Les conclu­sions de l’ins­pec­tion gé­né­rale de la po­lice

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - L’info Du Jour -

Com­ment a tra­vaillé l’ins­pec­tion gé­né­rale des ser­vices? Les en­quê­teurs ont en­ten­du dif­fé­rents in­ter­lo­cu­teurs au sein de la po­lice na­tio­nale et de la mu­ni­ci­pa­li­té. No­tam­ment le maire, Phi­lippe Pra­dal. Pour au­tant, l’IGPN ne s’est pas seule­ment ba­sé sur du «dé­cla­ra­tif». Sa di­rec­trice ex­plique avoir eu ac­cès à un cer­tain nombre de do­cu­ments: «Notes de ser­vice de la po­lice na­tio­nale comme de la po­lice mu­ni­ci­pale», «comptes ren­dus de réu­nions pré­pa­ra­toires». Tou­te­fois, Ma­rie-France Mo­ne­ger-Guyo­marc’h le re­con­naît : «Il y avait as­sez peu de comptes ren­dus de réu­nion qui étaient suf­fi­sam­ment pré­cis pour en ti­rer un cer­tain nombre de conclu­sions. » Pour com­plé­ter ses in­ves­ti­ga­tions l’IGPN au­rait pu avoir re­cours à la vi­déo­sur­veillance. Elle n’a pas « vou­lu » le faire pour ne pas, dit-elle, «em­pié­ter sur l’en­quête ju­di­ciaire» en cours.

Des plots en bé­tons, pour bar­rer la cir­cu­la­tion, avaient-ils été de­man­dés? Les ins­pec­teurs de l’IGPN n’ont ma­ni­fes­te­ment pas de ré­ponse. «Il est vrai qu’on nous a par­lé de ques­tions qui s’étaient, à un mo­ment, po­sées», re­con­naît la pa­tronne de la po­lice des po­lices, «mais au­cun compte ren­du n’a per­mis de dire qu’éven­tuel­le­ment des plots avaient été en­vi­sa­gés.»

Com­bien y avait-il de po­li­ciers exac­te­ment? C’est l’une des ques­tions au coeur de la po­lé­mique. Sur ce point Ma­rie-France Mo­ne­ger-Guyo­marc’h est ca­té­go­rique: «C’est plus que du dé­cla­ra­tif, puisque l’on a les notes de ser­vice de la po­lice na­tio­nale et de la po­lice mu­ni­ci­pale. On sait même pré­ci­sé­ment où cha­cun des ef­fec­tifs était pos­té. L’IGPN peut sans pro­blème cer­ti­fier les comptes. Je peux cer­ti­fier que les 64 ef­fec­tifs [de la po­lice na­tio­nale] se trou­vaient bien sur la Prom’ Par­ty». La pa­tronne de l’IGPN ajoute que, parce qu’il fal­lait bien sé­cu­ri­ser aus­si le reste de la ville, ils étaient même bien plus nom­breux mo­bi­li­sés ce soir-là. «Du dé­but de l’après­mi­di, du dé­fi­lé, jus­qu’en soi­rée et à la Prom’ Par­ty, il y a eu 107 po­li­ciers, dont 64 sur la Pro­me­nade des An­glais.» Le 21 juillet, un do­cu­ment pré­sen­té à la presse par le pré­fet des Alpes-Ma­ri­times, Adolphe Col­rat, in­di­quait pour­tant la pré­sence de «39 fonc­tion­naires ré­par­tis sur l’axe» pié­ton de la soi­rée. Il s’agis­sait en fait du pé­ri­mètre «res­ser­ré». D’autres agents af­fec­tés à la sé­cu­ri­sa­tion de la ma­ni­fes­ta­tion pa­trouillaient en amont, place Mas­sé­na et dans le Vieux-Nice.

Y a-t-il eu des ren­forts ex­té­rieurs? La pa­tronne de l’IGPN constate que lors des réu­nions pré­pa­ra­toires un «point d’in­ter­ro­ga­tion» était ap­pa­ru quant à la «mise à dis­po­si­tion ou pas» d’une force mo­bile. Ce ren­fort avait ma­ni­fes­te­ment été de­man­dé. Mais il n’avait pu être ob­te­nu, en rai­son de la forte sol­li­ci­ta­tion de ces mêmes com­pa­gnies avant le 14 juillet.

Le dis­po­si­tif était-il du coup suf­fi­sant? Du moins conforme aux an­nées pré­cé­dentes? L’ins­pec­tion gé­né­rale de la po­lice na­tio­nale a vé­ri­fié «ce qui avait été fait les an­nées pré­cé­dentes » et « les ef­fec­tifs mis à dis­po­si­tion par les uns et par les autres ». Elle constate que, sur les trois der­nières an­nées, «la part de la po­lice mu­ni­ci­pale est à peu près stable: 49 en 2014, 38 en 2015 et 42 en 2016 ». La Ville a tou­jours in­di­qué avoir mo­bi­li­sé pour le dis­po­si­tif Prom’ Par­ty de­man­dé par la pré­fec­ture, 42 de ses 78 po­li­ciers mu­ni­ci­paux de ser­vice ce soir-là. Tou­te­fois, Ma­rie-France Mo­ne­ger-Guyo­marc’h en convient, «pour la po­lice na­tio­nale c’est dif­fé­rent». Les ef­fec­tifs de po­lice na­tio­nale, mo­bi­li­sés en 2014 et 2015, étaient « de l’ordre de qua­rante». Ces deux an­nées-là, ils avaient re­çu le ren­fort de forces mo­biles : 37 CRS en 2014 et 60 gen­darmes en 2015. « Cette an­née, pré­cise la pa­tronne de l’IGPN, ne pou­vant bé­né­fi­cier de force mo­bile, le di­rec­teur de la sé­cu­ri­té pu­blique a fait mon­ter en puis­sance ses propres ef­fec­tifs et en a ra­jou­té une ving­taine, soit un ef­fort de 50 %», sou­ligne Ma­rie-France Mo­ne­ger-Guyo­marc’h. Ce­la fait néan­moins une qua­ran­taine de po­li­ciers na­tio­naux en moins qu’en 2015.

Com­ment a été pré­pa­ré ce dis­po­si­tif ? «Il y a eu quatre réu­nions pré­pa­ra­toires, deux en pré­fec­ture et deux entre po­li­ciers mu­ni­ci­paux et po­li­ciers na­tio­naux. » Elle as­sure que «sur la pré­pa­ra­tion du ser­vice d’ordre, il n’y a pas de dis­sen­sion: nous avons eu le sen­ti­ment que les choses se pas­saient de ma­nière très fluide entre po­lice mu­ni­ci­pale, po­lice na­tio­nale et pré­fec­ture.». Elle évoque « une re­la­tion de confiance à tel point que, re­grette-t-elle, les choses ont été très peu for­ma­li­sées. S’il y a eu des comptes ren­dus des réu­nions en pré­fec­ture, il n’y en a pas eu lors des réu­nions tech­niques entre po­lice mu­ni­ci­pale et po­lice na­tio­nale». La mu­ni­ci­pa­li­té se dit des­ti­na­taire d’un seul compte ren­du. Même pas spé­ci­fique à la Prom’Par­ty, mais à tous les « grands ras­sem­ble­ments de l’été». Un rap­port de deux pages, alors que ce­lui re­la­tif au 14 juillet 2015 en comp­tait le triple.

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