Bar­det bluf­fant !

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports -

Pour al­lier l’in­tel­li­gence et le ca­rac­tère, le per­fec­tion­nisme et le prag­ma­tisme, Ro­main Bar­det a illu­mi­né le bi­lan fran­çais du Tour    , qu’il a ter­mi­né hier à une place in­es­pé­rée, en dau­phin de Ch­ris Froome.

Ac­ca­blé par les mal­heurs qui ont tou­ché ses autres chefs de file, Na­cer Bou­han­ni (for­fait peu avant le dé­part), Pierre Rol­land (chute) et sur­tout Thi­baut Pi­not (ma­la­die), le cy­clisme fran­çais s’en est re­mis au jeu­neAu­ver­gnat, 25 ans. Son grand nu­mé­ro dans le fi­nal de l’étape de Saint-Ger­vais Mont Blanc a été sa­lué­dans son équipe AG2R La Mon­diale mais aus­si les autres for­ma­tions fran­çaises. Jusque-là, seul Bryan Co­quard était pas­sé tout près - à 2,8 cen­ti­mètres exac­te­ment - du suc­cès à l’ar­ri­vée à Li­moges. Les autres ten­ta­tives avaient échoué et le Tour sem­blait se di­ri­ger vers une édi­tion sans vic­toire fran­çaise, pour la troi­sième fois dans l’his­toi­rede la course. « Ce n’est pas for­cé­ment ré­vé­la­teur de la place que le cy­clisme fran­çais prend à l’éche­lon in­ter­na­tio­nal », a sou­li­gné Bar­det avec sa lu­ci­di­té cou­tu­mière. Sur­tout après un prin­temps éclai­ré par les vic­toires d’Arnaud Dé­ma­reàMi­lan-San­re­mo et la constance de Thi­baut Pi­not dans les courses par étapes (2e du Tour de Ro­man­die).

« Il y au­ra des édi­tions meilleures »

« Il y au­ra des édi­tions meilleures » , a pro­nos­ti­qué l’Au­ver­gnat de Brioude (Haute-Loire), dont la dé­marche, réa­liste, s’ap­puie tou­jours sur des élé­ments ob­jec­tifs. Lui-même est un « vrai prag­ma­tique » , se­lon l’ex­pres­sion de son père Phi­lippe, certes pas un rê­veur. Mais sa quête per­ma­nente d’amé­lio­ra­tion, son sens du per­fec­tion­nisme, ne peuvent que l’ame­ner très haut, dans des sphères où le jaune n’est plus un mi­rage. « On est loin de ce qui se fait de mieux dans le cy­clisme », es­time Bar­det, élé­ment mo­teur de la dy­na­mique en­traî­nant fa­vo­ra­ble­ment AG2R La Mon­diale de­puis plu­sieurs sai­sons. « En tout cas, on pro­gresse. On va de­ve­nir des out­si­ders sé­rieux, tant sur les sprints que les vraies clas­siques ou les courses par étapes » . De la deuxième à la pre­mière place dans le Tour, Bar­det le sait, le pas est géant. Il sup­pose, sauf dans le cas par­ti­cu­lier d’un ac­ci­dent ou d’une dé­faillance in­at­ten­due du maillot jaune dans les der­niers jours de course, une force col­lec­tive pour sup­por­ter un pré­ten­dant à la tu­nique de lea­der au gé­né­ral.

Ana­ly­ser ses er­reurs

« Il faut être plus fort » , convient Vincent La­ve­nu, le pa­tron de l’équipe sa­voyarde. C’es­tà­ce­prix, pour peu que la vi­gi­lance de la course soit ga­ran­tie par les contrôles an­ti­do­page de tous ordres (bio­lo­giques et mo­to­ri­sés), que Bar­det pour­ra vi­ser plus haut en­core, sans doute à moyen terme au vu de son jeune âge. « Je suis conscient de la dy­na­mique po­si­tive et de la chance que j’ai eu dans ce Tour. Je n’ai pas eu de chute cette an­née, pas de cre­vai­son au mau­vais­mo­ment » ,a sou­li­gné le Fran­çais, qui a aus­si pro­gres­sé dans sa­maî­trise de la course. Son ca­fouillage de l’étape reine du der­nier Dau­phi­né, quand il avait ter­gi­ver­sé entre deux op­tions (pri­vi­lé­gier l’étape ou le clas­se­ment gé­né­ral), est der­rière lui. « On ap­prend de ses er­reurs » , a sou­ri à ce su­jet Bar­det, dont l’une des forces tient dans sa ra­pi­di­té d’ana­lyse. Le cy­clisme fran­çais n’a plus qu’à es­pé­rer que Ju­lian Ala­phi­lippe, très pro­met­teur pour ses dé­buts dans le Tour, tire lui aus­si la le­çon de ses places d’hon­neur à ré­pé­ti­tion.

(Pho­tos AFP/EPA MaxPPP)

Ro­main Bar­det se glisse entre Ch­ris Froome et Nai­ro Quin­ta­na : une sa­crée per­for­mance ! Ça va­lait bien les fé­li­ci­ta­tions du “boss”.

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