«Mon Gon­court a chan­gé les choses sans les bou­le­ver­ser»

Jé­rôme Fer­ra­ri, prix Gon­court 2012 avec se­ra l’in­vi­té d’hon­neur de La fête du Livre du Var, or­ga­ni­sée à Toulon du 18 au 20 no­vembre

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Var - PROPOS RE­CUEILLIS PAR LAURENT AMALRIC 1. À fendre le coeur le plus dur, pu­blié en oc­tobre 2015 aux édi­tions In­culte Der­nière Marge.

Avec Jé­rôme Fer­ra­ri, La Fête du Livre du Var qui se tien­dra du 18 au 20 no­vembre, place d’Armes à Toulon, a trou­vé son in­vi­té d’hon­neur idéal. An­cré en Mé­di­ter­ra­née de par ses ori­gines corses, l’au­teur est éga­le­ment Gon­court 2012 avec Le Ser­mon sur la chute de Rome, ro­man qui, lui-même, pui­sait sa source à de mul­tiples égards dans cette ci­vi­li­sa­tion mé­di­ter­ra­néenne. In­ter­cep­tion sur son île de Beau­té avant la tra­ver­sée vers Toulon.

Face au nombre de sol­li­ci­ta­tions, pour­quoi avoir dit oui à Toulon ? Je suis sen­sible à la vie des fes­ti­vals lit­té­raires et comme je n’avais pas fait beau­coup de si­gna­tures dans le sud avec mon der­nier livre, c’était une belle oc­ca­sion. Et puis, la thé­ma­tique par­ti­cu­lière du salon et la proxi­mi­té des lieux, font que, quoi qu’il ar­rive, j’au­rai tou­jours quelque chose à dire ! (rire)

Si vous-même étiez vi­si­teur du salon, à qui ai­me­riez-vous faire dé­di­ca­cer un livre ? Je com­prends qu’on le fasse mais je n’éprouve pas le be­soin d’avoir des mots ma­nus­crits sur un livre de la part de quel­qu’un que je ne connais pas. Si j’ai des ou­vrages dé­di­ca­cés chez moi, c’est que je connais la per­sonne. Qu’il y a eu un échange. Alors là oui, la dé­di­cace a un sens. Du­rant la pé­riode postGon­court, étant don­né les files d’at­tentes, il était dif­fi­cile d’avoir cet échange avec les gens. Avec le recul comment éva­luez­vous l’ac­cueil de votre der­nier livre, Le Prin­cipe, sor­ti chez Actes Sud l’an der­nier ? En gé­né­ral je n’ai pas d’at­tente spé­ci­fique. Il est vrai que ce n’est pas un livre très fa­cile. La thé­ma­tique au­tour du phy­si­cien al­le­mand, Wer­ner Hei­sen­berg, son « prin­cipe d’in­cer­ti­tude », la phy­sique quan­tique, etc., tout ça n’est pas très sexy… Mais ce sont des thèmes qui me pas­sionnent et au fi­nal j’ai été ra­vi del’ac­cueil !

Ce ro­man est très écrit. Peut-on par­ler de style « fer­ra­rien » ? J’es­père ! Mais ce n’est pas à moi de le dire. De toute fa­çon le style n’est pas quelque chose de fi­gé. Il évo­lue, se dé­ve­loppe…

Vous si­gnez éga­le­ment des chro­niques. un exer­cice plus en prise avec l’ac­tua­li­té… Je viens d’ache­ver ma col­la­bo­ra­tion avec le quo­ti­dien La Croix. C’était as­sez. Il faut évi­ter de tom­ber dans l’au­to­ma­tisme et être dans le rôle de ce­lui qui a une opi­nion sur tout. Je n’ai pas non plus de ro­man en cours. Je tra­vaille da­van­tage sur l’idée du pro­chain. Et j’ai dé­jà fort à faire avec l’en­sei­gne­ment!

Le Gon­court a-t-il eu un ef­fet pa­ra­ly­sant sur votre oeuvre ? Ce prix a cer­tai­ne­ment chan­gé les choses mais sans les bou­le­ver­ser. J’ai no­tam­ment dû aban­don­ner mon poste à l’étran­ger. Et j’enseigne donc dé­sor­mais en Corse.

Que dit sur notre ci­vi­li­sa­tion votre ou­vrage qui traite d’un

() conflit co­lo­nial mé­con­nu ? C’est qua­si­ment la pre­mière fois que la pho­to­gra­phie de presse joue un rôle dans une guerre (celle qui op­po­sa l’Ita­lie et la Tur­quie en -, Ndlr). Un chan­ge­ment ren­du pos­sible par l’évo­lu­tion des tech­niques qui a fait qu’en dé­cou­pant ces images de réa­li­té, le dis­cours n’ap­par­te­nait plus ex­clu­si­ve­ment aux mi­li­taires. La pro­pa­gande ve­nait de chan­ger d’ou­til…

(Pho­to DR)

Jé­rôme Fer­ra­ri a pu­blié l’an der­nier son der­nier livre Le Prin­cipe.

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