Dou­leur in­fi­nie

Au len­de­main de l’at­ten­tat qui a fait 84 vic­times et 202 bles­sés, la ville a réa­li­sé l’am­pleur du drame. Alors que l’iden­ti­té du tueur a été dé­voi­lée, c’est tout un pays qui cherche à com­prendre

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - J.-F. MALATESTA

Ja­mais l’une des plus belles anses du monde n’au­ra au­tant mé­ri­té son nom.  anges, dans une baie en­san­glan­tée, ont re­joint le pa­ra­dis des vic­times du ter­ro­risme. Ter­ras­sés par un seul es­prit dé­mo­niaque, ce­lui que les en­quê­teurs ont iden­ti­fié comme étant Mo­ha­med La­houaiej Bouh­lel. Il n’a fal­lu que  se­condes pour par­cou­rir les  km les plus meur­triers de l’his­toire de la ca­pi­tale de la Côte d’Azur.  se­condes pour tuer  per­sonnes ve­nues cé­lé­brer la joie de vivre sur la Prom’ avant d’y connaître la mort. Et le bi­lan pour­rait même être beau­coup plus lourd si l’on en croit le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique Fran­çois Mo­lins.  bles­sés, dont  en ur­gence ab­so­lue s’ajoutent, en ef­fet, à la triste réa­li­té qui a frap­pé de plein fouet Ni­çois et tou­ristes pré­sents en cette pé­riode es­ti­vale. Hier ma­tin, les rues de la ville étaient dé­sertes. Aux ter­rasses de la Pié­tonne, à l’heure du pe­tit-dé­jeu­ner, pas un mot d’échan­gé. Si­lence as­sour­dis­sant. Ha­gard, le re­gard dans le vide, cha­cun sem­blait re­vivre l’ins­tant où tout a bas­cu­lé. Où tout s’est écrou­lé. Un peu plus loin, sur cette Prom’ mau­dite, des sil­houettes fan­to­ma­tiques hantent les lieux du drame pour ten­ter de com­prendre l’in­di­cible à quelques pas seule­ment du ca­mion meur­trier et des hommes de l’iden­ti­té ju­di­ciaire. Images hal­lu­ci­nantes. Comme cette com­mer­çante qui net­toie sa vi­trine en sa­chant que sa ville, ja­mais, ne pour­ra la­ver ce tra­gique af­front. Ef­fa­cer ce  juillet du­rant le­quel les larmes ont abreu­vé les sillons de la fo­lie aveugle et san­glante du ter­ro­risme. Hier, nous étions Char­lie. Puis Pa­ris. Et Bruxelles. Au­jourd’hui, nous sommes Nice. Et les Ni­çois, eux, pour l’éter­ni­té, sont Fa­ti­ma. Thi­mo­té. Vé­ro­nique. Ro­bert. Shean. Vic­to­ria. Et tant d’autres. Beau­coup. Trop ! Au­tant de noms, de na­tio­na­li­tés, que d’his­toires qui ont ému tout un peuple. Qui a pleu­ré. S’est mo­bi­li­sé. A ren­du hom­mage aux vic­times. Des larmes. en­core. Des fleurs. Tou­jours. Et un mes­sage. Évi­dem­ment. Plus ja­mais ça. Comme le  jan­vier . Le  no­vembre . Le  mars. Nous ne vou­lons plus être Char­lie. Pa­ris. Bruxelles. Et, dé­sor­mais, Nice !

(Pho­to S. Bo­tel­la, C. Do­der­gny, F. Fer­nandes, P. La­poi­rie, J.-F. Ot­to­nel­lo, E. Ot­ti­no)

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