« Es­sayer quelque chose »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports -

Nous es­saie­rons de faire quelque chose dès la pro­chaine étape », a dé­cla­ré hier Eu­se­bio Un­zue, le ma­na­ger de Mo­vis­tar, l’équipe de Nai­ro Quin­ta­na lan­cée à la pour­suite du maillot jaune Ch­ris Froome à 5 jours de l’ar­ri­vée à Pa­ris. L’équipe es­pa­gnole n’ex­clut pas une al­liance avec d’autres for­ma­tions, no­tam­ment As­ta­na et son lea­der ita­lien Fa­bio Aru, « un homme de troi­sième se­maine ».

Pour­quoi Nai­ro Quin­ta­na n’a-t-il pas plus at­ta­qué Ch­ris Froome jus­qu’ici ? Pour at­ta­quer, il faut d’abord avoir la force dans les jambes. Nai­ro était bien mais jus­qu’ici ce­la n’a pas été pos­sible. On l’a bien vu dans le Ven­toux. Hor­mis un peu Ale­jan­dro (Val­verde) et Aru l’autre jour, c’est dif­fi­cile d’at­ta­quer Froome quand il est avec un de ses co­équi­piers. Par­ti­cu­liè­re­ment Poels, qui im­pose un tel rythme sur la course que c’est dif­fi­cile de l’at­ta­quer. L’an­née der­nière, Poels a été le cou­reur clé dans la vic­toire de Froome et cette an­née, il a en­core pro­gres­sé. Ce qu’il a fait dans le Mont Ven­toux est in­croyable. Il a été ma­gni­fique.

L’échec de l’at­taque dans le Mont Ven­toux a-t-il été dur à di­gé­rer pour Nai­ro Quin­ta­na? C’était im­pos­sible de faire mieux. S’il avait été dans le fi­nal, ce­la au­rait chan­gé quelque chose. Mais vous avez vu que les dif­fé­rences entre les meilleurs sont très minces, à la dif­fé­rence des autres an­nées. Re­gar­dez Froome: il prend tou­jours de l’avance dans le pre­mier, le deuxième jour de mon­tagne. Cette an­née, il prend seule­ment  se­condes à Pey­re­sourde,  au Mont Ven­toux. Ce n’est qu’au contre-la-montre qu’il a fait son grand nu­mé­ro, dans une épreuve où il a d’ex­cel­lentes dis­po­si­tions.

On sent un peu d’abat­te­ment chez Mo­vis­tar... La vic­toire fi­nale est-il en­core pos­sible? J’es­saye d’être réa­liste. Jus­qu’ici, Froome a été le plus fort, le plus ré­gu­lier. Il a fait la dif­fé­rence dans le contre-la-montre. Et après, c’est son équipe qu’il n’a pas été pos­sible de mettre en dif­fi­cul­té. Il y avait tou­jours un cou­reur à cô­té de lui, sur­tout Poels. Par chance, le cy­clisme est un sport à re­bon­dis­se­ments. Même avec des équipes très fortes et des lea­ders très so­lides, il suf­fit d’un mau­vais jour, de la cha­leur... et ça donne des courses in­croyables.

Il reste quatre étapes de mon­tagne. Sur la­quelle al­lez-vous vous fo­ca­li­ser? Sa­me­di se­ra l’étape la plus dif­fi­cile, mais la dif­fi­cul­té se­ra par­tout et pour plu­sieurs rai­sons. De­main (au­jourd’hui) aus­si, en rai­son du jour de re­pos, qui donne par­fois des sur­prises le len­de­main. Et parce que le fi­nal est un col de  km avec une pente douce au mi­lieu. L’étape de ven­dre­di ne semble pas a prio­ri trop dure mais, à la vi­tesse à la­quelle ils vont rou­ler dans les Alpes, elle peut se mon­trer sé­lec­tive. Mor­zine en­fin, c’est la plus dure. Tout le monde y ar­ri­ve­ra après tous ces ef­forts sur l’en­semble de ce Tour, sur­tout après ces quatre étapes de grande dif­fi­cul­té. Ce se­ra la der­nière oc­ca­sion. Mais nous es­saie­rons de faire quelque chose dès de­main (au­jourd’hui).

Avez-vous pen­sé à faire une al­liance an­ti-Sky avec d’autres for­ma­tions? As­ta­na ne s’est pas mon­trée trop agres­sive jus­qu’ici mais Aru est un homme de troi­sième se­maine et je crois vrai­ment que nous pou­vons nous en­tendre sur des ob­jec­tifs com­muns.

Nai­ro Quin­ta­na s’est plaint plu­sieurs fois cette deuxième se­maine, no­tam­ment vis-à-vis de l’or­ga­ni­sa­tion. Cette at­ti­tude né­ga­tive n’es­telle pas une fai­blesse? Il a été sur­pris, comme nous, des risques pris pour pas­ser dans cer­taines villes, qui donnent un stress in­croyable à tout le pe­lo­ton. Pour le reste, il était content du par­cours. Le pro­blème, c’est Froome. Mais il es­père que son mo­ment ar­ri­ve­ra. Il a pas­sé une deuxième se­maine très dan­ge­reuse en rai­son du vent, des condi­tions cli­ma­tiques. Il a été très bien à cô­té de Froome à Ar­ca­lis, il n’a pas été le Nai­ro brillant des grandes oc­ca­sions sur le Mont Ven­toux, mais nous es­pé­rons que ce­la change cette se­maine.

(Pho­to AFP)

Nai­ro Quin­ta­nan est le lea­der de l’équipe Mo­vis­tar.

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