«On ai­me­rait pas­ser en bio, mais on a peur pour la ré­colte»

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Var -

Syl­vain Del­motte marche sur les traces de son père Do­mi­nique. À Ro­que­brune-sur-Ar­gens, ils mettent ré­colte et ma­té­riel en com­mun. Ils com­mer­cia­lisent des olives de table vertes et noires et des huiles mo­no­va­rié­tales (six va­rié­tés), en di­rect au do­maine des Oli­vettes et ex­pé­dient aus­si beau­coup. «On a dé­jà une pro­duc­tion la plus na­tu­relle pos­sible, sans ap­port d’en­grais chi­miques. On vise le bio, mais pour l’ins­tant, ce n’est pas pos­sible de se pas­ser to­ta­le­ment des phy­tos, car on n’a pas le droit à l’er­reur en olive de table», ex­plique le jeune oléi­cul­teur, en­ga­gé dans le ré­seau PHY­TO Var, après une ex­pé­rience avec le ré­seau des Alpes-Ma­ri­times. « L’in­té­rêt, c’est d’échan­ger avec les confrères et de ti­rer des conclu­sions des ex­pé­riences des autres.» Contre son prin­ci­pal en­ne­mi, la mouche de l’olive, «on est de­puis tou­jours en lutte rai­son­née,

on ne traite qu’en cas d’at­taque», dit-il. Il uti­lise des pièges avec des phé­ro­mones pour at­ti­rer les mâles.

«On ai­me­rait bien pas­ser en bio, mais on a peur pour la ré­colte, car je ne suis pas cer­tain de l’ef­fi­ca­ci­té de l’ar­gile verte. Je veux bien perdre 5% de pro­duc­tion, pas 30%. » Cette bar­rière mi­né­rale de­mande en outre «de nom­breuses pul­vé­ri­sa­tions

au trac­teur, donc du ga­soil. Ce n’est pas très bio

tout ça», re­lève-t-il. Il va donc tes­ter l’ar­gile, mais blanche, sur une toute pe­tite par­celle. Une so­lu­tion bio de pié­geage, le «vio trap», est ef­fi­cace sur les agrumes. Il l’en­vi­sa­ge­ra, si elle fait ses preuves sur l’oli­vier. « Son coût reste éle­vé, mais si on s’y met tous, les prix vont bais­ser.»

(Photo Mi­chel Joh­ner)

Syl­vain Del­motte, oléi­cul­teur, cherche une al­ter­na­tive aux pièges à mouches qu’il uti­lise ac­tuel­le­ment.

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