La loi Travail adop­tée faute de cen­sure

Pour la se­conde fois, des dé­pu­tés de gauche ont échoué, hier, une nou­velle fois à deux si­gna­tures près, à dé­po­ser une mo­tion pour contrer le « 49-3 »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France -

C’était l’évé­ne­ment po­li­tique de la jour­née à vivre hier : pour la se­conde fois, et tou­jours à deux si­gna­tures près, des dé­pu­tés de gauche ont échoué à dé­po­ser une mo­tion de cen­sure contre le gou­ver­ne­ment Valls, en­traî­nant l’adop­tion en nou­velle lec­ture du pro­jet de loi travail, via le « 49-3 ». Après quatre mois de contes­ta­tion so­ciale, le pro­jet de loi por­té par My­riam El Khom­ri re­part dé­sor­mais au Sé­nat, à ma­jo­ri­té de droite, en vue d’une adop­tion dé­fi­ni­tive par l’As­sem­blée le 20 juillet. « Nous nous sommes bat­tus jus­qu’au bout contre le cy­nisme, les pres­sions... et la loi travail. 56 dé­pu­tés de toute la gauche ont ac­com­pa­gné cette dé­marche », a an­non­cé le chef de file des fron­deurs PS Ch­ris­tian Paul, à l’ex­pi­ra­tion du dé­lai pour le dé­pôt d’une mo­tion, fixé à 15 h 15. Il fal­lait 58 si­gna­tures mi­ni­mum pour tout dé­pôt d’une mo­tion de cen­sure. Une seule a été adop­tée sous la Ve Ré­pu­blique, en 1962, vi­sant le gou­ver­ne­ment Pom­pi­dou. Au len­de­main d’un nou­veau dé­clen­che­ment ex­press de l’arme consti­tu­tion­nelle du « 49-3 » par le Pre­mier mi­nistre pour for­cer l’adop­tion du texte, Front de Gauche et éco­lo­gistes contes­ta­taires se mon­traient dé­ter­mi­nés à trans­for­mer l’es­sai d’une cen­sure. Tout re­po­sait entre les mains des so­cia­listes cri­tiques d’une ligne gou­ver­ne­men­tale ju­gée trop li­bé­rale. Au bout du compte, 27 so­cia­listes ou ap­pa­ren­tés, dont les an­ciens mi­nistres Be­noît Ha­mon et Au­ré­lie Fi­lip­pet­ti, ont pa­ra­phé un texte de cen­sure, un de moins qu’en mai, et quatre noms ont chan­gé. 10 ex-éco­lo­gistes, 13 élus Front de Gauche et ul­tra-ma­rins, un ra­di­cal de gauche, cinq non-ins­crits, no­tam­ment ex-PS, ont si­gné.

« Ecoeu­rant »

Le « 49-3 » confisque « le dé­bat dé­mo­cra­tique » ,et « comme une ma­jo­ri­té des Fran­çais, nous nous sommes op­po­sés aux risques graves d’at­teinte à notre mo­dèle social », ont re­dit les si­gna­taires. Après cette nou­velle ten­ta­tive avor­tée, une fron­deuse PS lâ­chait : « En­ra­geant et écoeu­rant... Plus dure se­ra la chute ! ». Mais « sans doute pas de “troi­sième sai­son” fin juillet, on va

las­ser », a glis­sé Laurent Bau­mel. A l’étude, « la pos­si­bi­li­té de sai­sir le conseil consti­tu­tion­nel », se­lon Ch­ris­tian Paul.

(Pho­top­qr Le Pa­ri­sien)

Adop­té, hier, par les dé­pu­tés, le texte va re­ve­nir sur les bancs du Sé­nat. Pour un vote dé­fi­ni­tif pré­vu le  juillet.

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