L’es­pace san­té, créé il y a six ans, peine à se rem­plir

Joux­tant le pôle de san­té de La Foux, l’es­pace conçu pour ac­cueillir les pro­fes­sions mé­di­cales ne rem­porte pas le suc­cès es­comp­té. Cer­tains spé­cia­listes évoquent les dif­fi­cul­tés d’un mé­tier

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Gassin - C. GEORGES AVEC A. D.

Six ans après les dé­buts de sa com­mer­cia­li­sa­tion, il reste en­core quatre lots à cé­der ». Le constat est un peu amer pour Jé­rôme Cha­bert, di­rec­teur de la so­cié­té Var Amé­na­ge­ment Dé­ve­lop­pe­ment, concep­teur du pro­jet. Une dé­cep­tion d’au­tant plus forte que le pro­jet sem­blait sé­dui­sant : douze lo­caux dis­po­sant de beaux vo­lumes dans un bâ­ti­ment joux­tant le pôle de san­té, en plein coeur du Golfe… De quoi sé­duire les pro­fes­sions mé­di­cales qui ne se sont pour­tant pas bous­cu­lées pour s’y ins­tal­ler.

Des coûts et des exi­gences

Les rai­sons ? « Elles sont

mul­tiples » avance Jé­rôme Cha­bert. « Tout d’abord, notre mé­tier n’est pas de com­mer­cia­li­ser. Nous avons donc contac­té de nom­breuses agences im­mo­bi­lières dans le Golfe mais au­cune n’a sou­hai­té s’oc­cu­per de notre pro­duit. Pas as­sez ren­table, ap­pa­rem­ment ». Un manque de vi­si­bi­li­té du pro­duit qui peut consti­tuer un frein, mais qui

n’ex­plique pas tout : « Les dif­fi­cul­tés sont ac­cen­tuées par le fait que les co­pro­prié­taires écartent toute struc­ture qui ne se­rait pas liée au mé­di­cal et re­fuse la concur­rence. Nous avons dû dire non à un den­tiste, à un no­taire et à un ca­bi­net

comp­table ». Troi­sième rai­son in­vo­quée, le prix ju­gé éle­vé :

« Oui, c’était peut-être un peu cher au dé­but mais nous avons lar­ge­ment bais­sé le prix du mètre carré au­jourd’hui à 2 900 €. Je pense aus­si que la crise éco­no­mique est pas­sée par là ». Des ar­gu­ments que ne ré­fute pas l’un des oc­cu­pants des lieux : « Il y a peut-être eu un pro­blème de coût mais je sais que l’amé­na­geur fait ce qu’il peut pour vendre les der­niers

lots. Pour au­tant, je main­tiens que cet es­pace doit res­ter dé­dié à la

san­té ». On le voit, ce pro­jet qui avait été plé­bis­ci­té en son temps par l’an­cien maire de Gas­sin Yvon Zer­bone, se heurte à de nom­breux écueils.

Un sec­teur mo­ri­bond ?

Plus éton­nant, ces dif­fi­cul­tés s’ajoutent à une conjonc­ture ju­gée dé­fa­vo­rable pour les mé­tiers de la san­té dans le Golfe,

comme l’avance Jé­rôme Cha­bert : « A prio­ri, l’ac­ti­vi­té de­vient mo­ri­bonde ». Une ana­lyse par­ta­gée par le Dr Her­vé Be­san­çon, mé­de­cin à Cavalaire, re­pré­sen­tant ses ho­mo­logues dans le Golfe et élu à l’union ré­gio­nale des pro­fes­sions de san­té (URPS) :

« On est une pro­fes­sion en crise, même dans le Golfe. J’ai 53 ans et je suis par­mi les plus jeunes du sec­teur. C’est in­croyable que le ca­bi­net de der­ma­to­lo­gie de Saint-Tro­pez n’ait pas trou­vé de rem­pla­çant. J’ai

ra­re­ment vu ça ». Le mé­de­cin avait même un pro­jet pour l’es­pace san­té :

« J’avais pen­sé en faire une mai­son mé­di­cale de garde, te­nue par des mé­de­cins li­bé­raux pour gé­rer les pe­tites ur­gences que le pôle ne peut prendre en charge. Mais les frais sont trop éle­vés. Im­pos­sible de faire face, avec une consul­ta­tion pla­fon­née à 23 €. J’ai lan­cé des ap­pels à Mar­seille, à Nice et jus­qu’à Pa­ris. Le Golfe est trop cher pour s’ins­tal­ler. Beau­coup pré­fèrent res­ter sa­la­riés. En

re­vanche, les lo­caux me semblent tout à fait adap­tés aux confrères dont les ho­no­raires sont libres, comme

les der­ma­to­logues ». L’ap­pel est donc lan­cé. Un ca­bi­net de ki­né­si­thé­ra­pie s’est ins­tal­lé der­niè­re­ment et il reste en­core quatre lots, de 50 m2 à 240 m2. Quand on connaît les dé­lais d’at­tente dans cer­tains ca­bi­nets, l’ar­ri­vée de nou­veaux spé­cia­listes se­rait pro­ba­ble­ment bien­ve­nue.

(Pho­to A. D.)

L’es­pace san­té se si­tue près du pôle de san­té de La Foux.

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