La can­di­date LR Fran­çoise Du­mont ne re­nonce pas

L’autre can­di­date à l’in­ves­ti­ture des Ré­pu­bli­cains avait jusque-là avan­cé en sous-ma­rin. Elle parle pour la pre­mière fois et ex­plique qu’elle ne re­non­ce­ra « en au­cun cas »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - INTERVIEW REALISEE PAR Ch. CAIETTI ET N. SA­BA­TIER

C’est la femme par qui le « scan­dale » ar­rive dans la 4e cir­cons­crip­tion ! Fran­çoise Du­mont, ad­jointe au maire de Saint-Ra­phaël (dans la 5e), est can­di­date à une in­ves­ti­ture Ré­pu­bli­caine hors-sol contre le dé­pu­té sor­tant Jean-Mi­chel Couve. Plu­sieurs maires du lit­to­ral, MM. Ber­nar­di, Léo­nel­li, Mo­risse et Tu­vé­ri, de­ve­nus « ton­tons flin­gueurs », pen­saient lui avoir trans­for­mé ce pre­mier obs­tacle en for­ma­li­té. Il n’en est rien et le nom de l’in­ves­ti Ré­pu­bli­cain ne se­ra fi­na­le­ment pas connu avant sep­tembre, condam­nant Mme Du­mont à pas­ser par la case pré-cam­pagne contre le vieux lion Couve. Pre­mière interview. Com­ment vous est ve­nue l’idée de vous pré­sen­ter dans la e ? Ce n’est pas mon idée. J’ai été sol­li­ci­tée par de nom­breux maires. Je leur ai dit que ça m’in­té­res­sait.

Quels maires ? Ceux de Bormes, Le La­van­dou, Ca­va­laire, La Croix-Val­mer, SaintT­ro­pez, Sainte-Maxime, Le RayolCa­na­del et La Mole.

Ils sont tous ve­nus vous voir ? Non, ils se sont réunis entre eux puis m’ont té­lé­pho­né : «Voi­là Fran­çoise, on est dans un consen­sus, on veut que tu viennes».

Cette réunion c’était lun­di der­nier ? Exac­te­ment.

Ça veut dire que vous n’avez été contac­tée qu’à la veille de la com­mis­sion na­tio­nale d’in­ves­ti­ture ? Non, Gil Ber­nar­di le maire du La­van­dou m’en avait dé­jà par­lé au­pa­ra­vant, lors du co­mi­té dé­par­te­men­tal des Ré­pu­bli­cains à Tou­lon, le  juin der­nier.

Vous n’avez pas trou­vé ça bi­zarre que ça ne se dé­cante vrai­ment que la veille au soir de la com­mis­sion d’in­ves­ti­ture ? Ça fait un peu mal pré­pa­ré non ? Je fais confiance aux maires qui m’ont sol­li­ci­tée.

Vous sa­viez que Jean-Mi­chel Couve avait dé­jà an­non­cé sa can­di­da­ture ? Oui je sa­vais qu’il avait dé­cla­ré que « faute de can­di­da­ture», il se voyait «contraint de re­par­tir».

Vous par­tez donc en com­pé­ti­tion, chez lui, contre un dé­pu­té en place de­puis  ans et qui est de votre fa­mille po­li­tique. Vous êtes fâ­chée avec JeanMi­chel Couve ? Sur­tout pas. C’est tout sauf un en­ne­mi. Il a dû être sur­pris quand même de votre can­di­da­ture, car jus­qu’à la der­nière se­conde avant la com­mis­sion d’in­ves­ti­ture il igno­rait to­ta­le­ment que vous al­liez vous pré­sen­ter contre lui, comme il igno­rait qu’il y avait des échanges entre vous et plu­sieurs maires de sa cir­cons­crip­tion. Vous n’au­riez pas pu l’ap­pe­ler pour le pré­ve­nir qu’il vous trou­ve­rait sur sa route ? J’ai un pré­sident dé­par­te­men­tal (NDLR : Hu­bert Fal­co) et une dis­ci­pline de fa­mille po­li­tique qui font que les choses se sont pas­sées comme ce­la.

Le plan avait été plu­tôt bien pré­pa­ré, avec ef­fet de sur­prise es­comp­té et Hu­bert Fal­co à la ma­noeuvre de­vant la com­mis­sion d’in­ves­ti­ture. Vous avez dû être dé­çue que la com­mis­sion na­tio­nale pré­si­dée par Ch­ris­tian Es­tro­si ne va­lide pas illi­co votre can­di­da­ture ? Non. Je com­prends que la com­mis­sion d’in­ves­ti­ture ait mis en stand-by, en di­sant il faut ré­flé­chir et re­por­ter la dé­ci­sion à après la ren­trée de sep­tembre. Ça ne me choque ab­so­lu­ment pas.

De­puis mar­di vous êtes donc, et cette fois of­fi­ciel­le­ment, en com­pé­ti­tion avec Jean-Mi­chel Couve pour l’in­ves­ti­ture. Ce n’est pas une com­pé­ti­tion. Et je veux que l’on tra­vaille en­semble avec M. Couve.

Com­ment pou­vez-vous tra­vailler en­semble : vous êtes deux can­di­dats pour une seule in­ves­ti­ture ? Je ne suis pas en com­pé­ti­tion avec lui.

Ça veut dire que vous re­ti­rez votre can­di­da­ture à l’in­ves­ti­ture ? Ab­so­lu­ment pas.

Donc vous êtes en com­pé­ti­tion contre Jean-Mi­chel Couve, dé­pu­té sor­tant et à nou­veau can­di­dat... Non, car on ne sait pas en­core ce que va faire Jean-Mi­chel Couve. Il a dit dans vos co­lonnes au len­de­main de la com­mis­sion qu’il n’avait pas pris sa dé­ci­sion quant à la suite. Peut-être va-t-il re­non­cer.

Vous de­man­dez l’in­ves­ti­ture contre le sor­tant, qui est de votre fa­mille po­li­tique, et vous vou­lez qu’il se re­tire pour vous ? Il avait an­non­cé qu’il ne vou­lait pas re­par­tir au bout de  ans, ce que je trou­vais tout à fait sage et rai­son­nable.

Vous lui re­pro­chez d’avoir chan­gé d’avis ? Tout à fait. En re­ve­nant sur sa pa­role Jean-Mi­chel Couve a per­du sa lé­gi­ti­mi­té. Peut-être au­rait-il dû s’en te­nir à son « Je ne suis pas can­di­dat, je veux m’ar­rê­ter », comme le font d’autres dé­pu­tés va­rois. Jean-Pierre Gi­ran s’ar­rête, Georges Gi­nes­ta s’ar­rête. Eux ne re­viennent pas sur leur dé­ci­sion.

Vous ne crai­gnez pas que la gé­nèse de votre can­di­da­ture dans le dos du sor­tant, de votre fa­mille po­li­tique, fasse vu de l’ex­té­rieur, un peu cui­sine po­li­tique ? Ab­so­lu­ment pas. J’ai sim­ple­ment ré­pon­du à l’ap­pel des maires.

Si Jean-Mi­chel Couve est écar­té par sa fa­mille po­li­tique, vous ne crai­gnez pas qu’il parte en can­di­dat dis­si­dent et que ça fasse élire le FN ? Lais­sons dé­jà la com­mis­sion d’in­ves­ti­ture se pro­non­cer. En­suite je sais que Jean-Mi­chel Couve est un mon­sieur d’une grande sa­gesse : j’au­rais be­soin de lui. Je veux que la rai­son l’em­porte et qu’on s’en­tende pour par­tir al­liés, parce que le vrai en­ne­mi c’est jus­te­ment le Front na­tio­nal.

Vous êtes une élue Ra­phaë­loise et vous al­lez être can­di­date dans une autre cir­cons­crip­tion que la vôtre, ça fait quoi d’être une can­di­date pa­ra­chu­tée ? Je ne suis pas pa­ra­chu­tée. Ça fait  ans que je suis une élue du dé­par­te­ment du Var. Je pré­side Var Tou­risme et je pré­side le ser­vice dé­par­te­men­tal d’in­cen­die et de se­cours (SDIS), des ac­ti­vi­tés qui concernent di­rec­te­ment le Golfe. Vous avez des fonc­tions chez les Ré­pu­bli­cains ? J’en ai eu dans le pas­sé. J’ai été adhé­rent du RPR de­puis , j’avais re­lan­cé le sec­teur de la e cir­cons­crip­tion, j’ai été pré­si­dente des jeunes RPR du Var, j’ai été dé­lé­gué UMP de la e cir­cons­crip­tion. Et au­jourd’hui je suis en­core une mi­li­tante et une adhé­rente des Ré­pu­bli­cains. Je fais par­tie des cadres du mou­ve­ment.

Vous vous êtes de­man­dé s’il pou­vait y avoir des can­di­da­tures Ré­pu­bli­caines autres que JeanMi­chel Couve dans la cir­cons­crip­tion ? Elles ne se sont pas ma­ni­fes­tées.

Concer­nant vos sou­tiens, la qua­si-una­ni­mi­té des maires du Golfe évo­quée par Hu­bert Fal­co, qui sou­te­nait votre can­di­da­ture de­vant la com­mis­sion na­tio­nale, a fait pschitt avec à peine la moi­tié des maires au fi­nal. L’au­to­route qui était cen­sée vous at­tendre n’est-elle pas plu­tôt un che­min com­mu­nal ? Toute élec­tion est tou­jours com­pli­quée. Mais je suis une femme dé­ci­dée, opi­niâtre et tra­vailleuse. Dans au­cun cas vous ne re­ti­re­rez votre can­di­da­ture à l’in­ves­ti­ture ? Au­cun cas. Et si l’in­ves­ture est don­née à Jean-Mi­chel Couve, vous ac­cep­te­rez cette dé­ci­sion et vous le sou­tien­drez ? On ver­ra à ce mo­ment-là. Vous dites que vous avez be­soin de lui, peut-être que lui a be­soin de vous ? On ver­ra à ce mo­ment-là quelle se­ra la si­tua­tion. Hu­bert Fal­co vous sou­tient très fort. A-t-il souf­flé votre can­di­da­ture au groupe Gil Ber­nar­di ? C’est l’in­verse. Ce sont les maires qui lui ont don­né mon nom.

Avez-vous pen­sé à pro­po­ser à M. Couve d’être sa sup­pléante ? Ce n’est pas la ques­tion. J’ai les armes au­jourd’hui, et l’am­bi­tion, pour de­ve­nir dé­pu­tée de cette cir­cons­crip­tion.

Vous n’avez pas peur du re­gard que peuvent avoir les élec­teurs sur le pro­cé­dé uti­li­sé pour sor­tir J.-M. Couve ? Il a une cer­taine côte de sym­pa­thie chez les élec­teurs de la e qui l’ont élu sans dis­con­ti­nuer de­puis  ans. Pas mal de maires ne veulent pas qu’il re­parte.

Ce ne sont pas les maires qui fe­ront l’élec­tion. Il fau­dra sé­duire aus­si la po­pu­la­tion. C’est clair et je le sais. Qui se­ra votre sup­pléant ? Je ne sais pas en­core. J’en par­le­rai avec les maires.

Il se­ra aus­si ex­té­rieur à la cir­cons­crip­tion ? Il se­ra lo­cal et il faut qu’il soit du haut de la cir­cons­crip­tion.

Donc pour l’es­poir d’un sup­pléant is­su du Golfe, c’est mort ? La per­sonne qui re­pré­sen­te­ra le lit­to­ral c’est moi.

(Pho­to N. S.)

Fran­çoise Du­mont : « Je ne suis pas une pa­ra­chu­tée. Je suis élue au Dé­par­te­ment de­puis  ans »

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