Ce rêve bleu

A 21 heures, les Bleus af­frontent la Mann­schaft au stade Vé­lo­drome pour une place en fi­nale, di­manche soir. Hier soir, le Por­tu­gal a va­li­dé son billet pour le Stade de France, après avoir bat­tu le Pays de Galles (2-0).

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - À MAR­SEILLE, VINCENT MENICHINI

C’est un match comme au­cun autre. Un match pour écrire l’his­toire. En in­vo­quant des mots aus­si forts, Hu­go Llo­ris a po­sé le dé­cor de ce dé­fi ma­jes­tueux qui at­tend les Bleus, ce soir à Mar­seille. Dans la cha­leur in­can­des­cente du Vé­lo­drome, qui dé­tient la palme du meilleur am­bian­ceur et de très loin, ils ont une chance unique de faire bas­cu­ler leur des­tin face à un ad­ver­saire qui ras­semble les gé­né­ra­tions. Un Al­le­magne-France, qui plus est en de­mi-fi­nale d’un Eu­ro – ce qui consti­tue une pre­mière – fait grim­per le pal­pi­tant. Il y a l’en­vie de s’en­ivrer au­tour d’un ex­ploit. L’es­poir que cette soi­rée reste éter­nelle. Tout ce à quoi on n’a pas eu droit sur le che­min tout juste pié­geux, pour res­ter po­li, me­nant à cette de­mi-fi­nale.

En fi­nir avec Sé­ville !

Pour mar­cher sur les traces de leurs aî­nés de 1984, 1998 et 2000, les joueurs de Des­champs doivent en­fin vaincre la Mann­schaft en com­pé­ti­tion of­fi­cielle, ce qui ne s’est plus fait de­puis 1958. Ce­la ne pré­sume en rien de l’is­sue fi­nale de la ren­contre du soir, mais ren­force l’idée qu’il pour­rait y avoir un avant et un après 7 juillet. On le sent ve­nir, comme si c’était en­fin le mo­ment de ti­rer un trait dé­fi­ni­tif sur le film dra­ma­tique in­ti­tu­lé Sé­ville 82. Le mo­ment d’ar­rê­ter de pleu­rer sur le sort de Bat­tis­ton et de Bos­sis, puis­qu’on ne chan­ge­ra ja­mais la fin et que celle-ci est dé­jà connue de tous.

Des airs de com­mu­nion

Pour Llo­ris, Griez­mann, Payet, Pog­ba, Gi­roud et tous les autres, c’est l’heure d’en­trer un peu plus dans le coeur des Fran­çais qui les ont par­fois ju­gés in­sup­por­tables. Une époque dé­sor­mais ré­vo­lue, puisque la fer­veur du dé­but d’Eu­ro prend jour après jour des airs de com­mu­nion. Et la plu­part de ceux qui s’en­flamment pour ces Bleus n’en ont que faire du choix de Di­dier Des­champs d’évo­luer en 4-4-2 ou en 4-3-3. C’est aus­si ça, une épo­pée : elle ras­semble celles et ceux qui vivent d’émo­tions et de pas­sion, alors qu’ils ne connaissent rien, ou si peu, des sub­ti­li­tés de la dé­fense en zone ou du hors-jeu. Ça ne s’ex­plique pas, mais lorsque nos étés s’écrivent en bleu, blanc, rouge, ils laissent une trace in­dé­lé­bile dans nos mé­moires. En ce qui concerne le plan de jeu, aux der­nières nou­velles, le sé­lec­tion­neur au­rait une pré­fé­rence pour son sché­ma à deux at­ta­quants, ce­lui dans le­quel la France a ren­ver­sé l’Ir­lande et cou­lé l’Is­lande. Ce­la si­gni­fie­rait qu’elle en­tend prendre son des­tin en mains pour ne pas su­bir le dik­tat al­le­mand. Une at­ti­tude am­bi­tieuse et louable qui ap­pelle à l’union.

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