Bob Sin­clar: « La­mu­sique m’a tou­jours sau­vé de mes tour­ments »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - People - FRANCK LE­CLERC fle­clerc@ni­ce­ma­tin.fr

En­fant, il se rê­vait en foot­bal­leur ou en ten­nis­man international. Ne se re­con­nais­sant pour ces dis­ci­plines « au­cun ta­lent » , il s’est tour­né vers la mu­sique, em­pi­lant ses pre­miers vi­nyles dans le lo­ca­là­pou­belles de l’im­meuble où l’éle­vait sa mère, dans le quar­tier du Ma­raisàPa­ris. Plus tard, ado­les­cent fas­ci­né­par l’au­teur de ro­mans po­pu­laires cam­pé par Bé­bel dans Le Ma­gni­fique, il s’est vu, comme lui, cou­rir le monde par pro­cu­ra­tion. La réa­li­té a rat­tra­pé sa fic­tion. Sous le pseu­do­nyme em­prun­té au hé­ros de Jean-Paul Bel­mon­do, Bob Sin­clar mixe au­jourd’hui dans les plus grands clubs de la pla­nète. No­tam­ment à Ibi­za, en ré­si­dence au Pa­cha de 4 à 7 h du ma­tin, chaque sa­me­di en été. Pour son es­cale au fes­ti­val Nuits du Sud, ven­dre­di à Vence, il a su s’adap­ter. « À Ibi­za, mon pro­gram­meest plus poin­tu. Plus d’ins­tru­men­taux, plus de “cli­mats” dif­fé­rents. Ici, on vient en fa­mille, avec des en­fants. Je convoque des mor­ceaux un peu plus po­pu­laires. » L’en­jeu? Créer une éner­gie ins­tan­ta­née. Ce qui, as­sure-t-il, est net­te­ment plus com­pli­qué. Le mo­ment aus­si est par­ti­cu­lier. Le titre World, hold on (lit­té­ra­le­ment: Monde, tiens bon), écrit il y a dix ans, semble qua­si­ment pro­phé­tique. « La­mu­sique m’a tou­jours sau­vé de beau­coup de tour­ments » , dit Bob Sin­clar qui ne croit pas ju­di­cieux d’an­nu­ler les évé­ne­ments après qu’un drame a en­deuillé le pays: « Ce­la fe­rait trop plai­sir à ceux qui veulent nous la fer­mer. Et qui pensent que nous sommes dé­ca­dents, alors que nous vou­lons juste être libres. » Lui, se voit tou­jours­com­meun sal­tim­banque. Un trou­ba­dour jouant avec le pu­blic. « Je veux que les gens res­sortent de mes concerts avec du bon­heur » , ex­plique le DJ qui ne re­nie pas le ca­rac­tère fes­tif de ses com­po­si­tions: « Dé­jà, j’en ai be­soin. Et mon pre­mier au­di­teur, c’est moi. » Quand il a fait écou­ter Love ge­ne­ra­tionàDa­vid Guet­ta, ce­lui-ci lui a dit que ce mor­ceau ne pas­se­rait ja­mais en club. « Je lui ai ré­pon­du que ce que je vou­lais par­ta­ger, c’était jus­te­ment l’émo­tion que j’avais eue en le créant. Si je n’ar­ri­vais pas à la faire pas­ser, alors je n’avais plus qu’à tout ar­rê­ter. » L’émo­tion est pas­sée, le suc­cès est res­té. Il conti­nue d’en­flam­mer les dan­ce­floors avec la ré­gu­la­ri­té d’un mé­tro­nome. Exer­cice qui re­quiert une condi­tion phy­sique ir­ré­pro­chable. À qua­rante-sept ans, Bob Sin­clar est « tan­ké » comme ja­mais. Ré­sul­tat d’une hy­giène de vie et d’un en­traî­ne­ment dignes d’un ath­lète de haut ni­veau. « Les gens sont per­sua­dés que les DJ n’ap­par­tiennent qu’au mi­lieu de la nuit, avec toutes les sub­stances que ce­la sup­pose. C’est l’op­po­sé de ce que je suis. » Sans do­page, donc, il a réus­si à fai­re­dan­ser Vence. Puis est re­par­ti versd’au­tres­pla­tines, avec dans sa mu­sette quelques-uns des 35000 vi­nyles de sa dis­co­thèque.

(Pho­to Do­mi­nique Agius)

« Je veux que les gens res­sortent de mes concerts avec du bon­heur. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.