Der­nières ré­vé­la­tions sur la vie de Mo­ha­med La­houaiej-Bouh­lel

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Attentat à Nice - ÉRIC GALLIANO egal­lia­no@ni­ce­ma­tin.fr ET GRÉ­GO­RY LE­CLERC gle­clerc@ni­ce­ma­tin.fr

Se­lon nos in­for­ma­tions, Mo­ha­med La­houaiej-Bouh­lel au­rait pré­tex­té un dé­mé­na­ge­ment à Tou­louse pour jus­ti­fier de la lo­ca­tion de son ca­mion. Il au­rait confié son pro­jet à plu­sieurs té­moins. Il au­rait éga­le­ment pré­ten­du avoir des connais­sances dans la Ville rose. Une ci­té éga­le­ment connue pour avoir été le théâtre d’un drame ma­jeur, avec les tue­ries per­pé­trées en 2012 par Mo­ham­med Me­rah. Le tueur a en­suite loué un 19 tonnes.

Équi­pé de mou­chards

Un mo­dèle neuf ou très ré­cent, qui ve­nait d’in­té­grer la flotte de vé­hi­cules de l’agence Via Lo­ca­tion de Saint-Laurent-du--Var. Ce n’était pas une ver­sion fri­go­ri­fique. Il a pour ce­la for­cé­ment dû lais­ser une cau­tion de près de 3300 eu­ros, c’est ce que ré­clame la so­cié­té Via Lo­ca­tion pour un tel vé­hi­cule, se­lon le ma­ga­zine Chal­lenges. Un per­mis de conduire et une carte pro­fes­sion­nelle lui suf­fi­saient pour ce­la. Se­lon nos in­for­ma­tions, ce poids lourd, de fac­ture ré­cente, se­rait équi­pé de deux mou­chards. Un sur le ca­mion. Et un autre, ap­pe­lé « carte ta­chy­graphe ». Cel­le­ci, per­son­nelle à chaque conduc­teur, cer­ti­fie chaque ins­tant de son temps de tra­vail : conduite, re­pos, sta­tut de conduite, seul ou en équi­page. Les en­quê­teurs ont vrai­sem­bla­ble­ment dé­jà étu­dié ces don­nées qui de­vraient leur per­mettre de connaître les dé­pla­ce­ments du tueur avec son ca­mion.

« Ner­veux » et « tête en l’air »

Ce sont sans doute ces « tra­ceurs » et les images de vi­déo sur­veillance de la ville qui ont per­mis de dé­ter­mi­ner que le ter­ro­riste avait fait des re­pé­rages sur la pro­me­nade des An­glais les 12 et 13 juillet. Une ap­pli­ca­tion « pro­fes­sion­nelle » qui ne lui res­semble guère. Dans l’en­tre­prise de trans­port qui l’em­ployait, dans la plaine du Var, on le dé­crit comme un homme

« par­fois ner­veux » et sou­vent «tê­teenl’air». «Du genre à ou­blier les clés de contact sur son ca­mion, ou les feux al­lu­més. Il fal­lait ré­gu­liè­re­ment re­char­ger les bat­te­ries de son vé­hi­cule. » Mo­ha­med La­houaiej-Bouh­lel n’a en tout cas pas ou­blié de ré­gu­la­ri­ser l’as­su­rance sco­laire de ses trois en­fants âgés de 6, 4 et 1 an. C’est la der­nière tran­sac­tion en­re­gis­trée sur le compte ou­vert à Car­re­four Bank par le tueur en 2011. Mais, il est vrai qu’il avait chan­gé.

Un vi­re­ment in­ti­tu­lé « is­lam »

Comme semble en té­moi­gner le pré­cé­dent vi­re­ment de 24 eu­ros, ef­fec­tué le 6 juillet, jour de l’Aïd mar­quant la fin du ra­ma­dan pour les mu­sul­mans, vers un site In­ter­net et qui ap­pa­raît sur les re­le­vés sous l’in­ti­tu­lé « Is­lam ». Mo­ha­med La­houaiej-Bouh­lel, jusque-là si peu pra­ti­quant, s’était ma­ni­fes­te­ment da­van­tage tour­né vers la re­li­gion ces der­niers mois. Ber­nard Ca­ze­neuve a évo­qué une « ra­di­ca­li­sa­tion très

ra­pide ». Mais néan­moins ex­trême. Le disque dur de son or­di­na­teur en at­teste. Avant de pas­ser à l’acte, le tueur avait consul­té des sites de pro­pa­gande dji­ha­diste qui, sur l’his­to­rique de ses consul­ta­tions In­ter­net, avait rem­pla­cé les sites pour adultes. Il avait aus­si ar­rê­té de boire. Peut-être même ne tou­chai­til plus à la drogue. Ha­schich, voire co­caïne, jusque-là, Mo­ha­med La­houaiej-Bouh­lel ne di­sait pas non. L’aper­çu de ses fré­quen­ta­tions, que donnent les huit in­ter­pel­la­tions réa­li­sées dans son en­tou­rage, le prouve. « Cet homme évo­luait dans un uni­vers de toxi­co­manes plus que de dji­ha­distes », lâche une souce proche de l’en­quête.

(DR)

Drogue, al­cool ou sites pour adultes, Mo­ha­med La­houaiej-Bouh­lel ne s’in­ter­di­sait rien.

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