Un mo­nu­ment à pro­té­ger ?

Afin de pro­té­ger ce lieu his­to­rique, son res­pon­sable, Georges Vi­gna­ti, sou­haite que la fa­çade soit la­bel­li­sée « Pa­tri­moine du XXe siècle ». Pour ce­la, il doit ré­col­ter les do­cu­ments né­ces­saires

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - SARA GAUJOUR

An­cien­ne­ment nom­mé le Grand Ca­si­no des Ar­cades, le ci­né­ma Raimu fait par­tie du pa­tri­moine co­go­li­nois. Un pa­tri­moine cher au res­pon­sable du lieu, Georges Vi­gna­ti, qui compte bien tout faire pour le pro­té­ger. «Le Raimu est une mer­veille, un beau ci­né­ma de ca­rac­tère et, qui plus est, est in­dé­pen­dant ! C’est un ci­né­ma de quar­tier comme il y en avait dans mon en­fance », ex­plique-t-il. Ob­te­nir le la­bel « Pa­tri­moine du XXème siècle » per­met­trait de « pro­té­ger cet es­pace en tant qu’es­pace cultu­rel ».

Un lieu d’ex­cep­tion

Avant d’être le ci­né­ma qu’est au­jourd’hui le Raimu, le bâ­ti­ment était une sorte de bras­se­rie. Le terme n’exis­tant pas en­core à la fin du XIXème siècle, il était ap­pe­lé «ca­si­no» : preuve que le vil­lage était un lieu de di­ver­tis­se­ment. On y trou­vait donc une ter­rasse où les gens se res­tau­raient ain­si qu’une pe­tite scène sur la­quelle se pro­dui­saient des ar­tistes lo­caux. « Les pre­mières pro­jec­tions ci­né­ma­to­gra­phiques aux­quelles je suis re­mon­té grâce à mes re­cherches datent de 1925. On pro­je­tait le film sur une toile ten­due sur la scène et, le ci­né­ma de l’époque étant muet, une per­sonne l’ac­com­pa­gnait au pia­no », ra­conte M. Vi­gna­ti. Puis, la guerre pas­sant par là, le ci­né­ma a fer­mé et une par­tie de la do­cu­men­ta­tion a été dé­truite. Le Raimu a en­suite été re­fait et les ar­cades, usées par le temps, res­tau­rées à l’iden­tique par l’ar­chi­tecte Gire. « Il ne s’agit pas de faire clas­ser ce bâ­ti­ment en na­tio­nal car ce­la ap­porte de nom­breuses contraintes no­tam­ment en ce qui concerne la confi­gu­ra­tion in­terne du bâ­ti­ment. Le la­bel «Pa­tri­moine du XXe siècle per­met­tra de pro­té­ger la fa­çade d’un lieu au­then­tique », ex­plique M. Vi­gna­ti. D’au­tant que le bâ­ti­ment in­ter­pelle : « Je vois beau­coup de monde s’ar­rê­ter et prendre en pho­to le Raimu. C’est vrai qu’on se de­mande ce qu’il fait là ! C’est de l’art-dé­co... Ça n’a rien de pro­ven­çal » , ajoute-t-il, amu­sé.

La pro­tec­tion par le la­bel

« Pour moi, le Raimu c’est vrai­ment une lu­mière cultu­relle sur la ville. Une lu­mière al­lu­mée tous les soirs, ce qui n’est pas né­gli­geable dans une pe­tite ville comme la

nôtre », af­firme Georges Vi­gna­ti. D’au­tant que la fré­quen­ta­tion a aug­men­té de 30% de­puis 2015 !

« Main­te­nant que Ci­néode est notre ex­ploi­tant, nous sommes tout à fait dans l’ac­tua­li­té ci­né­ma­to­gra­phique. Nous avons les films en sor­tie na­tio­nale ce qui n’a pas tou­jours été le cas. Il y a éga­le­ment eu un gros tra­vail de com­mu­ni­ca­tion de notre part au­près de la po­pu­la­tion lo­cale». S’ajoutent à ce­la l’avan­tage de la proxi­mi­té, des ta­rifs pré­fé­ren­tiels et des pro­jec­tions de qua­li­té qui ont re­don­né au ci­né­ma de la ci­té du coq sa dy­na­mique d’an­tan. « Je suis amou­reux de ce lieu, il est ma­gique tant par son his­toire que par ce qu’on y vit chaque jour. Le ci­né­ma ce n’est pas seule­ment la salle, c’est aus­si le hall, les pre­miers flirts, les échanges... Au­tant de scènes de vie qui n’ont pas de prix dans ce lieu que je sou­haite de tout coeur pré­ser­ver ». Pour­tant, la dé­marche qu’a en­tre­pris Georges Vi­gna­ti est loin d’être ai­sée. En ef­fet, pour es­pé­rer fi­gu­rer par­mi les mo­nu­ments ap­par­te­nant au pa­tri­moine du XXe siècle, un so­lide dos­sier doit être mon­té. Un pro­ces­sus de longue ha­leine qui né­ces­site la res­ti­tu­tion d’un maxi­mum d’in­for­ma­tions sur le lieu en ques­tion. Toute per­sonne peut donc y par­ti­ci­per en trans­met­tant té­moi­gnages ou ar­chives concer­nant le ci­né­ma Raimu et son his­toire, en­core mys­té­rieuse.

(Pho­tos S. G.)

La fa­çade du Raimu, « un tré­sor qui mé­rite d’être pro­té­gé », se­lon le res­pon­sable, Georges Vi­gna­ti.

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