Mu­nich : le ti­reur au­rait at­ti­ré ses vic­times via Fa­ce­book

En pi­ra­tant un compte, Da­vid Ali Son­bo­ly au­rait pro­po­sé aux in­ter­nautes de se rendre au McDo du centre com­mer­cial où s’est dé­rou­lée la fu­sillade en leur pro­po­sant des bons de ré­duc­tion

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Monde -

C’est une des pistes sur la­quelle tra­vaille la po­lice al­le­mande. Da­vid Ali Son­bo­ly, 18 ans, le jeune Ger­ma­noI­ra­nien au­teur de la fu­sillade qui a se­mé la pa­nique ven­dre­di soir et coû­té la vie à neuf per­sonnes, au­rait pré­mé­di­té son coup : il a at­ti­ré la plu­part de ses vic­times dans un piège en les in­ci­tant via Fa­ce­book à ve­nir dans un res­tau­rant McDo­nald’s de la ville pour y bé­né­fi­cier de ré­duc­tions. Hier, on ap­pre­nait que Da­vid Ali Son­bo­ly s’était don­né la mort et le corps re­trou­vé ven­dre­di vers 23 h 30 était bien le sien. Cette tue­rie a éga­le­ment fait éga­le­ment 16 bles­sés. D’après le mi­nistre de l’In­té­rieur Tho­mas de Mai­zière, il au­rait été vic­time dans le pas­sé de « har­cè­le­ment » de la part d’autres « jeunes de son âge ». « Nous par­tons du prin­cipe qu’il s’agit dans cette af­faire d’un acte clas­sique d’un forcené » pris d’une crise de fo­lie meur­trière ayant agi « sans mo­ti­va­tion po­li­tique », a dé­cla­ré, hier, à la presse le pro­cu­reur de Mu­nich, Tho­mas Stein­kraus-Koch.

Au­cun lien avec Daesh

« Il n’y a ab­so­lu­ment au­cun lien avec [le groupe] Etat is­la­mique », a ren­ché­ri le chef de la po­lice lo­cale, Hu­ber­tus An­drä. Iden­ti­fié comme Da­vid Ali Son­bo­ly, le tueur est né à Mu­nich, de pa­rents ve­nus en Allemagne à la fin des an­nées 1990 comme de­man­deurs d’asile et fré­quen­tait une école de la ville. Ven­dre­di, en dé­but de soi­rée, il a ou­vert le feu sur un groupe de per­sonnes dans un centre com­mer­cial et à proxi­mi­té. Il a en­suite été bles­sé par la po­lice puis s’est don­né la mort. Dans son sac à dos, les en­quê­teurs ont re­trou­vé en­vi­ron 300 mu­ni­tions, sug­gé­rant qu’il avait à l’ori­gine l’in­ten­tion de tuer un nombre en­core beau­coup plus im­por­tant de per­sonnes. La po­lice va de­voir aus­si dé­ter­mi­ner com­ment il a pu se pro­cu­rer son arme, un pis­to­let Glock de ca­libre 9 mm, ac­quis ma­ni­fes­te­ment illé­ga­le­ment car le nu­mé­ro de sé­rie était li­mé. Sur­tout, les en­quê­teurs ont éta­bli un « lien évident » avec le tueur nor­vé­gien An­ders Beh­ring Brei­vik, qui avait abat­tu 77 per­sonnes, des jeunes sur­tout, en 2011. Des do­cu­ments sur ce mas­sacre, et d’autres si­mi­laires, ont été re­trou­vés dans sa chambre. Un autre livre a re­te­nu l’at­ten­tion des en­quê­teurs : il est in­ti­tu­lé « La fo­lie meur­trière en tête, pour­quoi des éco­liers en viennent à tuer ».

Troubles psy­chia­triques

Is­su d’une fa­mille à l’ori­gine chiite, il semble qu’il se soit conver­ti à la re­li­gion chré­tienne, d’où son pré­nom Da­vid, se­lon le mi­nistre al­le­mand de l’In­té­rieur. Il a agi seul et pla­ni­fié son acte. Se­lon M. de Mai­zière, l’au­teur a pro­ba­ble­ment ten­du un piège aux vic­times après avoir « pi­ra­té » le compte Fa­ce­book d’une jeune fille : les vic­times se sont vu pro­mettre des bons de ré­duc­tion dans un fast-food du centre com­mer­cial. « Une ma­nière par­ti­cu­liè­re­ment sour­noise de pro­cé­der », a com­men­té le mi­nistre. Se­lon les au­to­ri­tés, il souf­frait en ef­fet de pro­blèmes psy­chia­triques et était « en cours de trai­te­ment ».

La plu­part des vic­times sont très jeunes, ado­les­cents et jeunes adultes. Par­mi elles fi­gurent trois Ko­so­vars, trois Turcs et un Grec.

(Pho­to EPA)

Des cen­taines de fleurs et de bou­gies ont été dé­po­sées, hier, de­vant l’en­trée du centre com­mer­cial à Mu­nich où s’est dé­rou­lée la tra­gé­die.

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