Pour­quoi l’iden­ti­fi­ca­tion des vic­times est-elle si lente ?

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Attentat à Nice - GRÉ­GO­RY LE­CLERC gle­clerc@ni­ce­ma­tin.fr

Jus­tine est la « han­tise » des tech­ni­ciens d’iden­ti­fi­ca­tion cri­mi­nelle. Cette jeune femme de  ans avait été abat­tue sur la ter­rasse du Pe­tit Cam­bodge au soir du  no­vembre  à Pa­ris. Sur in­di­ca­tion des au­to­ri­tés, ses pa­rents veille­ront alors un corps qui n’était pas ce­lui de leur fille... La tête était en ef­fet re­cou­verte d’un ban­dage. La ter­rible confu­sion n’a été dé­cou­verte que quatre jours plus tard par les ser­vices des Hô­pi­taux de Pa­ris. Jus­tine Mou­lin était bien morte, mais son corps re­po­sait ailleurs. Voi­là donc ce qui hante l’uni­té char­gée, dans l’at­ten­tat de Nice, de l’iden­ti­fi­ca­tion des corps. « C’est un pro­ces­sus scien­ti­fique dans le­quel a moindre er­reur est tra­gique », a sou­li­gné Ju­liette Méa­del, se­cré­taire d’État aux vic­times. Jenny, ma­man d’une jeune fille de Saint-Laurent-du-Var bles­sée dans l’at­ten­tat du Ba­ta­clan, sug­gère une so­lu­tion pour ac­cé­lé­rer le pro­ces­sus en cas de drame : « Por­ter sur soi en per­ma­nence une pe­tite po­chette avec des pho­to­co­pies de pa­piers d’iden­ti­té. » Éric Ciot­ti, in­ter­pel­lé par de nom­breuses fa­milles de dis­pa­rus sur la Pro­me­nade, s’est tou­te­fois ému à plu­sieurs re­prises de cette len­teur au­près du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Pa­ris, Fran­çois Mo­lins. C’est lui qui cen­tra­lise et dé­livre le per­mis d’in­hu­mer. « Les fa­milles de vic­times, qui at­tendent des nou­velles de leurs proches dis­pa­rus, sont main­te­nues dans une at­tente in­sup­por­table. Il m’as­su­rait

que tout se­rait fait pour rac­cour­cir les

dé­lais », pré­cise Éric Ciot­ti. Chaque jour de­puis l’at­ten­tat, une com­mis­sion se réunit à Nice pour faire le point sur les iden­ti­fi­ca­tions. Elle est com­po­sée de spé­cia­listes de dif­fé­rents do­maines scien­ti­fiques, en pré­sence de l’au­to­ri­té ju­di­ciaire. Le but : faire « mat­cher » deux ca­té­go­ries d’élé­ments. D’un cô­té ceux re­mis par les fa­milles, comme un dos­sier mé­di­cal ou de l’ADN pré­le­vé sur des brosses à dents. De l’autre des élé­ments post­mor­tem re­cueillis par la suite à l’aide d’exa­mens ex­ternes, de scan­ners, etc. Le pro­ces­sus mé­di­co-lé­gal per­met éga­le­ment de connaître les causes de la mort. Hier, seuls  corps avaient ain­si été for­mel­le­ment iden­ti­fiés. Treize au­top­sies ont dé­jà été re­quises pour le­ver le doute sur la cause du dé­cès. Une di­zaine de per­mis d’in­hu­mer de­vaient être dé­li­vrés hier aux fa­milles, a an­non­cé le par­quet de Pa­ris.

(Ph. J.-S. G.-A.)

Sur la Prom’, les corps de cer­taines vic­times sont res­tés plu­sieurs heures d’être en­le­vés.

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