Din­ner in the sky tombe de haut

Ini­tia­le­ment an­non­cée jus­qu’au 16 août, l’at­trac­tion de res­tau­ra­tion au-des­sus des flots n’au­ra pas te­nu plus de deux se­maines. La faute à un cli­mat éco­no­mique mo­rose

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - D. Z. dzai­toun@ni­ce­ma­tin.fr

Dans l’hy­po­thèse la plus op­ti­miste, les or­ga­ni­sa­teurs de l’opé­ra­tion Din­ner in the sky rê­vaient de quelque 1500 cou­verts entre le 14 juillet et le 15 août! Lors­qu’ils ont ins­tal­lé leur im­mense grue et la na­celle de 8 tonnes, ca­pable d’em­me­ner 22 convives à la fois (par deux fois dans la soi­rée) pour un dî­ner de ga­la à50­mè­tresd’ al­ti­tude,les pro mo­teurs belges de l’ opé­ra­tion en­vi­sa­geaient le meilleur ... Mais ils ont dé­mar­ré leur aven­ture le soir d’un fu­neste 14 juillet, qui lan­çait une sai­son plu­tôt tris­tou­nette aux Ma­rines. Hier ma­tin, à l’aube, la grue mo­bile à flèche té­les­co­pique, ca­pable de sou­le­ver 130 tonnes, a quit­té son em­pla­ce­ment co­go­li­nois, à quelques mètres des Ba­teaux verts. La veille, la na­celle avait dé­jà été ré­ex­pé­diée en Bel­gique... Ré­cit d’un ra­té.

Pro­blème de li­si­bi­li­té

«Nous avons connu un échec com­mer­cial, même si on a eu quelques bonnes soi­rées, re­con­nais­sait, mar­di soir, Mi­chaël Chiche, pro­duc­teur et or­ga­ni­sa­teur de cette at­trac­tion. Mais il faut re­con­naître que nous sommes tom­bés sur une pé­riode très dif­fi­cile. Avec tout ce qui se passe ac­tuel­le­ment en France, et ailleurs, les gens n’ont plus envie de sor­tir, et on peut les com­prendre». Cet échec n’au­rait-il rien à voir avec les ta­rifs que cer­tains pour­raient consi­dé­rer comme pro­hi­bi­tifs (385 eu­ros le cou­vert)? «Non, la qua­li­té de nos pres­ta­tions mé­ri­tait le ta­rif que nous pra­ti­quions, ex­plique le pro­mo­teur belge, au pied de la grue. En fait, nous nous sommes da­van­tage heur­tés à un pro­blème de li­si­bi­li­té et d’ac­cès. Nous n’étions qu’aux Ma­rines de Co­go­lin. Un en­droit pas loin de Saint-Tro­pez, certes, mais pas à Saint-Tro­pez non plus; et pas très vi­sible, ni ac­ces­sible.»

« Cli­mat de pa­nique »

Ce à quoi Marc-Etienne Lan­sade, maire de Co­go­lin de ré­tor­quer : « Ils sont avant tout vic­times d’une crise éco­no­mique très forte, mais sur­tout de ce cli­mat de pa­nique gé­né­rale qui flotte sur le pays! C’est, à mon sens, la rai­son ma­jeure de l’échec d’une très bonne ini­tia­tive.» Et le pre­mier ma­gis­trat de pré­ci­ser en­core que «cette struc­ture n’a rien rap­por­té fi­nan­ciè­re­ment à la ville», qui a ac­cueilli «gra­cieu­se­ment» l’at­trac­tion. «En re­vanche, ajoute-t-il, cet ar­rêt pré­ma­tu­ré de la ma­ni­fes­ta­tion me per­met de ré­cu­pé­rer des forces de sé­cu­ri­té jus­qu’alors dé­diées à ce site sen­sible. Je vais donc ré­cu­pé­rer ces élé­ments qui étaient af­fec­tés à la pro­tec­tion de cette at­trac­tion pour les ré­par­tir sur d’autres sec­teurs de la com­mune.» Dès sa­me­di avec les élec­tions conju­guées de Miss Pro­vence et Miss Côte d’Azur no­tam­ment...

(Pho­tos D. Z.)

En dé­pit de l’échec com­mer­cial de leur at­trac­tion, Mi­chaël Chiche (à droite) et son équipe n’ont pas per­du leur bonne hu­meur. Ils comptent bien s’ins­tal­ler l’an­née pro­chaine... à Saint-Tro­pez.

La na­celle, qui au­rait pu ac­cueillir deux fois  convives par soi­rée, n’a pas rem­pli ses ob­jec­tifs. Elle a été dé­mon­tée dès lun­di et la grue à quit­té son em­pla­ce­ment hier ma­tin.

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