Giu­seppe, ve­dette de la téléréalité écroué

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - CHRISTOPHE PER­RIN chper­rin@ni­ce­ma­tin.fr

Il bou­tonne sa che­mise trop ou­verte sur son torse bron­zé, passe sa main pour se re­coif­fer et se lève du box à l’in­vi­ta­tion du pré­sident du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel. Le flam­boyant Giu­seppe Po­li­me­no, 45 ans, est un an­cien ven­deur de voi­ture pro­pul­sé en 2010 star de la téléréalité grâce (ou à cause) à l’émis­sion de TF1 Qui veut épou­ser mon fils? Près de 4 mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs ont sui­vi des femmes hautes en cou­leur, mères de cé­li­ba­taires, qui cher­chaient à toutes fins à ca­ser leur re­je­ton. Giu­seppe Po­li­me­no, qui rime avec ma­cho, avait alors ga­gné en no­to­rié­té à dé­faut de rem­por­ter l’émis­sion. Les dé­bats qui se sont dé­rou­lés hier en cor­rec­tion­nelle à Grasse ont peut-être don­né un dé­but d’ex­pli­ca­tion à sa dif­fi­cul­té avec la gent fé­mi­nine. Le pré­ve­nu a sol­li­ci­té un dé­lai pour pré­pa­rer sa dé­fense. En at­ten­dant son pro­cès fixé au 1er août, les juges l’ont pla­cé en dé­ten­tion pro­vi­soire.

Di­vor­cé trois fois

Che­mise et pan­ta­lon blancs, veste co­quille d’oeuf et chaus­sures en cro­co, le pré­ve­nu au phy­sique avan­ta­geux dé­tone dans le box et s’étonne des ac­cu­sa­tions d’Hin­da, res­pon­sable d’une bou­tique à Cannes. Quant à la se­conde vic­time pré­su­mée, il dit ne pas la connaître: «Les gens pensent que je suis une banque. Ils ne voient que les éven­tuels dom­mages et in­té­rêts.» Père de quatre en­fants, ma­rié et di­vor­cé trois fois, la vie sen­ti­men­tale de ce la­tin lo­ver sur­mé­dia­ti­sé ap­pa­raît tu­mul­tueuse. Les Can­noises, par­ties ci­viles, re­pré­sen­tées par Me De­nis, l’ac­cusent de s’être mon­tré violent. L’une d’elle a com­mu­ni­qué à la jus­tice un cer­ti­fi­cat mé­di­cal avec dix jours d’in­ter­rup­tion tem­po­raire de tra­vail. L’autre lui re­proche un har­cè­le­ment de­puis des mois, des me­naces de mort ré­ité­rées, des ap­pels té­lé­pho­niques mal­veillants qui n’ont ces­sé que ven­dre­di, jour de son in­ter­pel­la­tion. Hin­da et Giu­seppe ont vé­cu en­semble quatre mois, ont eu un en­fant avant que cette idylle, aus­si pas­sion­nelle qu’éphé­mère, ne s’achève bru­ta­le­ment. Ven­dre­di, le couple sé­pa­ré au­rait à nou­veau pas­sé la jour­née en­semble, as­sis­tant au concert des Gip­sy King. Avant de se dé­chi­rer à nou­veau. «Entre le 1er avril et le 1er juillet, il y a plus de 1000 ap­pels té­lé­pho­niques, ob­serve le pré­sident Marc Joan­do.» Ce­la ne fait même pas huit ap­pels par jour», se dé­fend le pré­ve­nu. Le ma­gis­trat: «Le conte­nu des ap­pels pose pro­blème». Giu­seppe: «80 % des ap­pels, c’est pour prendre des nou­velles de ma fille. Mais Hin­da sait que j’ai une épée de Da­mocles au-des­sus de la tête ». En 2014, il avait éco­pé de trois mois avec sur­sis pour des vio­lences conju­gales.

Une ex­per­tise psy­chia­trique

Le par­quet par la voix du pro­cu­reur Lu­do­vic Man­te­feul, hé­site, mais fi­na­le­ment ne s’op­pose pas à une re­mise en li­ber­té sous contrôle ju­di­ciaire de Giu­seppe en l’in­ter­di­sant de ren­trer en contact avec ses vic­times et le contrai­gnant à re­joindre ses pa­rents à Man­tes­la Jo­lie. « Si vous avez peur, je peux même m’ins­tal­ler dans ma fa­mille en Ita­lie», pro­pose le pré­ve­nu, tou­jours aus­si à l’aise. Son avo­cat Me Sté­pha­nie Dant­zi­kian sou­hai­te­rait que la po­lice ex­ploite le té­lé­phone de son client. Des pho­tos prises ven­dre­di mon­tre­raient une vic­time «avec un sou­rire jusque-là», pré­cise le vo­lu­bile et dé­mons­tra­tif Giu­seppe. Elle de­mande éga­le­ment une se­conde ex­per­tise psy­chia­trique. La pre­mière n’est guère flat­teuse. «Nar­cis­sique, Mon­sieur se met en scène avec dé­lec­ta­tion et jouis­sance», sou­ligne le mé­de­cin. «L’ex­per­tise a du­ré 25 se­condes », iro­nise le pré­ve­nu qui ex­plique être re­con­nu in­va­lide par l’État pour dé­pres­sion. «C’est la téléréalité qui vous a frap­pé de plein fouet?» s’in­ter­roge le pré­sident Joan­do. «Non» as­sure le pré­ve­nu dans un sou­rire écla­tant.

(Pho­to DR/NRJ )

Pla­cé en dé­ten­tion pro­vi­soire, Giu­seppe marche sur les traces de Na­billa.

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