En dix ans, le mu­sée du Quai Bran­ly vou­lu par Chi­rac a trou­vé son pu­blic

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France/Monde - 1.Les­sub­ven­tions­pu­bli­que­sat­teignent77% du­bud­ge­tan­nuel,alors­qu’el­les­re­pré­sentent la­moi­tié­du­bud­get­duLou­vree­tun­quartde ce­lui du mu­sée d’Or­say.

Il est né il y a dix ans dans la po­lé­mique, mais le mu­sée du Quai Bran­ly, fort d’un in­dé­niable suc­cès pu­blic et d’un gé­né­reux en­ga­ge­ment fi­nan­cier de l’État (1), a su trou­ver sa place. L’éta­blis­se­ment vient d’être re­bap­ti­sé «Quai Bran­ly - Jacques Chi­rac», une ap­pel­la­tion jus­ti­fiée tant a été grande l’im­pli­ca­tion de l’ex-pré­sident dans la créa­tion de ce mu­sée des arts d’Afrique, d’Océa­nie et des Amé­riques. Et une ex­po­si­tion in­ti­tu­lée «Jacques Chi­rac ou le dia­logue des cul­tures» (jus­qu’au 9 oc­tobre), conçue par l’an­cien mi­nistre de la Culture Jean-Jacques Ailla­gon, rend ac­tuel­le­ment hom­mage à la pas­sion de l’an­cien chef de l’État pour les ci­vi­li­sa­tions pre­mières. L’en­ga­ge­ment de l’an­cien pré­sident fut en par­tie lié à une ren­contre: celle du col­lec­tion­neur Jacques Ker­chache, qui mi­li­tait pour l’in­té­gra­tion de l’art non oc­ci­den­tal dans les grandes col­lec­tions, comme celle du Louvre. Il trouve une oreille at­ten­tive au­près de l’an­cien chef de l’État, qui, dès son élec­tion en mai 1995, lance le pro­jet d’un grand mu­sée des cul­tures non eu­ro­péennes. Un ter­rain est re­te­nu sur les bords de Seine, à deux pas de la tour Eif­fel, et Jean Nou­vel choi­si pour conce­voir le bâ­ti­ment: il en fe­ra quatre, ré­ser­vant plus de la moi­tié de la su­per­fi­cie à un jar­din, pro­té­gé de la cir­cu­la­tion par un mur de verre. Mal­gré des pro­blèmes de fi­ni­tion et des dé­pas­se­ments de de­vis, l’oeuvre de Jean Nou­vel est bien re­çue. La po­lé­mique vien­dra d’ailleurs: pour consti­tuer ses col­lec­tions, la di­rec­tion du Quai Bran­ly a en ef­fet pré­le­vé mas­si­ve­ment des oeuvres dans d’autres ins­ti­tu­tions pu­bliques. En 1998, le Mu­sée de l’homme est dé­pouillé de quelque 300 000 pièces, et ce­lui des Arts d’Afrique et d’Océa­nie de 25000 ob­jets. Des dé­mé­na­ge­ments qui passent mal chez les cher­cheurs. Au­jourd’hui, le Quai Bran­ly en­re­gistre une moyenne de 1,35mil­lion de vi­si­teurs par an «là où les pré­vi­sions de fré­quen­ta­tion les plus op­ti­mistes s’éta­blis­saient à 800000 vi­si­teurs an­nuels», se­lon son pré­sident. Un suc­cès dû aus­si à «une nou­velle lec­ture des cul­tures, des mou­ve­ments so­cié­taux ou his­to­riques» avec des ex­po­si­tions comme «Pla­nète mé­tisse», «Che­veux ché­ris» ou «Ta­toueurs, Ta­toués» (2014-2015).

(Photo AFP)

Né dans la po­lé­mique, l’éta­blis­se­ment est au­jourd’hui plé­bis­ci­té.

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