Cinq po­li­ciers tués à Dal­las : les États-Unis sous le choc

Au moins un ti­reur s’en est pris aux forces de l’ordre lors d’un ras­sem­ble­ment en hom­mage à deux Noirs tués par la po­lice. Plu­sieurs autres sus­pects en garde à vue

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Monde -

Les Amé­ri­cains étaient hier sous le choc de la mort bru­tale de cinq po­li­ciers dans une at­taque per­pé­trée à Dal­las par au moins un ti­reur, qui a vou­lu

«tuer des Blancs» en ré­ponse aux abus de la po­lice contre les Noirs. La fu­sillade a éga­le­ment fait neuf bles­sés, dont sept agents des forces de l’ordre, soit le pire bi­lan en­re­gis­tré par la po­lice amé­ri­caine de­puis les at­ten­tats du 11 sep­tembre 2001. Le prin­ci­pal sus­pect, un Noir de 25 ans nom­mé Mi­cah John­son, a été tué par une uni­té d’élite. Hier soir, les en­quê­teurs amé­ri­cains ont ex­clu tout lien avec une quel­conque or­ga­ni­sa­tion ter­ro­riste.

« At­taques hai­neuses et mé­pri­sables »

Jeu­di soir (hier ma­tin en France), le dé­fer­le­ment de vio­lence, sur fond de ten­sions ra­cistes avi­vées, a fait bas­cu­ler dans le chaos le centre de Dal­las, grande ville du sud des États-Unis où se te­nait, comme dans plu­sieurs autres villes amé­ri­caines, une ma­ni­fes­ta­tion en hom­mage à deux Noirs tués mar­di et mer­cre­di par la po­lice, l’un en Loui­siane (sud), l’autre dans le Min­ne­so­ta (nord) – des scènes fil­mées qui avaient cho­qué l’opi­nion amé­ri­caine. S’ex­pri­mant à Var­so­vie, le pré­sident Ba­rack Oba­ma a dé­non­cé « des at­taques hai­neuses, cal­cu­lées et mé­pri­sables», pour les­quelles il n’existe « pas de jus­ti­fi­ca­tion». Il a or­don­né que les dra­peaux soient mis en berne aux États-Unis jus­qu’au 12 juillet. Le centre de Dal­las de­meu­rait hier soir une scène cri­mi­nelle li­vrée aux dé­mi­neurs et ex­perts ba­lis­tiques. On igno­rait le nombre exact de sus­pects ayant par­ti­ci­pé à la fu­sillade. Mi­cah John­son s’est re­tran­ché du­rant des heures dans un bâ­ti­ment où il a fi­na­le­ment été tué grâce à un ro­bot po­li­cier té­lé­com­man­dé, por­teur d’une bombe.

Il avait ser­vi en Af­gha­nis­tan

Cet homme vi­vait à Mes­quite, en ban­lieue de Dal­las,

ont rap­por­té des mé­dias amé­ri­cains. Dé­pour­vu de ca­sier ju­di­ciaire, il n’était af­fi­lié à au­cun grou­pus­cule ra­di­cal. Mais « [il] a dit qu’il en vou­lait aux Blancs, qu’il vou­lait tuer des Blancs, en par­ti­cu­lier des po­li­ciers blancs» ,a dé­cla­ré Da­vid Brown, le chef de la po­lice de Dal­las. Les mé­dias amé­ri­cains ont dif­fu­sé une vi­déo mon­trant le prin­ci­pal ti­reur, que l’on voit épau­ler un fu­sil d’as­saut et faire feu sur des cibles non iden­ti­fiées. Et le Pen­ta­gone a ré­vé­lé dans la soi­rée qu’il avait ser­vi dans l’ar­mée de terre amé­ri­caine, no­tam­ment en Af­gha­nis­tan. Plu­sieurs autres sus­pects ont été pla­cés en garde à vue, a par ailleurs in­di­qué le maire de Dal­las, Mike Raw­lings, sans pré­ci­ser le nombre exact. La mi­nistre amé­ri­caine de la Jus­tice, Lo­ret­ta Lynch, a lan­cé un ap­pel so­len­nel au calme et au re­jet de la haine. «A vous tous Amé­ri­cains, je vous de­mande, je vous im­plore, ne lais­sez pas ce pays bas­cu­ler à la fa­veur de ce qui s’est pro­duit cette se­maine.»

(Pho­to MaxPPP/UPI)

Hier, de­vant le siège de la po­lice de Dal­las, l’heure était à l’émo­tion et au re­cueille­ment.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.