Ouest-Var: une balle dans la tête et six mois de pri­son avec sur­sis

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Var - E. M.

Fré­dé­ric T. a été condam­né hier par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Toulon à une peine de six mois de pri­son avec sur­sis. Ce qua­dra­gé­naire, qui s’est pré­sen­té sans avo­cat, était pour­sui­vi pour « dé­ten­tion non au­to­ri­sée d’arme de ca­té­go­rie B ». L’in­frac­tion avait été consta­tée dans des cir­cons­tances sur­pre­nantes. En juillet 2015, le pré­ve­nu s’était pré­sen­té à l’hô­pi­tal Sainte-Musse de Toulon avec un trou dans la tête. Dans un pre­mier temps, Fré­dé­ric T. avait dé­cla­ré s’être bles­sé avec un tour­ne­vis. Sans convaincre le per­son­nel soi­gnant qui a aler­té les forces de l’ordre. Il s’agis­sait d’une bles­sure par balle, un pro­jec­tile de ca­libre 22 long rifle. Une per­qui­si­tion opé­rée à son do­mi­cile dans l’OuestVar a per­mis de mettre au jour un re­vol­ver. Fré­dé­ric T. avait alors dé­si­gné une connais­sance comme étant le vé­ri­table pro­prié­taire de l’arme : « Il me l’a pas­sée en me di­sant qu’elle avait un dé­faut à la gâ­chette », a-t-il ré­pé­té à la barre du tri­bu­nal af­fir­mant avoir été sol­li­ci­té pour ré­pa­rer ce pis­to­let. Cette vague connais­sance, un Sey­nois âgé de 29 ans, était donc éga­le­ment pour­sui­vie de­vant la ju­ri­dic­tion tou­lon­naise: «Cette arme ne m’a ja­mais ap­par­te­nu, quand je suis al­lé chez lui elle était vi­sible, je lui ai de­man­dé si je pou­vais la [tou­cher] », a sou­li­gné le co­pré­ve­nu pour jus­ti­fier la pré­sence de son ADN sur les in­dices. Il a été re­laxé par le tri­bu­nal. Le tri­bu­nal s’est aus­si in­ter­ro­gé sur les condi­tions de l’ac­ci­dent. Après avoir ten­té de l’ex­pli­quer, au cours de l’en­quête, par une ten­ta­tive de sui­cide, puis par «le coup qui part tout seul pen­dant la nuit » (lire nos édi­tions du 11 juillet), Fré­dé­ric T. a li­vré une nou­velle ver­sion hier : « J’al­lais pour net­toyer l’arme, je l’ai po­sé sur la table pour prendre des trucs dans une ar­moire, j’ai fait bou­ger la table et le coup est par­ti... » Le tri­bu­nal a fi­ni par renoncer à ob­te­nir une ex­pli­ca­tion fiable. « Vous nous ra­con­tez n’im­porte quoi », s’est aga­cé le pré­sident du tri­bu­nal, n’ob­te­nant qu’un haus­se­ment d’épaules comme ul­time ré­ponse. Le « mys­tère de la balle vo­lante », se­lon l’ex­pres­sion du mi­nis­tère pu­blic, reste donc en­tier.

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