« C’est l’hymne de tous les ré­vol­tés »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France - RECUEILLI PAR L.A.

Fi­gure du mou­ve­ment punk, Pat Ke­bra alias Pa­trick Le­cou­tu­rier, plus que ja­mais en ac­ti­vi­té avec la sor­tie en mai de l’al­bum Fu­turs Ex, est à l’ori­gine avec Ober­kampf, son ex-groupe pa­ri­sien for­mé en , d’une re­prise gra­ti­née de La Mar­seillaise jouée à Tou­lon dé­but . Peu après celle de Gains­bourg qui fit scan­dale. Sou­ve­nirs, sou­ve­nirs en at­ten­dant de le re­voir live dans notre ré­gion…

 dé­cré­tée « An­née de La Mar­seillaise» par le pré­sident. Utile ou fu­tile ? Nous sommes dans une pé­riode où l’on a be­soin de nous re­lier les uns aux autres. J’ai le sen­ti­ment que nous nous sommes un peu per­dus dans des des­tins in­di­vi­duels, ma­té­ria­listes ces cin­quante der­nières an­nées… Un manque d’as­sise qui fait que les ex­trêmes de tout bord peuvent nous ébran­ler. Il faut dé­fendre nos va­leurs et sa­voir ce qui fait la spé­ci­fi­ci­té du peuple fran­çais. Rap­pe­ler cette iden­ti­té via La Mar­seillaise est donc utile. En­suite, il faut juste de­meu­rer vi­gi­lant et que cette belle idée ne soit pas ré­cu­pé­rée à des fins élec­to­ra­listes. Ou po­pu­listes.

Votre re­prise de La Mar­seillaise sur un air punk était-ce par pro­vo­ca­tion ou un hom­mage ? J’ai eu le dé­clic en en­ten­dant Ji­mi Hen­drix jouer à la gui­tare élec­trique l’hymne na­tio­nal amé­ri­cain. Un choc ! C’était à la fois ly­rique et agres­sif. Je me suis dit que ce se­rait pas mal de le faire avec notre hymne à nous. Comme nous étions dans une lo­gique punk dont le slo­gan était « Des­troy » [dé­truire, ndlr], le mes­sage était clai­re­ment sub­ver­sif. Ra­ser les va­leurs de nos aî­nés pour en ins­tau­rer d’autres ! Alors oui, c’était de la pro­vo­ca­tion mais sans dé­ma­go­gie. Ni l’idée de faire un tube. Est-ce que ce­la a sus­ci­té des po­lé­miques comme pour Gains­bourg ? Non, car c’était juste un truc de ré­vol­tés. Pas po­li­tique et sur­tout pas pour sé­duire les na­tio­na­listes et autres skin­heads. Je me sou­viens que l’une des pre­mières fois où nous avons joué ce titre, c’était à Tou­lon. En , dans une boîte un peu en sou­ter­rain… Aux En­fants du Rock aus­si pour Phi­lippe Ma­noeuvre, avec un live dans le mé­tro. On brû­lait les cou­leurs, mais là en­core c’était avant tout une pos­ture théâ­trale. Nous n’avions pas d’idéal. Nous n’avons ja­mais cru que la On ne re­fait pas le pas­sé. Moi-même je n’ai pas en­vie que l’on dé­na­ture mes chan­sons. Si l’hymne ne convient pas, alors il faut en pondre un car­ré­ment dif­fé­rent ! Je trouve ce­lui de Rou­get de Lisle beau. Évi­dem­ment, les pa­roles san­glantes peuvent heur­ter, mais ce sont celles de ré­vo­lu­tion­naires. Il faut re­pla­cer les choses dans leur contexte !

Au fi­nal La Mar­seillaise est-elle l’hymne punk ul­time ? Com­plè­te­ment ! Celle de la ré­volte de gens qui veulent faire table rase du pas­sé. Sans mi­li­tan­tisme orien­té. Du temps d’Ober­kampf, le mou­ve­ment punk fran­çais n’était pas po­li­ti­sé. C’est ve­nu plus tard avec Bé­ru­rier Noir & co. Même les Sex Pis­tols et leur God Save The Queen [l’hymne bri­tan­nique, ndlr], c’était une ré­ac­tion à un ma­laise social. Pas du prê­chi-prê­cha po­li­tique.

(Pho­to Jean-Fran­çois Ab­grall)

Am­biance bleu-blanc-rouge pour prendre la pose avec son maxi  tours de La Mar­seillaise punk sor­ti dé­but . Fau­drait-il re­voir les pa­roles de La Mar­seillaise ?

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