La chasse aux mous­tiques s’or­ga­nise

Si les mous­tiques et leurs pi­qûres sont loin d’être ap­pré­ciés par la po­pu­la­tion, ces in­sectes n’en res­tent pas moins des ac­teurs de la bio­di­ver­si­té. Le ser­vice en­vi­ron­ne­ment tente le com­pro­mis

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - SA­RA GAUJOUR

L’ été est ar­ri­vé... et les mous­tiques aus­si. Avec la cha­leur et l’hu­mi­di­té, ils en­va­hissent le lit­to­ral au grand déses­poir des lo­caux comme des va­can­ciers. Par­mi les zones tro­pé­ziennes concer­nées, le sec­teur de la plage des Sa­lins semble par­ti­cu­liè­re­ment tou­ché par le phé­no­mène. Ex­pli­ca­tions.

Cam­pagne an­nuelle

Pour évi­ter une pro­li­fé­ra­tion ex­ces­sive, la mu­ni­ci­pa­li­té ef­fec­tue ré­gu­liè­re­ment au cours de l’an­née, des opé­ra­tions de dé­mous­ti­ca­tion sur les lieux pu­blics de la com­mune et a en­ga­gé une cam­pagne de sen­si­bi­li­sa­tion au­près des par­ti­cu­liers afin de leur ex­pli­quer les gestes à suivre. Toute l’an­née, en­vi­ron une fois tous les 15 jours, la mu­ni­ci­pa­li­té ef­fec­tue des opé­ra­tions de dé­mous­ti­ca­tion. L’équi­libre na­tu­rel et la bio­di­ver­si­té étant des élé­ments pri­mor­diaux, ces opé­ra­tions ne ciblent que les larves.

Une pro­téine an­ti-larves

« Le mous­tique n’est pas un in­secte to­ta­le­ment nui­sible » pré­cise l’ad­joint du ser­vice en­vi­ron­ne­ment Pierre Res­ti­tui­to. La dé­marche n’est donc pas d’éra­di­quer l’in­secte en ques­tion mais de ré­gu­ler une pro­li­fé­ra­tion ex­ces­sive qui pour­rait s’avé­rer in­com­mo­dante pour les Tro­pé­ziens. Pour ce­la, plu­sieurs tech­niques sont ap­pli­quées. Pour une ac­tion ef­fi­cace, il faut avant tout maî­tri­ser son su­jet. « On ne peut pas éra­di­quer les mous­tiques ! Ce sont quand même les in­sectes pol­li­ni­sa­teurs les plus im­por­tants après les abeilles» ex­plique Clé­ment Kaux, chef des gardes du lit­to­ral. Il ne s’agit donc pas de s’at­ta­quer aux adultes mais bien de ré­gu­ler la quan­ti­té de larves. « Les mous­tiques fe­melles sont les seules qui piquent car elles cherchent à en­ri­chir leurs oeufs en pro­téines. Lors­qu’elles sont prêtes, elles vont pondre leurs oeufs dans un en­droit où il y a né­ces­sai­re­ment de l’eau. » « Nous in­tro­dui­sons donc dans l’eau une pro­téine qui se­ra ava­lée par la larve et qui dé­trui­ra son sys­tème di­ges­tif » ajoute-t-il.

Chauves-sou­ris à la res­cousse

Pour rendre le pro­ces­sus en­core plus ef­fi­cace et ré­gu­ler le nombre de mous­tiques adultes, 75 ni­choirs sont ins­tal­lés de­puis 3 ans sur la com­mune. Pou­vant cha­cun ac­cueillir 5 ou 6 chauves-sou­ris, ils sont à 70% ha­bi­tés et per­mettent une di­mi­nu­tion na­tu­relle de la quan­ti­té de mous­tiques.

« Contrai­re­ment aux idées re­çues, ce ne sont pas des ani­maux nui­sibles. En une nuit, une chauve-sou­ris est ca­pable d’ava­ler son poids en mous­tiques, c’es­tà-dire entre 500 et 600 mous­tiques ».

L’ex­cep­tion des Sa­lins

Un ar­rê­té pré­fec­to­ral as­su­rant la pro­tec­tion du bio­tope, (car l’étang est l’une des der­nières zones hu­mides du dé­par­te­ment), il est for­mel­le­ment in­ter­dit d’en­tre­prendre toute ac­tion pou­vant nuire au ca­rac­tère na­tu­rel du lieu. « Pour le mo­ment nous ne pou­vons rien faire sur cette zone sous peine de su­bir de lourdes sanc­tions ju­di­ciaires. Nous de­man­dons une au­to­ri­sa­tion à la pré­fec­ture en es­pé­rant qu’elle soit ac­cep­tée » ex­plique Pierre Res­ti­tui­to.

(Pho­to Sa­ra Gaujour)

Clé­ment Kaux et Pierre Res­ti­tui­to de­vant un des ni­choirs à chauves-sou­ris, pré­da­teurs re­dou­tables des mous­tiques.

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