Pas de blague

Des­champs et ses Bleus ont une oc­ca­sion en or de re­joindre les de­mi-fi­nales de l’Eu­ro. À condi­tion de ne pas prendre de haut les Is­lan­dais.

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - À PA­RIS, VINCENT MENICHINI

Au dé­part, ce n’est pas ce qui était pré­vu. Un France - Is­lande en quart de fi­nale d’une grande com­pé­ti­tion, ça n’ar­rive pas tous les jours et ça n’ar­ri­ve­ra, peut-être, plus ja­mais. Alors, au­tant pro­fi­ter de ce mo­ment in­so­lite qui res­semble aus­si, quoi qu’en disent Di­dier Des­champs et tous ses joueurs, à un ma­gni­fique trem­plin pour le der­nier car­ré. Pour les 23 Bleus, prendre en­fin le quart se­rait prendre la route d’un nou­veau monde, dont ils ignorent tout mais qu’ils es­pèrent en­fin en­tre­voir après deux échecs suc­ces­sifs face à l’Es­pagne et l’Al­le­magne. En 2012 et 2014, ce­la n’avait pas ému la pa­trie, ni pous­sé les gens dans la rue. En 2016, chez eux et face à un pays qui compte en moins d’une mi­nute l’en­semble de ses joueurs pro­fes­sion­nels (une cen­taine en­vi­ron), les Bleus savent qu’ils au­raient l’air tout sauf fi­nauds de sor­tir de leur Eu­ro face à l’Is­lande. L’Is­lande, ce pays connu pour ses fjords, ses jours sans fin (en juillet, la nuit ne dure que deux heures) et ses vol­cans, mais guère ré­pu­tée pour sa science du 4-4-2 ou les longues touches lan­cées par son ca­pi­taine Aron Gun­nars­son, de­ve­nu l’un des vi­sages mar­quants de cet Eu­ro. « Oui, mais ce n’est pas que ça» , pose Hu­go Llo­ris qui élève le dé­bat. « On se rend compte qu’il ne suf­fit plus d’être une grosse équipe sur le pa­pier et de bien jouer au foot­ball. La dif­fé­rence au haut ni­veau, c’est le men­tal. Et du­rant cet Eu­ro, il y a un re­tour aux va­leurs col­lec­tives. » La Bel­gique, sor­tie par le Pays de Galles ven­dre­di soir (1-3), en a été le plus mau­vais exemple.

Pour une Mar­seillaise à Mar­seille !

Pour son re­tour au Stade de France, qui avait dé­jà pro­gram­mé « God Save the Queen » en in­tro­duc­tion, la France n’est pas plus avan­cée que lors de sa pre­mière il y a dé­jà trois se­maines face à la Rou­ma­nie. Un match qu’elle n’avait en rien maî­tri­sé, ce qui de­vien­dra la trame de son Eu­ro. Du coup, ne nous de­man­dez pas de vous éclai­rer sur le style ou la tac­tique pré­fé­ren­tielle

de ces Bleus. On n’en sait rien. Par mo­ments, c’est même illi­sible.

« Je pense qu’on est fou » ,are­con­nu Pa­trice Evra, au mo­ment d’ex­pli­quer ces ren­contres sans liant et ces pre­mières pé­riodes in­si­pides. On au­rait ten­dance à pen­ser que la deuxième mi-temps face à l’Ir­lande jouée en 4-4-2 - ce qui a per­mis de mettre en exergue le ta­lent d’An­toine Griez­mann et les qua­li­tés de Paul Pog­ba (en­fin!) - soit une base de tra­vail sur la­quelle il fau­drait s’ap­puyer. Ce­la pour­rait per­mettre de mettre à mal les la­té­raux is­lan­dais qui donnent par­fois des al­lures de bou­le­vards à leurs cô­tés. C’est une piste à creu­ser pour en­tre­voir une de­mi-fi­nale aux al­lures de fi­nale qui se tien­dra, jeu­di pro­chain, au stade Vé­lo­drome. Rien que pour la Mar­seillaise à Mar­seille - celle contre l’Al­ba­nie ré­sonne en­core - ça vaut le coup de ne pas se ra­ter. Pour nous faire en­core fris­son­ner.

(Pho­to Epa/Maxppp)

Quelle tac­tique va mettre en place Des­champs contre l’Is­lande ? Il laisse pla­ner le sus­pense.

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