Pao­lo Conte: « Au­jourd’hui, je peins plus que je ne chante... »

ENVOILÀ des ques­tions !

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - L'ete - RO­BERT YVON

PJazz à Juan ao­lo Conte porte dé­sor­mais sans com­plexe sa mous­tache. Abien­tôt 80 ans, ce­mo­nu­ment de la chan­son ita­lienne et du jazz trans­al­pi­na­don­né, sa­me­di soir, à Juan-les-Pins, un concer­tu­nique en France. Après l’al­bum Snob, il planche sur un nou­veau pro­jet. In­vi­té de Jazz à Juan, il compte bien « ne pas ou­blier la Côte d’Azur », qui l’a consa­cré dans les an­nées quatre-vingt après son tube It’s won­der­ful. For­mi­da­bleoui, mê­me­dans un au­treart: « Mais c’est vrai qu’au­jourd’hui je peins plus que je ne chante. »

Com­ment avez-vous vé­cu la ca­tas­trophe de Ni­ce­de­puis l’Ita­lie où vous vi­vez? Comme un cau­che­mar, comme une per­sonne sans ex­pli­ca­tion face à cette tra­gé­die. Im­mé­dia­te­ment, j’ai pen­sé: “Il ne faut pas lais­ser la France seule af­fron­ter ce­la. L’Eu­rope doit être unie, pas seule­ment pour une ques­tion d’ar­gent et de banque. Mais vrai­ment pour af­fron­ter ce genre de pro­blème: le ter­ro­risme”.

Est-ce que ces tra­gé­dies vous ins­pirent de nou­velles com­po­si­tions? Non, parce que la source de mon ins­pi­ra­tion c’est plu­tôt l’ima­gi­naire et la fan­tai­sie. Pas vrai­ment la réa­li­té.

C’est votre troi­sième ve­nue au Jazz à Juan, quels sou­ve­nirs avez­vous de cette scène? Je me sou­viens d’une an­née avec le vio­lo­niste Ivry Git­lis en . Nous avions eu cette chance de jouer en­semble. Pour moi, qui suis un grand fan­de­mu­sique clas­sique, c’était un grand mo­ment. La scène de Juan-les-Pins est un lieu sa­cré pour la mu­sique et pour les Ita­liens de la Côte d’Azur. C’est chez vous que sont nés les pre­miers fes­ti­vals de jazz en  avec des mu­si­ciens amé­ri­cains. De­puis, cette ré­gion a conti­nué de pro­gram­mer des ar­tistes de jazz du monde en­tier. Il fal­lait oser le faire.

Pour­tant vous ne vous con­si­dé­rez pas com­meun chan­teur de jazz, pour­quoi? Un jazz­man, c’est un mu­si­cien comme mon idole au pia­no: Fats Wal­ler. Cer­tains de mes fans disent que je me suis ins­pi­ré de son style pour jouer du pia­no. Moi, je suis un col­lec­tion­neur de disques de jazz. J’ai une col­lec­tion im­por­tante de  tours. Les en­re­gis­tre­ments des an­nées vingt et trente sont mes fa­vo­ris. Je vais vous faire rire, mais je les écoute en­core sur un gra­mo­phone de l’époque, vous sa­vez « La voix de son maître ». J’ai es­sayé de les di­gi­ta­li­ser. Mais ce n’est pas la même chose. C’est comme les  tours… C’est quand même mieux d’écou­ter le son d’un vi­nyle que ce­lui d’un CD ou d’un MP. J’écoute aus­si beau­coup de mu­sique clas­sique. Mais non, je ne suis pas un vrai jazz­man… Plu­tôt Fa­ce­book ou Twit­ter? Je n’ai même pas un té­lé­phone por­table. Je fonc­tionne à l’an­cienne, j’en­re­gistre mes mes­sages sur un ré­pon­deur! J’ai la té­lé­vi­sion, mais je ne m’in­té­resse pas aux ré­seaux so­ciaux ni à In­ter­net. Et je vous as­sure qu’on peut très bien vivre sans tout ce­la.

Plu­tôt foot­ball ou basket? Je suis un fervent sup­por­ter du Mi­lan AC, donc plu­tôt foot­ball. Je me suis ré­ga­lé cette an­née en re­gar­dant l’équipe de France jouer. J’ai bien cru que vous al­liez rem­por­ter l’Eu­ro. En tout cas vous nous avez fait vi­brer.

Plu­tôt pia­no ou gui­tare? Vous sa­vez que j’adore jouer du pia­no, c’est mon ins­tru­ment dans la vie et sur scène. Alors plu­tôt pia­no, d’au­tant que j’ai eu en­vie d’en jouer en écou­tant un jour un disque de Fats Wal­ler, un vieux pia­niste de jazz.

(Pho­to De­nis Fuentes)

Pao­lo Conte sa­me­di après-mi­di dans les cou­lisses du fes­ti­val où il a don­né un con­cert unique en France avec son big band.

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