Un suc­cès qui laisse des traces

L’Al­le­magne s’est his­sée sa­me­di en de­mies à l’is­sue d’un match mé­mo­rable par ses tirs au but. Mais la Mann­schaft va de­voir gé­rer la sus­pen­sion de Hüm­mels, la bles­sure de Khe­di­ra et la frus­tra­tion de Mül­ler

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports -

La joie d’avoir sur­vé­cu à la bête noire, l’Ita­lie (1-1, 6 tab à 5) est peu à peu gom­mée par l’obli­ga­tion de gé­rer des han­di­caps. La Mann­schaft va de­voir com­pen­ser l’ab­sence cer­taine du stop­peur Hüm­mels, sus­pen­du, et celle de l’at­ta­quant Ma­rio Go­mez, for­fait jus­qu’à la fin de l’Eu­ro (lire ci-contre). Hier, la Fé­dé­ra­tion al­le­mande a in­di­qué que les cas de Khe­di­ra (tou­ché aux ad­duc­teurs) et Sch­weins­tei­ger (en dé­li­ca­tesse avec son ge­nou droit) se­raient gé­rés « au jour le jour ». Des rem­pla­çants pour Hüm­mels, l’Al­le­magne n’en manque pas, à com­men­cer par Mus­ta­fi, qui avait dé­jà rem­pli ce rôle cor­rec­te­ment contre l’Ukraine lors du pre­mier match, ou­vrant même le score de la tête. Hö­wedes se­rait éven­tuel­le­ment une op­tion, même s’il évo­lue plu­tôt axe droit, comme Boa­teng.

Mül­ler dé­goû­té

Une ab­sence conju­guée de Khe­di­ra et Sch­weins­tei­ger au mi­lieu se­rait plus pro­blé­ma­tique. Le sé­lec­tion­neur al­le­mand pour­rait, dans cette éven­tua­li­té, re­mettre Kim­mich mi­lieu dé­fen­sif, son vrai poste, s’il n’a pas be­soin de lui à droite en dé­fense. Il pour­rait aus­si faire des­cendre Me­sut Özil d’un cran, en ti­tu­la­ri­sant par exemple Drax­ler en me­neur de jeu, mais ce­la semble moins pro­bable. Plus anec­do­tique - quoique… - l’Al­le­magne va ra­pi­de­ment de­voir dé­si­gner un nou­veau ti­reur de pe­nal­ty. Les trois ti­reurs prio­ri­taires, Özil, qui en avait dé­jà ra­té un contre la Slo­va­quie, Mül­ler et Sch­weins­tei­ger ont ra­té leur ten­ta­tive contre l’Ita­lie. Mül­ler a d’ailleurs an­non­cé qu’il ne se prê­te­rait plus à cet exer­cice pen­dant quelques se­maines (lire phrase ci-contre). Avec un comp­teur tou­jours à 0 but en 10 matches dis­pu­tés dans un Eu­ro, l’at­ta­quant ba­va­rois semble avoir du vague à l’âme. Une bonne nou­velle de plus pour la France en de­mi-fi­nale ?

Et des cri­tiques

Joa­chim Löw de­vra aus­si gé­rer les cri­tiques ap­pa­rues au mi­lieu des vagues de sa­tis­fac­tion. Cette qua­li­fi­ca­tion est pro­pre­ment his­to­rique, puisque la Mann­schaft n’avait ja­mais pris le meilleur sur les Az­zur­ri. Elle ajoute à la lé­gende de Löw, qui a éga­le­ment ef­fa­cé un trau­ma­tisme per­son­nel da­tant de la de­mi-fi­nale d’il y a quatre ans, à Var­so­vie (1-2). Son pa­ri tac­tique d’un pas­sage à une dé­fense à trois a bien mieux mar­ché cette fois-ci que son plan an­ti-Pir­lo de 2012. Même s’il s’est en­core trou­vé des voix comme l’an­cien mi­lieu de ter­rain Meh­met Scholl, pour cri­ti­quer la pro­pen­sion de Löw à s’adap­ter à l’ad­ver­saire au lieu d’im­po­ser son jeu. « Il ne s’agit pas de pi­nailler, mais pour­quoi ali­gner une équipe comme ça dans une telle si­tua­tion? En 2008, on s’est adap­té et on a per­du contre l’Es­pagne (en fi­nale), en 2010, on s’est en­core adap­té aux Es­pa­gnols, on a per­du (en de­mi-fi­nale), en 2012, on s’est adap­té aux Ita­liens, on a per­du, a-t-il dé­taillé. En 2014, Löw a fait confiance à l’équipe et a gar­dé le même onze à par­tir des quarts de fi­nale. C’est comme ça qu’on gagne des titres! » Il n’en de­meure pas moins qu’avec 6 de­mies consé­cu­tives comme ad­joint ou sé­lec­tion­neur, Löw est un porte-bon­heur. Il n’est qu’à deux matches de réa­li­ser ce qu’au­cun autre tech­ni­cien d’Outre-Rhin n’a fait avant lui : en­chaî­ner vic­toire au Mon­dial et vic­toire à l’Eu­ro.

(Pho­tos AFP)

Hüm­mels (n°) se­ra sus­pen­du en de­mie et Mül­ler (n°), lui, n’a tou­jours pas mar­qué.

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