Af­faire Ta­pie : La­garde se­ra ju­gée pour « né­gli­gence »

La Cour de cas­sa­tion a va­li­dé, hier, le ren­voi en pro­cès de Ch­ris­tine La­garde dans la ges­tion de l’ar­bi­trage Ta­pie. Em­bar­ras­sante pers­pec­tive pour la di­rec­trice du FMI

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France -

L’an­cienne mi­nistre fran­çaise, qui vient d’en­ta­mer un se­cond man­dat à la tête du Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nal (FMI), se trouve dans une si­tua­tion peu confor­table. La Cour de cas­sa­tion a va­li­dé, hier, le ren­voi en pro­cès de Ch­ris­tine La­garde pour « né­gli­gence » dans la ges­tion de l’ar­bi­trage Ta­pie. L’an­cienne mi­nistre de l’Éco­no­mie (2007-2011) de Ni­co­las Sar­ko­zy de­vra com­pa­raître, dans des dé­lais pour l’ins­tant in­con­nus, de­vant la Cour de jus­tice de la Ré­pu­blique (CJR), qui juge les dé­lits com­mis par les membres d’un gou­ver­ne­ment dans l’exer­cice de leurs fonc­tions. Le dé­lit de « né­gli­gence » est pas­sible d’une peine al­lant jus­qu’à un an de pri­son et 15000 eu­ros d’amende.

La Cour de cas­sa­tion « ne tranche pas le fond »

Dans son ar­rêt, la Cour de cas­sa­tion es­time que la com­mis­sion d’ins­truc­tion de la CJR, qui l’avait ren­voyée en dé­cembre en pro­cès, avait « jus­ti­fié » sa dé­ci­sion quand elle avait re­le­vé que Ch­ris­tine La­garde avait « com­mis des né­gli­gences » et es­ti­mé que « ces fautes » avaient « ren­du pos­sible » un « dé­tour­ne­ment de fonds pu­blics », en l’es­pèce les 404 mil­lions d’eu­ros ac­cor­dés en 2008 à Ber­nard Ta­pie par un tri­bu­nal ar­bi­tral. La haute ju­ri­dic­tion, qui a sui­vi les ré­qui­si­tions du mi­nis­tère pu­blic, a sou­li­gné qu’il ne lui ap­par­te­nait « pas d’ap­pré­cier la va­leur des charges » à l’en­contre de Ch­ris­tine La­garde.

La Cour de cas­sa­tion «ne

tranche pas le fond », a rap­pe­lé son

avo­cat Pa­trick Mai­son­neuve. « Nous au­rons un dé­bat sur la ques­tion de la res­pon­sa­bi­li­té de Mme La­garde de­vant la Cour de jus­tice de la Ré­pu­blique. Je suis en­tiè­re­ment convain­cu [...] que cette der­nière écar­te­ra toute res­pon­sa­bi­li­té » de l’ex-mi­nistre, a-t-il ajou­té, as­su­rant qu’elle avait dé­ci­dé de re­cou­rir à l’ar­bi­trage plu­tôt qu’à la jus­tice or­di­naire « dans une bonne foi ab­so­lu­ment

évi­dente ». L’ar­bi­trage, qui de­vait mettre un terme au li­tige vieux de plus de 20 ans entre l’an­cien pa­tron de l’Olym­pique de Mar­seille et le Cré­dit lyon­nais sur la re­vente d’Adi­das en 1994, est au coeur de lourds soup­çons. Au ci­vil, la sen­tence a été an­nu­lée pour « fraude » par la cour d’ap­pel de Pa­ris, dé­ci­sion confir­mée par la Cour de cas­sa­tion. Ber­nard Ta­pie a été condam­né à rem­bour­ser les sommes per­çues.

(Pho­to EPA/MAXPPP)

Dans leur ar­rêt de ren­voi, les ma­gis­trats de la CJR es­ti­maient que Ch­ris­tine La­garde avait fait preuve «d’une pré­ci­pi­ta­tion et d’une lé­gè­re­té consti­tu­tives de graves né­gli­gences de la part d’un mi­nistre char­gé de la conduite des af­faires de l’État ».

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