L’Etat ju­gé responsable de la mort d’un des mi­li­taires tués par Me­rah

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France -

La dé­ci­sion de sup­pri­mer toute me­sure de sur­veillance (...) est consti­tu­tive d’une faute » : quatre ans après les tue­ries per­pé­trées par Mo­ha­med Me­rah, l’Etat a été ju­gé, hier, en par­tie responsable de la mort d’une de ses vic­times, Abel Chen­nouf, un sol­dat tué à Mon­tau­ban le 15 mars 2012. Le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Nîmes a es­ti­mé à un tiers la part de res­pon­sa­bi­li­té de l’Etat, es­ti­mant que la faute com­mise, qua­li­fiée de « simple » et non de « lourde », avait « com­pro­mis les chances d’em­pê­cher un at­ten­tat ».

Dix-sept fa­milles de vic­times vont por­ter plainte

Dix-sept vic­times des at­ten­tats du 13 no­vembre, ou leurs fa­milles, vont por­ter plainte contre l’Etat es­ti­mant que la puis­sance pu­blique porte une part de res­pon­sa­bi­li­té dans le drame. Sa­mia Mak­touf, leur avo­cate a in­di­qué, ce mardi, qu’elle pré­pare cette plainte et compte la dé­po­ser dans les jours qui viennent « Il faut com­bien de Ba­ta­clan, il faut com­bien de Tou­louse et Mon­tau­ban, il faut com­bien de Saint-De­nis, il faut com­bien de Tha­lys pour qu’on com­prenne que ces gens-là doivent être en­fer­més? », a ré­agi sur RTL le père du sol­dat Abel Chen­nouf, qui avait sai­si la jus­tice.

« Il faut qu’on ar­rête ces cri­mi­nels “na­zis­la­mistes” avant qu’ils ne passent à l’acte », a pour­sui­vi Al­bert Chen­nouf Meyer. Tout en re­le­vant « la dif­fi­cul­té de la mis­sion de prévention des ac­tions ter­ro­ristes et de sur­veillance des in­di­vi­dus ra­di­caux in­com­bant aux ser­vices de ren­sei­gne­ment », le tri­bu­nal a poin­té dans son ju­ge­ment « le pro­fil de Mo­ha­med Me­rah et (le) ca­rac­tère hau­te­ment sus­pect de son com­por­te­ment, éta­bli de­puis plu­sieurs an­nées et ren­for­cé (à l’époque) par ses ré­cents voyages en Af­gha­nis­tan et au Pa­kis­tan ». La ju­ri­dic­tion ad­mi­nis­tra­tive rap­pelle que Mo­ham­med Me­rah fai­sait l’ob­jet « de­puis 2006, de l’at­ten­tion des ser­vices de renseignements en rai­son, d’abord, de ses fré­quen­ta­tions au sein du mi­lieu de l’is­la­misme ra­di­cal, puis, de son ap­par­te­nance à cette mou­vance et qu’il était dès ce mo­ment ins­crit au fi­chier “S” (sû­re­té de l’Etat) ». Le tri­bu­nal sou­ligne un voyage en Af­gha­nis­tan en dé­cembre 2010 puis au Pa­kis­tan du­rant l’été 2011. Or « dans les suites im­mé­diates » d’un en­tre­tien au sein des lo­caux de la di­rec­tion des ser­vices de ren­sei­gne­ment, le 14 no­vembre 2011, « au lieu de ren­for­cer les me­sures de sur­veillance (...) ou a mi­ni­ma de les main­te­nir, tout sui­vi de (Mo­ha­med Me­rah) a été aban­don­né », re­lève le tri­bu­nal.

« Mo­ha­med Me­rah ne re­pré­sen­tait pas de signe de dan­ge­ro­si­té »

Se­lon le mi­nistre de l’In­té­rieur à l’époque des faits, Claude Guéant, entre 2007 et 2012 : « L’ap­pré­cia­tion a été faite que Mo­ha­med Me­rah ne re­pré­sen­tait pas de signe de dan­ge­ro­si­té, d’in­ten­tion cri­mi­nelle », et que « Per­sonne n’a ja­mais dé­ce­lé d’in­ten­tion cri­mi­nelle chez lui. »

(Pho­to AFP)

Le mi­li­taire fran­çais, Abel Chen­nouf, avait été tué par Mo­ha­med Me­rah le  mars .

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