Dans la ci­té, la lu­mière est ins­pi­rée !

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Golfe De Saint-Tropez - JOËLLE THIENARD-LEDIEU

Bi­zarre ? Vous avez dit bi­zarre ? Etranges, hé­té­ro­clites, sur­pre­nants, les ad­jec­tifs qui tra­duisent les créa­tions de Fran­çois Fe­noll ne manquent pas. Et quand la beau­té de la lu­mière s’en mêle, celles-ci prennent une autre si­gni­fi­ca­tion. Dans un atelier de fa­bri­ca­tion, un stock d’ob­jets in­so­lites est sto­cké, en attendant le mo­ment d’ins­pi­ra­tion de l’ar­tiste. Ré­cu­pé­rés dans des bro­cantes, Fran­çois les choi­sit sur des coups de coeur. « Il faut que l’ob­jet ait une âme, qu’elle dé­clenche une émo­tion chez son fu­tur ac­qué­reur. Par­fois je m’en oc­cupe tout de suite, par­fois ils sont chi­nés sans sa­voir ce que je vais en faire un jour. Ça peut ve­nir n’im­porte quand. J’en prends pos­ses­sion en le net­toyant. C’est comme ça que je me l’ap­pro­prie. Je leur re­donne une se­conde vie en les trans­for­mant en ob­jets de lu­mière ». Il montre un vieux comp­teur à Gaz de 1887. A cô­té, une ra­dio des an­nées 50, à qui, outre la lu­mière in­té­rieure, il a ajou­té une en­ceinte Blue­tooth « pour que l’on puisse écou­ter de la mu­sique en même temps ». Une fa­çon de ral­lier le mo­der­nisme à l’an­cien. du dé­but du ci­né­ma, di­vers pro­jec­teurs, une ma­chine à bon­bons, des jouets des lampes à UV des an­nées 50 pro­ve­nant d’Ita­lie, un col­lec­teur d’échap­pe­ment de 2 CV, un vieux chauf­fage an­glais. La liste se­rait longue pour tous ces ob­jets qui ont été re­cy­clés dans un es­prit créa­tif ori­gi­nal avec le même sou­ci de leur conser­ver leur iden­ti­té, leur « âme ».

« Il ar­rive que l’on m’ap­porte un vieil ob­jet ayant ap­par­te­nu à des grands pa­rents pour le re­cy­cler, sim­ple­ment parce qu’il évoque des sou­ve­nirs. Je suis un re­cy­cleur de mé­moire en quelque sorte ! » D’autres com­mandes, il en a, comme ce te­nan­cier de bar qui sou­hai­tait un sys­tème d’éclai­rage avec des ins­tru­ments de mu­sique. Et le ré­sul­tat est à la hau­teur de l’at­tente. Grosses caisses, trom­pettes, cym­bales, tout est har­mo­ni­sé pour don­ner la lu­mière de fa­çon ori­gi­nale. To­ta­le­ment au­to­di­dacte, sa pas­sion lui per­met de cher­cher le meilleur moyen de mettre en pra­tique son sa­voir au ser­vice de son art, et les in­gé­nio­si­tés ne lui font pas dé­faut, comme cette an­cienne ma­chine à pop corn qui s’al­lume quand on ouvre le cla­pet dis­tri­bu­teur ! « Ce qui est bien, c’est que je fa­brique de la lu­mière, quelque chose de vi­vant et agréable dont on a tou­jours be­soin dans un in­té­rieur. Il y a des ob­jets de lu­mière am­biante, et des ob­jets de lu­mière vive ». Si l’ombre a sa place, comme Fran­çois se plaît à le rap­pe­ler, c’est pour don­ner à la lu­mière son es­pace, comme ce vieux chauf­fage an­glais qui dif­fuse un des­sin tel un mou­cha­ra­bieh. « La sim­pli­ci­té est la so­phis­ti­ca­tion su­prême », dit-il en ci­tant Léo­nard de Vin­ci. Et c’est vrai qu’au mi­lieu de ces ob­jets hé­té­ro­clites où l’ins­pi­ra­tion prend toute son im­por­tance, les ob­jets lu­mi­neux dif­fusent c’est cer­tain, en même temps que la lu­mière, leur âme.

(Pho­to M. T.-L.)

Fran­çois Fe­noll, le créa­teur de lu­mières.

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