Fran­çois Hol­lande com­ba­tif pour son der­nier  juillet

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France -

Le chef de l’État s’est prê­té à la tra­di­tion­nelle in­ter­view pour l’ul­time fois de son quin­quen­nat. S’il ne s’est pas dé­cla­ré can­di­dat pour 2017, il a dé­fen­du pied à pied son bi­lan. Mor­ceaux choi­sis

Son coif­feur : « J’ai fait di­mi­nuer le bud­get de l’Ély­sée »

Dif­fi­cile de prendre de la hau­teur quand, dans les der­nières 24 heures, l’un des su­jets de conver­sa­tion des Fran­çais porte sur… le sa­laire de son coif­feur! En ré­ponse à la po­lé­mique sur ce­lui-ci – près de 10000 € brut par mois –, Fran­çois Hol­lande a rap­pe­lé qu’il avait « sup­pri­mé 10 % des ef­fec­tifs» de l’Ély­sée, di­mi­nuant ain­si le bud­get du Pa­lais « de 109 millions en 2012 à 100mil­lions». Et a contreat­ta­qué : «Mon sa­laire a bais­sé de 30 %. Et on vien­drait me cher­cher sur un su­jet sur le­quel je ne suis pas res­pon­sable? [...] On peut me faire tous les re­proches, sauf ce­lui-là. »

Em­ma­nuel Ma­cron doit « res­pec­ter les règles »

Se­cond car­ton jaune pour Em­ma­nuel Ma­cron. Le nu­mé­ro d’équi­li­briste du mi­nistre de l’Éco­no­mie, qui a fait cette se­maine un pas sup­plé­men­taire vers une can­di­da­ture en 2017 en te­nant un mee­ting à Pa­ris, ne va plus pou­voir du­rer, a aver­ti en sub­stance le chef de l’État. Il était temps : les re­la­tions sont plus qu’exé­crables entre le lo­ca­taire de Ber­cy et le Pre­mier mi­nistre, Ma­nuel Valls. Le pré­sident de la Ré­pu­blique a donc énu­mé­ré les « règles» s’ap­pli­quant à un membre du gou­ver­ne­ment :

«la so­li­da­ri­té», « l’es­prit d’équipe», «dé­fendre le bi­lan », « être à plein temps dans sa tâche » et « ser­vir jus­qu’au bout ». Avant d’en­fon­cer le clou : « Dans un gou­ver­ne­ment, il n’y a pas de dé­marche per­son­nelle, en­core moins pré­si­den­tielle. » Dif­fi­cile d’être plus clair... Et

« res­pec­ter les règles, c’est res­ter au gou­ver­ne­ment. Ne pas les res­pec­ter, c’est ne pas y res­ter», a me­na­cé le pré­sident de la Ré­pu­blique.

Le chô­mage et les baisses d’im­pôts

Qu’on se le dise, «ça va mieux en France»: «Nous au­rons une in­ver­sion de la courbe du chô­mage à la fin de l’an­née», a-t-il à nou­veau pro­mis. Et de s’au­to-congra­tu­ler: «J’ai fait les bons choix», d’au­tant qu’il a,

se­lon lui, « hé­ri­té d’un pays qui avait 40 de fièvre, on se de­man­dait même s’il ne fal­lait pas l’hos­pi­ta­li­ser». Néan­moins « le chô­mage reste trop éle­vé » , et il va donc « fal­loir pour­suivre la po­li­tique [qu’il a] en­ga­gée». Qui, a-t-il sou­li­gné, a per­mis de faire 46 mil­liards d’eu­ros d’éco­no­mies (l’ob­jec­tif fixé à l’ori­gine était de 50 mil­liards), alors que « [ses] pré­dé­ces­seurs n’en avaient pas faites». Et d’en­vi­sa­ger une baisse d’im­pôts en 2017 «si nous avons la cer­ti­tude d’avoir une crois­sance su­pé­rieure à celle de cette an­née» (dont l’es­ti­ma­tion va­rie de 1,1 % à 1,6 % se­lon les ac­teurs éco­no­miques). Et si ça n’al­lait fi­na­le­ment pas si bien que cela, ce se­ra la faute du Royaume-Uni : « Nous res­tons fra­giles, no­tam­ment à cause d’évé­ne­ments ex­té­rieurs comme le Brexit.» Mais «je ne vais pas m’ex­cu­ser par rap­port à une si­tua­tion in­ter­na­tio­nale», a-til pré­ve­nu.

Sur la loi Tra­vail

Mal­gré des se­maines de mou­ve­ments so­ciaux et de vio­lences, Fran­çois Hol­lande en est convain­cu : la loi Tra­vail (qui vient de pas­ser à l’As­sem­blée na­tio­nale grâce à un der­nier re­cours au 49-3) n’a souf­fert que d’une « mau­vaise pré­sen­ta­tion ini­tiale». Une part consé­quente de la gauche a re­je­té ce texte ? « Les élec­teurs peuvent par­fois se sen­tir floués, mais pas tra­his»,

s’est-il au­to-per­sua­dé. Sur le fond, il s’agit d’une loi

«bonne pour le pays et conforme à [ses] va­leurs», a-t-il as­su­ré. Et de conclure:

« Pour ne pas être im­po­pu­laire, mieux vaut ne rien faire. »

«L’Eu­rope ne pro­tège pas »

Alors que The­re­sa May vient juste de rem­pla­cer Da­vid Ca­me­ron au poste de Pre­mier mi­nistre bri­tan­nique, Fran­çois Hol­lande a ré­pé­té qu’il fal­lait que les choses aillent vite sur le Brexit. Évo­quant la mon­tée des po­pu­lismes en Eu­rope et la désaf­fec­tion des peuples pour l’Union eu­ro­péenne, il a es­ti­mé qu’une par­tie du

pro­blème vient du fait que «l’Eu­rope ne pro­tège pas».

En­fin, évo­quant la no­mi­na­tion de Jo­sé Ma­nuel Bar­ro­so, an­cien pré­sident de la Com­mis­sion eu­ro­péenne, au sein de la banque Gold­man Sachs, il s’est mon­tré of­fen­sif, ju­geant que c’était «mo­ra­le­ment in­ac­cep­table».

« La co­hé­sion na­tio­nale est me­na­cée »

« Nous avons be­soin d’être ras­sem­blés», a lan­cé Fran­çois Hol­lande, qui a in­sis­té sur le risque d’une « dis­lo­ca­tion ré­pu­bli­caine» et d’une

perte de «co­hé­sion so­ciale, na­tio­nale et cultu­relle».

Met­tant en garde contre la ten­ta­tion d’une «iden­ti­té cris­pée», il a at­ta­qué à plu­sieurs re­prises le Front na­tio­nal, dont il a es­ti­mé que les élec­teurs font « fausse route », mais en ayant conscience que «c’est à [eux] qu’[il doit s’]adres­ser ».

«La France est un très grand pays, la France est forte » ,a ré­pé­té le pré­sident de la Ré­pu­blique. «Je ne me lais­se­rai pas do­mi­ner par la peur, ni par la me­nace ex­té­rieure.»

Rap­pe­lant que son rôle était de «pro­té­ger la mai­son France », il as­su­ré qu’il « [fe­rait] en sorte que notre pays ait confiance en lui».

(Pho­tos MaxPPP/EPA et AFP)

Le pré­sident de la Ré­pu­blique a no­tam­ment re­ca­dré le mi­nistre de l’Éco­no­mie Em­ma­nuel Ma­cron. En fin de ma­ti­née, plus de   sol­dats, dont des Aus­tra­liens et Néo-Zé­lan­dais, avaient dé­fi­lé sur les Champs-Ély­sées.

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