Pi­not cale d’en­trée

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Tour De France 2016 -

Thi­baut Pi­not a sé­rieu­se­ment com­pro­mis sa Grande Boucle. Le Fran­çais le mieux ar­mé pour jouer les pre­miers rôles dans le Tour, a été lâ­ché en pleine mon­tée du col d’As­pin. Le lea­der de la FDJ avait pour­tant en­ta­mé le col, horsd’oeuvre de la tra­ver­sée des Py­ré­nées (12 km à 6,5%), par­fai­te­ment pla­cé à l’avant du pe­lo­ton. Ses co­équi­piers avaient fait le tra­vail pour le mettre aux avant-postes. Mais à mi-par­cours, le Franc-Comtois a cra­qué. Le Suisse Steve Mo­ra­bi­to, char­gé de l’es­cor­ter dans les hau­teurs, ira même jus­qu’à le pous­ser, main sur l’épaule. Pi­not fran­chit tant bien que mal le col et ter­mine l’étape en 62e po­si­tion, à plus de 7’ du vain­queur Ste­phen Cum­mings et avec près de 3’ de re­tard sur ses prin­ci­paux ad­ver­saires, lui qui avait dé­jà per­du du temps les jours pré­cé­dents (il était 21e au dé­part de L’Isle-Jour­dain). Ar­ri­vé au bus de l’équipe, le ré­cent cham­pion de France du contre-la-montre s’isole, avant de re­ve­nir af­fron­ter la presse fran­çaise, fo­ca­li­sée sur lui. Pi­not (26 ans) s’était plaint de la cha­leur. Mais si le ther­mo­mètre af­fi­chait 28° au dé­part du Gers, les nuages au-des­sus des Hautes-Py­ré­nées don­naient aux grim­peurs des condi­tions idéales pour s’ex­pri­mer. « Quand on ar­rive au pied du col, on ne sait pas si on est bien ou pas. Au bout de 2 km, j’ai com­pris que je n’étais pas top », com­mente le Haut-Saô­nois. Plus que le phy­sique, c’est sur­tout le mo­ral, peut-être le ta­lon d’Achille de Pi­not, qui flanche. Sa ré­ac­tion après ce pre­mier échec est ré­vé­la­trice. « On est as­som­mé. Il n’y a pas d’ex­cuse à cher­cher. Pas de jambes tout sim­ple­ment… Ce­la fait trois fois que je perds pied en ar­ri­vant dans les Py­ré­nées. Je me re­trouve avec les mêmes sen­sa­tions qu’au Dau­phi­né. Sur le Tour, ça roule à 100 % et je ne suis pas à 100 %. C’est du gâ­chis! Dès la pre­mière étape de mon­tagne, l’ob­jec­tif est mort On va es­sayer de se re­mettre de­dans, de pas­ser une bonne nuit et de ré­flé­chir. Je n’ai pas le ni­veau pour suivre les meilleurs, c’est tout », lâche l’es­poir fran­çais, éton­nam­ment fa­ta­liste. Son re­tard n’est pas ir­ré­mé­diable mais sa ré­ac­tion à chaud laisse peu d’es­poir pour le gé­né­ral. Son ma­na­ger, Marc Ma­diot n’avait d’autre choix que de dé­dra­ma­ti­ser. « La sai­son ne s’ar­rête pas au Tour, il y a eu des bons mo­ments avant, il y en au­ra sû­re­ment après, le Tour n’est pas fi­ni. Le plus im­por­tant, c’est de sa­voir ce qui se passe. Il y a un sou­ci, il faut es­sayer d’en trou­ver la rai­son. » La­porte a ter­mi­né 197e de l’étape, à 24’46 de Cum­mings, le vain­queur du jour

« Cette pre­mière étape de mon­tagne a été mar­quée par un dé­part ra­pide, avec la cons­ti­tu­tion de la grosse échap­pée. J’ai en­suite vé­cu une fin d’étape tran­quille ».

(Pho­to Epa/ Maxppp)

Le Tri­co­lore a sans doute dit adieu à une belle place au clas­se­ment gé­né­ral.

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