L’amour du maillot !

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports - JEAN-FRAN­ÇOIS MALATESTA

Ce ma­tin (lire hier ma­tin), j’ai la gueule de bois et la tronche de tra­vers. Non, je n’ai pas fê­té la vic­toire des Bleus contre l’Is­lande. Elle était pré­vi­sible même si l’écart est très consé­quent. Bon, faut dire que le gar­dien is­lan­dais est aus­si long à se cou­cher qu’un in­som­niaque ayant ava­lé douze ca­fés une heure avant d’al­ler au pieu. Ma gueule de bois, c’est parce que c’est ma der. Et je com­prends mieux, au­jourd’hui, l’ex­pres­sion em­ployée à toutes les sauces : « l’amour du maillot ». Vingt-sept ans que je porte les mêmes cou­leurs. Le jaune et le bleu de

Nice-Ma­tin. Ce­la re­pré­sente sept Eu­ros et au­tant de Coupes du monde ! Et pour­tant, c’est ma der des ders… En ce jour d’In­de­pen­dance Day, je re­prends la mienne. Mais que de sou­ve­nirs de­puis le 6 sep­tembre 1989, jour où j’ai ap­po­sé ma si­gna­ture au bas de mon contrat. Ce ma­tin, j’ai une pen­sée pour nos an­ciens, Jean­not « Pi­no », qui m’a en­sei­gné la ri­gueur sur l’homme et dans les écrits. Thier­ry B., qui m’a mon­tré toutes les qua­li­tés hu­maines d’un chef. Phi­lou, dé­sor­mais chef de ce su­per-ser­vice des sports, qui m’a ap­pris à jon­gler avec les mots. Mais aus­si Clau­dius, JB « On est plan­té? » et ce pauvre Mar­co, qui m’ont in­cul­qué les vraies va­leurs : hu­mi­li­té et sou­rire dans le bou­lot… Ch­ris, Gil, Toine, Tchoia, Pat… tou­jours là, qui trans­mettent le flam­beau à la jeune gé­né­ra­tion, for­mi­dable du­rant cet Euro. Et puis, il y a eu Greg et Oli­vier, qui, eux, m’ont ac­cueilli avec bon­heur dans ma nou­velle belle équipe quand je suis al­lé évo­luer sur les pe­louses men­ton­naises et mo­né­gasques. En­fin, il y a Thier­ry, avec qui nous for­mions une char­nière tou­jours prête à sor­tir de ses gonds sur les ter­rains de Charles-Ehr­mann il y a quelques an­nées. En­semble de­puis une sai­son et de­mie à Nice, nous nous sommes ré­ga­lés, mal­gré des mo­ments dif­fi­ciles en dé­fense, au sein d’un groupe sou­dé, so­li­daire et for­mi­dable. Et puis, il y a tous les autres, nom­breux, que je ne peux ci­ter pour n’ou­blier per­sonne. Tous ceux avec qui nous nous sommes bat­tus pour que Nice-Ma­tin ne su­bisse pas les foudres du tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif, notre « DNCG ». Voi­là, il est temps de ren­trer aux ves­tiaires. Je quitte ce « club », cette fa­mille que j’ai­me­rai jus­qu’à la fin de ma car­rière. De mon exis­tence. J’ai tou­jours la gueule de bois. La nau­sée. Je ne peux plus écrire… Pu­tain, 27 ans !

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