Par­fums : la nou­velle vie en rose...

Les mai­sons Christian Dior et Louis Vuit­ton s’ins­tallent à Grasse et en Pays de Fayence afin d’y dé­ve­lop­per la créa­tion de leurs par­fums. Une au­baine pour l’éco­no­mie lo­cale

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - Dos­sier : Vé­ro­nique GEORGES vgeorges@ni­ce­ma­tin.fr Pho­tos : Phi­lippe AR­NAS­SAN, Mi­chel JOHNER, V.G.

Re­tour aux sources pour les par­fums Christian Dior et nou­vel élan pour le mal­le­tier Louis Vuit­ton. Ces deux grandes mai­sons du groupe LVMH s’im­plantent du­ra­ble­ment à Grasse, où leurs créa­teurs par­fu­meurs vont tra­vailler sous le même toit, ce­lui des Fon­taines Par­fu­mées, une pro­prié­té si­tuée au coeur de la ville. Elles concourent ain­si à l’éco­no­mie lo­cale jusque dans le Pays de Fayence, où elles fa­vo­risent la plantation de fleurs à par­fum. Pa­ral­lè­le­ment, le châ­teau de la Colle Noire, an­cien do­maine de Christian Dior si­tué à Mon­tau­roux, de­vient un lieu de ré­cep­tion.

Com­ment ex­pli­quer cet in­té­rêt ?

Grasse, dé­ta­chée en 1860 du dé­par­te­ment du Var dont elle a été un temps le chef-lieu, est consi­dé­rée comme la ca­pi­tale mon­diale du par­fum. Son at­trac­ti­vi­té est donc na­tu­relle, d’au­tant que tous les sa­voir-faire sont sur place. C’est aus­si et sur­tout la ville où a gran­di Fran­çois De­ma­chy, le nez des par­fums Christian Dior, et où est né Jacques Ca­val­lier-Bel­le­trud, son al­ter ego chez Louis Vuit­ton. Le pre­mier est à l’ini­tia­tive de cette im­plan­ta­tion (lire ci-des­sous).

Quelles ré­per­cus­sions éco­no­miques?

Le ra­chat des deux pro­prié­tés et les tra­vaux ac­com­plis ont fait tra­vailler di­vers ac­teurs de la ré­gion. «Le choix s’est por­té, à qua­li­té égale, sur des en­tre­prises lo­cales », sou­ligne Jacques Ca­val­lier-Bel­le­trud, mon­trant la ma­gni­fique rampe d’es­ca­liers du fer­ron­nier Fa­bien Mes­si­na (Grasse) dans la bas­tide des Fon­taines Par­fu­mées. L’ar­chi­tecte pay­sa­giste Jean Mus, autre na­tif de Grasse éta­bli à Ca­bris, en a si­gné les jar­dins. À la Colle Noire, la ré­fec­tion des to­mettes a été confiée aux Terres des Launes (Sa­lernes), les ten­tures mu­rales et ta­pis­se­ries à Ca­the­rine Dar­tois, les pa­tines an­ciennes à Ber­na­dette et Vir­gi­nie Serre (Cal­lian), les dé­cors staff, mou­lures et sculp­tures à Jérémie Le­cuyer (Mou­gins). Pour y re­créer les jar­dins chers à Christian Dior, il a été fait ap­pel à Phi­lippe De­liau (Ca­de­net, Vau­cluse), avec la so­cié­té Fre­don Pay­sages (La Crau)… Ces deux opé­ra­tions re­pré­sentent des mil­lions d’eu­ros (les chiffres n’ont pas été com­mu­ni­qués).

Un re­nou­veau agri­cole ?

La culture des plantes à par­fum connaît un bel es­sor sur le ter­ri­toire. Carole Bian­ca­la­na, à Grasse, et Ar­melle Ja­no­dy, à Cal­lian, animent l’as­so­cia­tion Les Fleurs d’ex­cep­tion du Pays de Grasse, qui aide les pro­duc­teurs à s’ins­tal­ler et à par­ta­ger des va­leurs com­munes: celles du tra­vail bien fait, res­pec­tueux de l’en­vi­ron­ne­ment, sur un ter­roir mis en va­leur. Cer­tains vendent toutes leurs fleurs aux par­fu­meurs ou à des in­dus­triels qui tra­vaillent pour eux. Au­tant de terres agri­coles sau­vées du bé­ton...

À Mon­tau­roux, le châ­teau de la Colle Noire, an­cienne pro­prié­té de Christian Dior, a été en­tiè­re­ment ré­no­vé, jar­dins com­pris, dans l’es­prit du cou­tu­rier par­fu­meur.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.