Au bout du sus­pense,

L’équipe de France a per­du, hier soir, la fi­nale de son Eu­ro au Stade de France. Le bour­reau s’ap­pelle Eder, bu­teur lors de la pro­lon­ga­tion...

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Euro 2016 - VINCENT MENICHINI, À SAINT-DE­NIS

Non pas qu’on l’avait vu ve­nir, mais à n’avoir pas su concré­ti­ser ses temps forts, la France a per­mis au Por­tu­gal de croire au mi­racle. Et le mi­racle s’est pro­duit. Comme dans un mau­vais rêve. Pour le coup, les Bleus ne mé­ri­taient pas ça et Gi­gnac re­pen­se­ra très long­temps à cette frappe sur le po­teau de la 90e mi­nute. En­tré à la place de Gi­roud, ‘‘APG’’ avait tout pour de­ve­nir le nou­veau hé­ros des Fran­çais, mais cette fois la France de Di­dier Des­champs n’a pas eu de chance. Comme en 2006, les Bleus ont per­du une fi­nale au terme d’un match au scé­na­rio

dra­ma­tique. Au coup de sif­flet fi­nal, ha­gards au mi­lieu de ter­rain, les co­équi­piers de Llo­ris se de­man­daient bien ce qui leur était tom­bé sur la tête. Le bour­reau s’ap­pelle Eder. Il joue en Ligue 1, à Lille. Hier soir, il a dou­ché tout un pays qui n’en croyait pas ses yeux au mo­ment de voir Ro­nal­do sou­le­ver la Coupe, alors qu’il avait tant es­pé­ré que ce soit Llo­ris. Sur un en­chaî­ne­ment ex­cep­tion­nel, Eder, qui avait dé­jà chan­gé le vi­sage de son équipe avant son but, a of­fert le pre­mier titre de son his­toire au Por­tu­gal qui n’avait plus bat­tu la France de­puis 1975. Il a donc fal­lu qu’il mette fin à la ma­lé­dic­tion hier soir, alors que le peuple de France s’était une fois en­core ras­sem­blé par mil­liers pour vivre un mo­ment pour l’éter­ni­té. Sa­cré sans Cris­tia­no Ro­nal­do A la 109e mi­nute, Eder a fait cha­vi­rer le peuple lu­si­ta­nien et plon­ger la France dans le déses­poir. Pour­tant, cette der­nière avait tout pour mar­cher sur les traces de ses aî­nées. Un grand gar­dien (Llo­ris), un grand bu­teur (Griez­mann) et un sé­lec­tion­neur qui n’avait per­du qu’une seule fi­nale tout au long de sa car­rière. Or, hier soir, rien n’a sou­ri à nos Bleus qui ont pour­tant af­fron­té un Por­tu­gal pri­vé de Ro­nal­do dès la 25e mi­nutes. La star du Real Ma­drid a dû se ré­soudre à sor­tir après un choc avec Payet et une tor­sion du ge­nou. Après une en­tame em­bal­lante, les Bleus ont peu à peu bais­sé pa­villon et il a fal­lu que Des­champs fasse en­trer Co­man pour que ça re­de­vienne per­cu­tant. Sur deux éclairs, le jeune at­ta­quant a ré­ga­lé Griez­mann et Gi­roud, les­quels ont ra­té deux énormes opportunités de mettre les leurs sur la voie d’une troi­sième cou­ronne eu­ro­péenne. Mais l’éclair­cie Co­man n’a pas du­ré bien long­temps... Face à un Por­tu­gal qui n’a ja­mais cher­ché à jouer, une constante du­rant ce tour­noi, les Bleus ont fi­ni par perdre le fil. L’in­ten­si­té mise par les joueurs de Fer­nan­do San­tos a gê­né les am­bi­tions tri­co­lores. Comme à son ha­bi­tude, le Stade de France, lui, a som­no­lé. On était bien loin de la fo­lie du Vélodrome lors de la de­mi-fi­nale face à l’Al­le­magne, ce qui au­rait été d’une pré­cieuse aide lors de la pro­lon­ga­tion. Au cours de celle-ci, étouf­fante par ailleurs, c’est le Por­tu­gal qui s’est pro­cu­ré les meilleurs oc­ca­sions (barre de Guer­rei­ro), jus­qu’au but de la délivrance si­gné Eder. Au bout du bout, Mar­tial a bien eu une balle d’éga­li­sa­tion, mais Pepe s’est je­té pour sau­ver la pa­trie et gâ­cher la fête an­non­cée. Tout ça, pour ça, pour­rai­ton dire…

Griez­mann n’y croit pas et pour­tant, la France vient de perdre son Eu­ro, en fi­nale... (Photo AFP)

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