La ter­rea­trem­blé­hier à Men­ton

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Côte D’azur - SI­MON FONTVIEILLE

Lun­di 25 juillet, 4h27. Ké­vin Le Meur, pa­tron de la bou­lan­ge­rie Au bai­ser duMi­tron, sur la rue pié­tonne de Men­ton, ne trouve pas le som­meil. « D’un coup, mon chat com­mence à s’ex­ci­ter. Dix se­condes plus tard, tout s’en­tre­cho­quait chez moi: la vais­selle, les tuiles. J’ai eu tel­le­ment peur que je me suis je­té sous la table. Il y a eu comme un bruis­se­ment qui s’am­pli­fiait de plus en plus et une dé­to­na­tion, un bruit qui pa­rais­sait sor­tir du sol. J’ai pen­sé un ins­tant que c’était une bombe, puis j’ai tout de suite réa­li­sé que c’était un séisme. » La scène ne du­re­pas plusde quatre se­condes. La cause de cette frayeur se trouve à douze ki­lo­mètres au large. C’est là, en pleine Méditerranée, qu’un séisme de ma­gni­tude 3,5 sur l’échelle de Rich­ter s’est pro­duit.

Faille li­gure

Une se­cousse sen­tieàMen­ton, mais éga­le­ment dans plu­sieurs vil­lages, comme Sainte-Agnès. Le trem­ble­ment de terre a tou­te­fois fait plus de peur que de mal. Du cô­té des pom­piers, on sou­ligne qu’au­cun ap­pel et­qu’au­cune in­ter­ven­tion liés au séisme n’ont eu lieu. Mais l’épi­sode ré­vèle une fois de plus que la Côte d’Azur est une des zones les plus sis­miques de France. « L’épi­centre du séisme d’hier se si­tue dans un ré­seau de failles qui l’on ap­pelle la “faille li­gure”, où s’af­frontent les plaques tec­to­niques afri­caine et eu­ro­péenne » , ex­plique Ed­mondMa­ri, sis­mo­lo­gueet­mai­re­deC­ha­teau­neuf- Ville­vieille. « C’est de cette confron­ta­tion que naissent la plu­part des séismes de la ré­gion, comme ce­lui du 23 fé­vrier 1887, qui a fait plus de 600 morts en Ita­lie et dix en France, dont huit dans les Alpes-Ma­ri­times. » Si la me­nace des séismes semble avoir long­temps été igno­rée sur la Côte, cette époque est ré­vo­lue. « Men­ton dis­pose de nom­breux ou­tils contre le risque sis­mique, dont le plan com­mu­nal de sau­ve­garde qui pré­voit, entre autre, des plans d’éva­cua­tions des élèves en cas d’alerte » , note Alain Ri­quet, di­rec­teur gé­né­ral des ser­vices de la Ville. « De plus, tous les bâ­ti­ments pu­blics ré­cents sont réa­li­sés se­lon les règles an­ti­sis­miques et un do­cu­ment dé­taillant les nu­mé­ros à ap­pe­ler et les po­si­tions à adop­ter en cas dan­ger est en cours d’éla­bo­ra­tion. »

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