Froome peut-il trem­bler ?

Avec l’ar­ri­vée du pe­lo­ton dans les Alpes, le maillot jaune de la Sky, Ch­ris Froome de­vrait être en­fin at­ta­qué par ses pré­ten­dants. Quatre étapes en mon­tagne avant l’ar­ri­vée à Pa­ris...

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports - FAB. P.

ABerne, lun­di, lors de l’ar­ri­vée de la 16e étape ré­ser­vée aux pun­cheurs et en­le­vée par le très en forme Pe­ter Sa­gan, le maillot jaune Ch­ris Froome est res­té jus­qu’au bout aux avant-postes avec une té­na­ci­té dé­con­cer­tante. « C’était pour évi­ter les cas­sures »,

avait-il ras­su­ré à l’ar­ri­vée. Vous l’au­rez com­pris, de­puis le dé­but, le Bri­tan­nique n’a ces­sé de mon­trer ses biscotos à de­mi-bron­zés. Que ce soit sur le plat comme avan­thier ; en des­cente lors de son im­pres­sion­nant nu­mé­ro d’équi­li­briste dans le col de Pey­re­sourde (où il rem­por­tait la 8e étape à Ba­gnè­resde-Lu­chon et en­fi­lait le maillot jaune) ; voire à pied, quand il grap­pillait des se­condes en cou­rant sur les ta­lons dans le Ven­toux !

« Une course par éli­mi­na­tion »

Si bien qu’après quinze jours de course, le di­rec­teur spor­tif de la Mo­vis­tar, Jo­sé Luis Ar­rie­ta, avouait aux sui­veurs du Tour qu’il n’avait vu jusque-là « au­cune porte en­trou­verte » pour ten­ter de faire va­ciller le pa­tron de la Sky. Ain­si, ni Quin­ta­na, ni Val­verde s’y sont ten­tés. Seul le Fran­çais Ro­main Bar­det a fait preuve jusque-là d’un brin de pa­nache. En vain.

En se­ra-t-il dif­fé­rem­ment dans les Alpes ? Et dès au­jourd’hui à l’is­sue des 184 km qui sé­parent Berne et Fin­haut-Emos­son ? Pro­ba­ble­ment. À moins que l’idée d’une place sur le po­dium à Pa­ris n’an­ni­hile toute am­bi­tion de ré­vo­lu­tion dans le pe­lo­ton. « Le ni­veau est très haut sur ce Tour de France en termes de vi­tesse as­cen­sion­nelle, confirme

Bar­det (6e à 4 mi­nutes). Je ne pense pas que tout le monde puisse te­nir ce rythme dans les quatre étapes de mon­tagne, ça va être for­cé­ment une course par éli­mi­na­tion. Il fau­dra être fort psy­cho­lo­gi­que­ment, se dire qu’il y au­ra au moins une fe­nêtre et qu’il fau­dra être pré­sent. Car il se peut qu’il y ait une seule étape où il y au­ra vrai­ment des écarts».

« Nous guet­tons ce jour... »

« Froome a tou­jours une jour­née de moins bien, et nous

guet­tons ce jour », confiait à de­mi-mot au mi­cro d’RMC l’un des boss de la Mo­vis­tar. Le pro­blème, c’est que lorsque Froome semble (on dit bien “semble”) pé­da­ler un peu dans la se­moule, il peut comp­ter sur ses équi­piers. Que ce soit Ge­raint Tho­mas, Ser­gio He­nao, Mi­kel Nieve ou en­core et sur­tout Wout Poels. En 2012, sur les mêmes routes du Tour, le Néer­lan­dais lais­sait dans une chute sa rate, son pou­mon et un rein. Au­jourd’hui, le voi­là qua­si res­sus­ci­té, vé­ri­table lo­co­mo- tive de la Sky, em­pê­chant qui­conque d’at­ta­quer son lea­der en im­pri­mant un train d’en­fer. La dream team tien­dra-t-elle la dis­tance ? Dans les voi­tures des di­rec­teurs spor­tifs on se pose la ques­tion. Le col de For­claz (13km à 8% de moyenne) pré­cé­dant l’ar­ri­vée au som­met à Fin­haut-Emos­son (10,4 km à 8,4%) de­vrait être le ter­rain des grandes ma­noeuvres. Pas­sée cette es­ca­lade cet après-mi­di, il ne res­te­ra plus qu’un contre-la-montre de 17 km en mon­tée de­main et quelques cimes à gra­vir. Au me­nu ven­dre­di la Mon­tée de Bi­sanne (12,4 km à 8,2%) et l’ar­ri­vée à Saint-Ger­vais Mont-Blanc (9,8 km à 8%) puis sa­me­di di­rec­tion Mor­zine (col de la Ra­maz 13,9 km à 7%, et col de Joux Plane 11,6 km à 8,5%). Co­pieux mais pas étouf­fant. Sur­tout quand on sait que di­manche, c’est Pa­ris qui at­tend le maillot jaune. Froome a dé­jà payé sa bou­teille de cham­pagne en 2013 et 2015. Et tout laisse à croire que celle de 2016 est dé­jà bien au frais.

(Pho­to AFP)

Ciel bleu pour Froome.

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