Pa­lais-Bour­bon : l’état d’ur­gence va être pro­lon­gé de six mois

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Attentat a Nice -

Cinq jours après l’at­ten­tat de Nice, l’As­sem­blée na­tio­nale de­vrait pro­lon­ger, hier soir, l’état d’ur­gence de six mois, le gou­ver­ne­ment sa­tis­fai­sant une de­mande d’une par­tie de la droite, dans un cli­mat po­li­tique en­core ten­du. Adop­té lors du Conseil des mi­nistres le ma­tin, le pro­jet de loi pro­ro­geant l’état d’ur­gence était exa­mi­né dans la soi­rée au Pa­lais-Bour­bon. Pré­vue parle gou­ver­ne­ment pour trois mois, la pro­lon­ga­tion se­ra por­tée à six mois (jus­qu’à fin jan­vier 2017 donc), comme le ré­cla­mait une par­tie de la droite, se­lon le texte adop­té dans l’après-mi­di en com­mis­sion avec des amen­de­ments iden­tiques PS et LR. En dé­pla­ce­ment à Lis­bonne pour évo­quer les suites du Brexit, le chef de l’État s’est dit «ou­vert» à cette de­mande. Il a une nou­velle fois ap­pe­lé à l’ uni­té en sou­li­gnant :« Les ter­ro­ristes veulent nous di­vi­ser, nous mon­ter les uns contre les autres. » « Je dois dire aux Fran­çais qu’ils doivent vivre [...], nous ne met­tons pas un ge­nou à terre », a aus­si lan­cé le pré­sident de la Ré­pu­blique de­vant la com­mu­nau­té fran­çaise au Por­tu­gal. Manuel Valls, hué à Nice lun­di, a dé­fen­du lui-même cette qua­trième pro­lon­ga­tion de­vant les dé­pu­tés hier soir : « L’état d’ur­gence, c’est de la ré­ac­ti­vi­té, de l’ef­fi­ca­ci­té dans le cadre de notre état de droit, ce n’est pas l’aban­don de l’état de droit [...]. L’état d’ur­gence est une ré­ponse puis­sante contre le ter­ro­risme. De­puis le 13 no­vembre 2015, il a dé­mon­tré son uti­li­té opé­ra­tion­nelle. » Le re­cord de du­rée, sans in­ter­rup­tion, de ce ré­gime d’ex­cep­tion en vi­gueur de­puis les at­ten­tats du 13 no­vembre, est d’ores et dé­jà bat­tu (près de huit mois pen­dant la guerre d’Al­gé­rie). Hier soir, à l’heure où nous met­tions sous presse, le sus­pense était as­sez faible sur l’is­sue du vote : la droite ne pou­vait « pas ne pas vo­ter pour l’état d’ur­gence », se­lon le pa­tron des dé­pu­tés LR Ch­ris­tian Ja­cob. Point de sus­pense non plus au Front de gauche, ma­jo­ri­tai­re­ment op­po­sé à cette pro­lon­ga­tion se­lon son chef de file à l’As­sem­blée An­dré Chas­saigne, «in­quiet» des conces­sions faites à la droite. Le pro­jet de loi va éga­le­ment ré­ta­blir les per­qui­si­tions ad­mi­nis­tra­tives et per­mettre, c’est une nou­veau­té, d’ex­ploi­ter les don­nées des or­di­na­teurs et té­lé­phones sai­sis.

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