« L’Eu­ro, c’est zé­ro ! »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports -

Cette ru­brique est un di­van. On y couche des mots, des confi­dences, des émo­tions. On dé­balle tout. Al­lez hop, à poil ! C’est notre cô­té ex­hi­bi­tion­niste. Es­ti­mez-vous heu­reux : vous ne voyez que notre nom­bril. Dans le ser­vice, cer­tains montrent aus­si ce qu’il y a au­tour. Croyez-moi : c’est pas jo­li, jo­li. L’Eu­ro au bu­reau est une psy­cha­na­lyse comme une autre. En plus, elle coûte pas un cen­time. Au­jourd’hui, j’ai dé­ci­dé de m’in­ter­vie­wer. - Tout d’abord, comment al­lez-vous ? - Bof. Je suis dans un jour sans. - Sans quoi ? - Ça me re­garde. - Comment trou­vez-vous cet Eu­ro ? - Nul. J’at­tends le match qui va me don­ner des fris­sons. A ce jour, je n’ai vu que des purges. Je me sens dans la peau d’un cri­tique ci­né de­vant des na­vets al­ba­nais ou sud-co­réens au Fes­ti­val de Cannes. L’Eu­ro, c’est zé­ro ! - Vous exa­gé­rez un peu, non ? - Non. Je me re­tiens. Si­non, je vous di­rais que cet Eu­ro, je lui mar­che­rais bien des­sus du pied gauche. Ça porte bon­heur. - Pour­tant, l’am­biance est fan­tas­tique... - Ici, l’am­biance, c’est le son de la té­lé et les hur­le­ments de bêtes de mes pe­tits frères des sports. On est loin des chants ir­lan­dais. - Un pro­nos­tic pour Por­tu­gal-Galles ? - Les Por­tos sont en de­mie sans avoir ga­gné un match. Ça vous pose une équipe. Cris­tia­no Ro­nal­do a en­voyé son ju­meau, Pepe fait son âge et Qua­res­ma ne ca­resse pas grand monde. Il est où le plai­sir ? Bref, je penche pour les Gal­lois. - Pour Ga­reth Bale ? - Pas mon type. Si on reste dans le Gal­lois, je pré­fère Ga­reth Ed­wards, Phil Ben­nett, JPR Williams. - Ce sont des rug­by­men des an­nées 70... - Ça vous gêne ? - Pas­sons à l’équipe de France... - Mouais. - Vous ne sem­blez pas em­bal­lé ? - Je le se­rai quand elle au­ra bat­tu une équipe de foot. Vous avez vu son ta­bleau de chasse : Rou­ma­nie, Al­ba­nie, Eire, Is­lande. Manque la sé­lec­tion des ra­mas­seurs de balle et le Liech­ten­stein. Si vous per­met­tez, j’at­tends un peu avant de me rou­ler par terre. - C’est sym­pa d’in­ter­vie­wer un vieux ron­chon... - Écoute co­co, j’ai 52 ba­lais, j’ai vu Pla­ti­ni sur­vo­ler l’Eu­ro 84. J’avais 20 ans. Je bu­vais des laits frap­pés chez Char­ly, j’al­lais à la plage et je fai­sais l’amour six, sept fois par jour. L’ami Pla­toche, je me sou­viens de cha­cun de ses 9 buts. Là, j’ai dé­jà ou­blié les 5 pions pas­sés aux pê­cheurs de sau­mon alors qu’ils tournent en boucle sur toutes les chaînes à la con. - C’est pas beau de vieillir... - Exact. Ce qui est vrai aus­si, c’est que tu vas al­ler te faire une se­moule. - Vous fe­rez quoi si la France éli­mine l’Al­le­magne ? - Un ric­tus. - C’est peu pour sa­luer ceux qui au­ront ven­gé Pla­ti­ni et les Bleus de 1982 tom­bés à Sé­ville... - Per­sonne ne ven­ge­ra Pla­toche. Rien n’ef­fa­ce­ra Sé­ville. La ci­ca­trice est re­fer­mée, mais elle est vi­sible. Tiens, re­garde comme elle est belle ! - Si­non, vous ar­ri­vez à suivre aus­si le Tour et Wim­ble­don ? - Je ne m’in­té­resse plus au Tour de­puis Mer­ckx et j’ai lâ­ché Wim­ble­don avec McEn­roe. - Bien, on n’évo­que­ra donc pas le mer­ca­to de l’OGC Nice. - Tu sais, moi, de­puis que mon Dou­mé Ba­ra­tel­li a rac­cro­ché... PHI­LIPPE CAMPS

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