Ma­nuel Valls en Corse: entre conci­lia­tion et fer­me­té

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France -

Co-of­fi­cia­li­té du Corse, am­nis­tie des pri­son­niers « po­li­tiques », sta­tut de ré­sident : Ma­nuel Valls a de nou­veau re­je­té, hier, les de­mandes les plus sym­bo­liques des di­ri­geants na­tio­na­listes corses à l’oc­ca­sion de sa pre­mière vi­site comme Pre­mier mi­nistre dans l’île, où il a tou­te­fois an­non­cé plu­sieurs me­sures.

Hom­mage à Mi­chel Ro­card

Très at­ten­due, et mal­gré ces désac­cords per­sis­tants, sa vi­site s’est dé­rou­lée dans une am­biance plu­tôt se­reine, illus­trée no­tam­ment par l’hom­mage una­nime ren­du à l’ex-Pre­mier mi­nistre Mi­chel Ro­card. Sa mé­moire a été sa­luée à l’As­sem­blée de Corse par une mi­nute de si­lence avant que les di­ri­geants na­tio­na­listes de l’île Jean-Guy Talamoni et Gilles Si­meo­ni, puis le Pre­mier mi­nistre Ma­nuel Valls, ne prennent la pa­role. S’il s’était ren­du à plu­sieurs re­prises dans l’île en tant que mi­nistre de l’In­té­rieur, il s’agis­sait du pre­mier dé­pla­ce­ment de M. Valls, qui en­tre­tient des rap­ports par­fois ten­dus avec le camp « na­tio », de­puis qu’il est à Ma­ti­gnon. Tour à tour, le pré­sident in­dé­pen­dan­tiste de l’As­sem­blée de Corse Jean-Guy Talamoni et le pré­sident au­to­no­miste du con­seil exé­cu­tif Gilles Si­meo­ni ont re­nou­ve­lé de­vant le Pre­mier mi­nistre les de­mandes qu’ils font de­puis leur vic­toire en dé­cembre -- et no­tam­ment les plus em­blé­ma­tiques, sta­tut de ré­sident, co-of­fi­cia­li­té de la langue corse, am­nis­tie des pri­son­niers « po­li­tiques ». « Ces re­ven­di­ca­tions sont pour nous es­sen­tielles. En nous éli­sant, les Corses nous ont don­né man­dat de dé­fendre ces re­ven­di­ca­tions, de les por­ter », a ré­su­mé M. Talamoni. Mais sur les trois points les plus em­blé­ma­tiques, Ma­nuel Valls a ré­ité­ré ses re­fus: « Nous avons dé­mon­tré par nos échanges et notre tra­vail que des ré­sul­tats étaient pos­sibles. (...). (Mais) il y a des lignes rouges, vous le sa­vez. L’af­fir­ma­tion de l’iden­ti­té corse ne pas­se­ra pas par l’ex­clu­sion, la coof­fi­cia­li­té de la langue ou le sta­tut de ré­sident », a-t-il dit.

Le fran­çais, seule langue of­fi­cielle

La Ré­pu­blique a une seule langue of­fi­cielle, le fran­çais, car elle est pra­ti­quée par tous. Nous ne re­vien­drons pas bien-sûr sur ce prin­cipe », même si elle « re­con­naît, aus­si, plei­ne­ment la langue corse, ci­ment de votre cul­ture », a pour­sui­vi le chef du gou­ver­ne­ment, dont le dis­cours de­vant l’As­sem­blée de Corse a été peu ap­plau­di. La col­lec­ti­vi­té unique qui rem­pla­ce­ra l’ac­tuelle et les deux dé­par­te­ments de Corse-du-Sud et de Hau­teCorse en­tre­ra bien en vi­gueur au 1er jan­vier 2018 et se­ra do­tée d’une « chambre des ter­ri­toires » de­man­dée par de nom­breux élus corses, même si celle-ci « ne doit pas re­mettre en cause le prin­cipe d’une col­lec­ti­vi­té unique ». En­fin, concer­nant l’ar­rê­té Miot, qui ré­duit l’im­pôt sur les suc­ces­sions en Corse, mal­gré la « contrainte consti­tu­tion­nelle » du prin­cipe d’éga­li­té entre les ci­toyens fran­çais, « j’ai la convic­tion qu’une voie ju­ri­dique existe pour pro­lon­ger le ré­gime dé­ro­ga­toire spé­ci­fique », a dit M. Valls, qui était ac­com­pa­gné par la mi­nistre de l’Edu­ca­tion Na­jat Val­laud-Bel­ka­cem, le mi­nistre de l’Amé­na­ge­ment du ter­ri­toire Jean-Mi­chel Bay­let, la mi­nistre du Lo­ge­ment Em­ma­nuelle Cosse et le se­cré­taire d’Etat au Bud­get Ch­ris­tian Eckert.

(Pho­to AFP)

Le Pre­mier mi­nistre a dé­cla­ré, hier à l’As­sem­blée de Corse, que l’Etat ne fran­chi­ra pas les lignes rouges

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