Alain Bauer : « C’est de la haine ma­quillée »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Attentat à Nice - GUI. B. gui­ber­to­li­no@ni­ce­ma­tin.fr

« Daesh ne s’ap­pro­prie pas un acte ter­ro­riste dont il n’est pas stric­to sen­su à l’ori­gine ». Pour Alain Bauer, pro­fes­seur de cri­mi­no­lo­gie ap­pli­quée au Conser­va­toire na­tio­nal des arts et mé­tiers et consul­tant en sé­cu­ri­té fran­çais, le mas­sacre du 14 Juillet « n’est pas l’oeuvre d’un ra­di­ca­li­sé ex­press. D’ailleurs ce­la n’existe pas. C’est de la haine ma­quillée. Pour preuve, il n’a pas crié “Al­la­hu Ak­bar” que je sache. On n’a pas non plus trou­vé le pe­tit dra­peau noir de Daesh dans le ca­mion...»

Néan­moins, sur la re­ven­di­ca­tion de l’État is­la­mique

le spé­cia­liste est clair : « Ce n’en n’est pas une. Daesh ne re­ven­dique que les ac­tions des Lions du ca­li­fat. Terme ré­ser­vé aux ter­ro­ristes té­lé­gui­dés dès le dé­part par l’or­ga­ni­sa­tion. Al-Qaï­da fonc­tionne de la même fa­çon. Par exemple, l’ac­tion de Nem­mouche à Bruxelles n’a ja­mais été re­ven­di­quée. Quand on parle de sol­dat du ca­li­fat, ce­la per­met à Daesh d’ap­prou­ver plus vite une ac­tion qui a res­pec­té les modes d’ac­tion qu’elle a prô­nées ». Pour le cri­mi­no­logue, il ne faut pas grand-chose pour être « éle­vé » au rang de sol­dat : « Un mail, un coup de fil, un tex­to peuvent faire guise d’al­lé­geance ». Quant au mode d’ac­tion : « Elle a fait un maxi­mum de dé­gâts, de morts en su­bis­sant le moins de perte. C’est la stra­té­gie des pi­qûres de mous­tiques qui ex­citent le lion... »

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