La ré­ponse de Pog­ba

Cri­ti­qué et très at­ten­du de­puis le dé­but de l’Eu­ro, le joueur de la Ju­ven­tus a en­fin don­né tort à ses dé­trac­teurs en ren­dant une co­pie proche de la per­fec­tion. Cha­peau, Paul

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Euro 2016 -

Pog­ba est-il le joueur le plus sur­éva­lué du

monde ? » s’était de­man­dé sur Twit­ter Ga­ry Li­ne­ker à la mi-temps du hui­tième de fi­nale contre l’Ir­lande, la se­maine der­nière. Hier, l’an­cien in­ter­na­tio­nal an­glais a dû re­voir son ju­ge­ment après la pres­ta­tion du mi­lieu de ter­rain tu­ri­nois (35 sé­lec­tions, 6 buts) au­teur d’une réa­li­sa­tion et d’un match très consis­tant. Il faut dire que l’at­tente au­tour du mi­lieu de ter­rain des Bleus est im­mense. Sans doute dé­me­su­rée. A chaque sor­tie, ce­lui que son agent le sul­fu­reux Mi­no Raio­la pré­sente comme un fu­tur Bal­lon d’or est épié par tous. Alors on en de­mande peut-être trop à la « Pioche ». En mi­lieu de se­maine der­nière, son ami et co­équi­pier tu­ri­nois Pa­trice Evra avait pris la dé­fense de son « pou­lain » : « Paul est quel­qu’un qui aime bien faire. Il veut tout réus­sir et par­fois dans le football on ne peut pas tout réus­sir. Mais il va très bien Paul. C’est un homme heu­reux donc ne vous faites pas de sou­ci pour lui. Je sais qu’il as­su­me­ra quand on au­ra vrai­ment be­soin de lui ». Hier, la France avait be­soin de lui. Il a ré­pon­du pré­sent. Un but – ce­lui du 2-0 – des trans­ver­sales de 50 mètres qui ar­rivent dans les pieds des co­pains, des tran­si­tions rapides, un re­pli dé­fen­sif op­ti­mal, bref, Pog­ba a en­fin brillé en équipe de France. Et c’est peu dire qu’il était at­ten­du. Ap­pré­cié par les fans, le joueur de 23 ans est plus dis­tant avec la presse, qu’il es­time sou­vent in­juste avec lui. Il faut dire que Pog­ba est le seul joueur de l’équipe de France à ne s’être ja­mais pré­sen­té en con­fé­rence de presse de­puis le dé­but du ras­sem­ble­ment, mi-mai. Lui et Be­noît Cos­til, le troi­sième gar­dien. Ce n’est sans doute pas un ha­sard pour un gar­çon qui contrôle tout : de son image à ses coupes de che­veux. A 23 ans, ce­lui qui a été cham­pion du monde U20 en 2013 va dis­pu­ter sa pre­mière de­mi-fi­nale de phase fi­nale chez les A face à l’Al­le­magne, pour une re­vanche du der­nier quart de fi­nale de la Coupe du monde. C’était il y a 2 ans au Bré­sil. De­puis, Pog­ba a gran­di.

Mou­rin­ho le veut

Il s’est éman­ci­pé de son sta­tut de « jeune pro­dige » pour de­ve­nir une ré­fé­rence à son poste en club. C’est ça, aus­si, d’évo­luer à la Ju­ven­tus Tu­rin, le club le plus exi­geant du monde. Pen­dant trois ans, Pog­ba a cô­toyé An­drea Pir­lo, un mo­dèle comme il le confes­sait dans les co­lonnes de Sur­face avant l’Eu­ro : « Tout ce qu’il fait c’est clean, ça ar­rive bien, c’est par­fait. C’est vrai­ment la per­fec­tion : les jeux longs, la balle elle ar­rive, tu n’es pas obli­gé de trans­pi­rer. Tu fais ton ap­pel et le bal­lon ar­rive dans les pieds. C’est un exemple. Tous les joueurs qui évo­luent en mi­lieu de ter­rain doivent re­gar­der un joueur comme Pir­lo ». Pog­ba a bien re­gar­dé. Il a chan­gé. Mû­ri. Ce n’est pas un ha­sard si tous les clubs eu­ro­péens lui font la cour, à com­men­cer par le Real Ma­drid et sur­tout Man­ches­ter Uni­ted, où il n’a ja­mais eu sa chance entre 16 et 19 ans. Fraî­che­ment ar­ri­vé dans le nord de l’An­gle­terre, le nou­vel en­traî­neur des Red De­vils Jo­sé Mou­rin­ho a de­man­dé à ses di­ri­geants de lui ra­me­ner Pog­ba. Le mon­tant évo­qué? 119 mil­lions d’eu­ros. C’est dan­tesque. D’ici là, Paul Pog­ba a une de­mi-fi­nale d’Eu­ro à jouer. Un match où il se­ra en­core au coeur des at­tentes. En at­ten­dant mieux. Car le gar­çon avait an­non­cé la cou­leur avant le dé­but de l’Eu­ro : «On y va pour gag-ner ».

(Photo AFP)

Paul Pog­ba a li­vré une su­perbe pres­ta­tion, hier soir dans l’en­tre­jeu. Le mi­lieu de la Ju­ven­tus a, en­fin, été au ni­veau.

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