Llo­ris, le match d’une vie !

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Euro 2016 - A MAR­SEILLE, VINCENT MENICHINI

Le ca­pi­taine des Bleus a long­temps main­te­nu la France dans le match. A  ans, le Ni­çois a réa­li­sé une pres­ta­tion étin­ce­lante

Seul dans sa sur­face, il est al­lé re­joindre sa gourde. Pour une gor­gée sa­vou­reuse à l’abri du bra­sier. Comme c’est le cas de­puis le dé­but de sa car­rière, Hu­go Llo­ris n’a pas fait de sal­to, ni mis la tête sous le maillot pour fê­ter un but de son équipe. Pour­tant, le pre­mier ins­crit par An­toine Griez­mann juste avant la mi-temps a chan­gé le cours d’un match qui sen­tait le rous­si. Et, sans doute, chan­gé le des­tin de son his­toire en bleu dé­mar­rée en no­vembre 2008 face à l’Uru­guay. Entre temps, il s’en est pas­sé des choses. Or, Llo­ris, lui, a tou­jours gar­dé le cap, même après Knys­na en 2010 qu’il dé­crit, à juste titre, comme « la plus grande crise du football fran­çais ». Ce n’est que six mois après le dé­sastre qu’il a hé­ri­té du bras­sard qui ne l’a plus ja­mais quit­té. Tout sauf un ca­deau, mais lui n’a pas bron­ché. Par amour des Bleus. Par amour du jeu. Hier soir, au meilleur mo­ment, il a sor­ti le match d’une vie. Une pres­ta­tion gi­gan­tesque qui le fait dé­fi­ni­ti­ve­ment bas­cu­ler par­mi les plus grands gar­diens de l’his­toire de l’équipe de France. Car, si les Bleus sont res­tés en vie dans cette de­mi­fi­nale, ils le doivent en grande par­tie à leur ca­pi­taine, au­teur de deux pa­rades ex­cep­tion­nelles sur des frappes de Can et Sch­weins­tei­ger au coeur de la pre­mière pé­riode. Bon­dis­sant et alerte dans les airs, Llo­ris a sur­vo­lé les dé­bats. Au plus fort de la do­mi­na­tion al­le­mande, le Ni­çois n’a ja­mais va­cillé, trans­met­tant ses consignes avec la sa­gesse qui est la sienne. Dans l’in­ti­mi­té du ves­tiaire, il est un homme ap­pré­cié. Res­pec­té. Écou­té. De­ve­nu le joueur ayant le plus por­té le bras­sard en équipe de France de­puis le match contre la Suisse, le joueur de Tot­ten­ham n’a ja­mais sem­blé aus­si fort. De­puis plu­sieurs mois, il est ani­mé par cette quête su­prême que re­pré­sente un titre ac­quis dans son pays. Car, comme il le dit en pri­vé, « seuls les titres res­tent. » Alors, quand Griez­mann a rap­pro­ché la France d’une pre­mière fi­nale d’Eu­ro de­puis seize ans en ins­cri­vant son deuxième dou­blé de la com­pé­ti­tion, Llo­ris, le ré­ser­vé, s’est en­fin lâ­ché. On l’a alors vu cou­rir en di­rec­tion d’une des quatre tri­bunes du Vé­lo­drome - celle dans son dos - qu’il a in­vi­tée à com­mu­nier. « Il reste la der­nière marche, la plus dure, avouait-il après le match. Là, c’est la vic­toire d’un groupe, d’un col­lec­tif. Je suis très fier de faire par­tie de ce groupe. On a tous as­su­mé nos res­pon­sa­bi­li­tés. Sur ces grands matches, on a be­soin de tout le monde, il a fal­lu aus­si que je sois là. C’est une sa­tis­fac­tion per­son­nelle mais sur­tout une grande vic­toire col­lec­tive.» Dans une fin de match sans sus­pense, il s’était of­fert une ho­ri­zon­tale mé­mo­rable sur une tête de Kim­mich, his­toire de ponc­tuer son ré­ci­tal. A l’autre bout du ter­rain, Neuer, un autre ex­tra­ter­restre du poste, ne pou­vait qu’ap­plau­dir…

(Pho­to AFP)

Le Ni­çois a sur­vo­lé la ren­contre, main­te­nant les Bleus sur les bons rails.

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