« On avan­çait le flingue

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Attentat à Nice -

Le maxi­mum de moyens hu­mains est éga­le­ment en­ga­gé sur le ter­rain. Au dé­but, dix groupes de quatre am­bu­lances et de trois pom­piers cha­cun, sont dé­ployés. Soit 120 per­son­nels entre Ma­gnan et le Pa­lais de la Mé­di­ter­ra­née. Un point de tran­sit est ins­tau­ré au centre Ha­lio­tis (au ni­veau de Car­ras) pour re­grou­per les moyens et évi­ter qu’ils ne se dis­persent. Le poste de com­man­de­ment est mis en place à l’angle Gam­bet­ta-Pro­me­nade. Là où Ch­ris­to­pher et son com­pa­gnon pa­ri­sien tentent de faire un pre­mier « tri » par­mi les vic­times. «Il faut dis­tin­guer ceux pour qui il est hé­las trop tard de ceux qui peuvent en­core être sau­vés. On a vu au loin, au ni­veau de Ma­gnan, les pre­miers gy­ro­phares. Mais ils se sont tout de suite stop­pés. » « Alors on a fait ce qu’on a Ri­vage, étaient en train de ren­trer. pu. On a ins­tal­lé les bles­sés dans Ar­ri­vées place Mas­sé­na, elles ont toutes les voi­tures in­di­vi­duelles que «été prises dans le mou­ve­ment de l’on a trou­vés pour les em­me­ner la foule». Nor­mal dans un pre­mier vers les hô­pi­taux.» temps. Mais une mi­nute plus tard, Gar­der son calme. Faire les gestes les deux amies voient ar­ri­ver des justes quand c’est le chaos. Le gens en criant : « At­ten­tat ! Y’a des pro­fes­sion­na­lisme est confron­té morts ! » aux fausses ru­meurs qui com­mencent Le temps de tra­ver­ser la cou­lée à af­fluer: prise d’otages par­ci. verte, les voi­là prises dans la foule. Échange Le cô­té gauche de tirs par de la place là. « On est Mas­sé­na, lui,

La vie tient à un in­ter­ve­nu na­tu­rel­le­ment, est éva­cué en fil. On va à un feu une mi­nute par avec un pe­tit la po­lice. «Au

d’ar­ti­fice et on fré­mis­se­ment dé­but, on est quand n’en re­vient pas ” res­tées im­mo­biles. on nous in­di­quait La foule qui des tirs. Mais c’était tou­jours ar­rive en cou­rant, ça fait un drôle des fausses in­fos, des ru­meurs» ,dé­clare d’ef­fet. Et puis on se re­trouve en­traî­nées, un jeune pom­pier en sueur. pous­sées, ra­conte Ma­rieF­rance. Loin de Gam­bet­ta. Dans un sec­teur J’ai re­çu un coup as­sez violent qui n’a pas eu l’hor­reur de d’une pous­sette au mol­let. Mais croi­ser le ca­mion de La­houaiej dans ce cas-là, pas le temps de se Bouh­lel, Ma­rie-France, Va­roise de mas­ser. On ne s’ar­rête pas.» 70 ans, et Al­berte, Ni­çoise du même âge, sont fé­briles. Elles pas­saient de­vant l’hô­tel Beau Ma­rie-France en­vi­sa­geait de se rendre au feu d’ar­ti­fice seule. Cô­té West­mins­ter. Al­berte lui a fi­na­le­ment pro­po­sé de l’ac­com­pa­gner… et de pré­fé­rer le quai des ÉtatsU­nis. « Elle m’a peut-être sau­vé la vie», glisse Ma­rie-France, re­con­nais­sante en­vers Al­berte. Al­berte, dont le ma­ri est dé­cé­dé dans des cir­cons­tances tra­giques en 2010, écra­sé par un bal­con. Un drame qui avait mar­qué les Ni­çois. Alors, hier, Al­berte sait de quoi elle parle quand elle confie à son amie : «La vie tient à un fil. On va à un feu d’ar­ti­fice et on ne re­vient pas.» Alors que la confu­sion règne, Ch­ris­to­pher, mé­tho­di­que­ment, conti­nue son oeuvre: «Je vois des gens pleu­rer. Par­tout. De toutes les na­tio­na­li­tés, de toutes les re­li­gions. Je les ai pris dans mes bras. Cer­tains sont morts de­vant nous.» Le temps et les mi­nutes s’égrènent. Comme si l’apo­ca­lypse ne suf­fi­sait pas, les pom­piers sont re­quis si­mul­ta­né­ment sur d’autres fronts, in­cen­diaires ceux-là: feu à la Ma­de­leine, feux de pou­belles à Ri­quier, barge d’ar­ti­fice en­flam­mée… Pen­dant ce temps, rue de France, ru­meurs, tou­jours ru­meurs, les po­li­ciers sont à cran. Ti­reur em­bus­qué ? Com­plices du meur­trier qui vient d’être abat­tu re­pé­rés ? Les forces de l’ordre, arme au poing font dé­ga­ger toutes les ar­tères au­tour de la villa Mas­sé­na et du Ne­gres­co. Quitte à faire peur. Ça marche ! Les pas­sants ne s’at­tardent pas et dé­talent à toutes jambes. Sur con­seil du co­lo­nel Ri­quier du SDIS 06, c’est au mi­lieu de la zone meur­trie, au bas de Gam­bet­ta, en per­pen­di­cu­laire, qu’un poste de com­man­de­ment est éta­bli. Stra­té­gique, l’en­droit per­met l’ac­cès et l’éva­cua­tion ra­pide des vé­hi­cu­les­vers le nord. Dans le même temps le High club, d’or­di­naire temple de la nuit et de la fête, est ré­qui­si­tion­né pour faire of­fice de poste mé­di­cal avan­cé. Le Pa­lais de la Mé­di­ter­ra­née où le ca­mion est ar­rê­té, l’est aus­si pour faire le point de re­grou­pe­ment des vic­times.

A deux pas du Ne­gres­co, le bal­let in­ces­sant des se­cours.

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