Les Bleus ont une mai­son

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Euro 2016 - À MAR­SEILLE, GUILLAUME RATHELOT

Si l’OM a un pu­blic, l’équipe de France a une mai­son : le Vé­lo­drome. Les sup­por­ters des Bleus en ont fait trem­bler les fon­da­tions et pous­sé leurs fa­vo­ris jus­qu’en fi­nale.

Sé­rieu­se­ment, on a vu de tout au pied du Vé­lo­drome. Des dra­peaux li­byen ou ka­zakh, sans trop com­prendre. Une es­couade de maillots al­le­mands, vin­tage y com­pris. Mais sur­tout ce peuple bleu, ve­nu comme un seul homme dans le temple fran­çais du football. Oui, on parle bien de ce Vél’ trans­cen­dé par l’équipe de France (la phrase marche dans les deux sens). Une co­cotte qui vaut bien deux Stade de France, sans âme ni pas­sion onze mois et de­mi de l’an­née. Re­faite à neuf pour cet Eu­ro2016, pleine comme un oeuf, l’en­ceinte mar­seillaise a en­core bouilli hier soir, comme contre l’Al­ba­nie en juin et le Por­tu­gal en 1984. Si elle avait un toit, le cou­vercle au­rait sau­té. Ceux qui ont connu le Vél ou­vert aux quatre vents (entre 1997 et 2014) vous le di­ront : c’est sans doute mieux au­jourd’hui. Les ar­chi­tectes ont soi­gné les dé­tails pour rendre à ce stade une so­no­ri­té digne de ce nom. Les sup­por­ters fran­çais ont donc joué leur rôle de dou­zième homme. De trei­zième, même, Bouches-du-Rhône oblige. Ils ont pous­sé sur chaque of­fen­sive, chaque ré­cu­pé­ra­tion. Mis une pres­sion de dingue sur l’ad­ver­saire et l’ar­bitre. À la mar­seillaise… En pre­mière pé­riode, c’est comme si les 13 800 Fran­çais du vi­rage Sud cam­paient dans la sur­face de Llo­ris pour re­pous­ser les as­sauts al­le­mands.

Trente mille ont cou­ru der­rière Gi­roud lors de son rush fou mais vain (42e). Au moins vingt de plus ont ex­plo­sé sur le pe­nal­ty trans­for­mé par Griez­mann. Puis pour son dou­blé. L’at­ta­quant de l’At­lé­ti­co, qui fac­ture dé­sor­mais trois buts en deux matches à Mar­seille, est la nou­velle idole de ce peuple bleu. Ce­lui-ci lui a ré­ser­vé ses der­niers dé­ci­bels à sa sor­tie (90’). Au­pa­ra­vant, un clap­ping in­édit (oui, les Is­lan­dais sont co­piés!) avait don­né le ton et fait mon­ter le son à un quart d’heure du coup d’en­voi. Les pre­miers fris­sons. Les se­conds ont sui­vi avec la fin de « La Mar­seillaise », une ha­bi­tude. Le show s’est ter­mi­né en « olés » d’arène su­diste. Et sur une ova­tion ma­jus­cule. Alors, quand on sait que le Vé­lo­drome conti­nue de por­ter chance aux Bleus, on ne peut de­man­der qu’une chose aux pontes de la Fé­dé­ra­tion : ren­voyez les bien plus sou­vent sur le bou­le­vard Mi­che­let. Spec­ta­teurs : re­ve­nez avec vos dra­peaux, soient-ils du Bah­reïn ou du Turk­me­nis­tan. C’est aus­si votre mai­son.

Pog­ba et Gi­roud ne se sont pas bat­tus seuls face aux Al­le­mands. Hier soir, ils ont re­çu le sou­tien de sup­por­ters à lu­nettes, ma­quillés ou com­plé­te­ment bar­rés.

(Pho­tos Luc Bou­tria)

Les Tri­co­lores ont fait cha­vi­rer de bon­heur le Vé­lo­drome hier soir.

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