la So­dexo! ;-)

(Pho­to DR)

Mou­nir Ahan­dour a joué quatre ans dans le cham­pion­nat is­lan­dais, à Grin­da­vik.

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