“Le Croux” avait (en­fin) rai­son

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Euro 2016 - WILLIAM HUMBERSET

« Les gars, la fi­nale ce ne se­ra pas la fête. On est quatre pour mon­ter huit pages. » Au bu­reau, le sé­lec­tion­neur c’est Phi­lippe Camps. La Dèche dis­pose d’un réservoir de 23 com­bat­tants quand le “Phi­lou” com­pose avec dix sol­dats dans son bas­tion A-M. Avec quatre dé­ser­teurs au ta­bleau, il a pré­pa­ré sa com­po avec les moyens du bord hier. Deux gars avaient re­çu son aval pour res­ter sur base : le “Tchoa” se re­po­sait un peu avant de s’envoler un mois pour Rio et les JO ; Ro­main pou­pon­nait Li­sa, sa deuxième fille née jeu­di der­nier. Fa­bien et An­toine s’étaient en­di­man­chés eux. Pour fi­nir sur le banc. Rien de réel­le­ment sur­pre­nant jusque-là. Mais quand le pre­mier nous a dit que c’était pour le ma­riage de sa mère... Un di­manche ? On s’est tous de­man­dé si on al­lait pas le cho­per en flag sur une photo AFP prise au Stade de France. On ne l’ap­pelle pas “la Fouine“pour rien le las­car. An­toine avait, lui, choi­si le jour de la fi­nale pour bap­ti­ser son fils, le “Gui”. Un bout de chou de bien­tôt dix mois qu’on sur­nomme dé­jà “ce Mon­sieur”. Quand le “Toine” a com­mu­ni­qué sa liste des in­vi­tés, il a fait des heu­reux et un par­rain : Phi­lou. De quoi faire lé­gé­re­ment mon­ter le stress de notre sé­lec­tion­neur avant l’en­trée en jeu de la bande à Payet. Parce que le chef, il a fal­lu le cui­si­ner pour qu’il ne vienne pas au bu­reau avant 16 heures. Il vou­lait dé­bar­quer plus tôt pour quit­ter les pointes ci­rées et en­fi­ler le bleu de chauffe. Pour la France. Pour le ca­nard. Pour vous. Pour nous. Il est comme ça le Phi­lou. C’est un homme en­tier qui par­tage tout. Il vou­lait veiller sur le Croux, le pe­tit der­nier du ser­vice qui peut par­fois s’en­dor­mir sur les pages. Il fal­lait aus­si me gar­der à l’oeil parce que je peux avoir ten­dance à par­tir en vrille sur un coup de tête. Il y avait pour­tant “le Ch­ris” pour cha­peau­ter deux fous dans un même ser­vice. A 17 heures, la feuille de match est fi­na­le­ment par­tie avec Gil et un Va­rois, Guillaume, en ren­fort pour mon­ter les pages, et Ma­thieu et Vinz au Stade de France pour la pre­mière fi­nale d’Eu­ro de leur jeune car­rière. Une for­ma­tion dé­fen­sive en 6-2 : deux bleus sur le ter­rain et six ma­çons por­tu­gais à la ré­cu­pé­ra­tion. Pour ra­jou­ter un peu de fo­lie dans l’équipe on a écou­té le pro­nos­tic de Ben Ar­fa : « 1-0, but de Llo­ris. » Phi­lou était plus pes­si­miste. « Fran­çois Hol­lande se­ra là ? Parce que lui, il a même por­té la guigne aux Pays-Bas. Ce soir, ils ont in­té­rêt à l’en­fer­mer dans les ves­tiaires, si­non on est dans le fro­mage. Il fau­drait re­sor­tir mon Jac­quou (Chi­rac). Mais il

n’est pas très bien en ce mo­ment...» Le chef avait pré­dit la bles­sure de Ro­nal­do dans son Eu­ro au bu­reau du ma­tin, il a ré­ci­di­vé sur le pro­no du soir. Ce qui me ras­su­rait, c’est que le “Croux” était du même avis. Vous sa­vez, le gars in­col­lable sur la “culture foot” mais scot­ché à la guigne quand il s’agit de pro­nos­tic. « Ce se­ra le scé­na­rio de la de­mi-fi­nale, mais in­ver­sée. Le Por­tu­gal n’a ja­mais ga­gné contre la France. » La théo­rie de l’Eu­ro qui met fin à toutes les ma­lé­dic­tions. Le Croux avait, donc, cette fois rai­son. Et Bal­tha­zar ne se se­ra donc ja­mais trom­pé sur les pro­nos des Bleus de tout l’Eu­ro. Ce sa­ta­né coq aus­si l’avait sen­ti que les Por­tu­gais al­laient nous plu­mer.

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