«Un mil­lion d’eu­ros pour les vic­times c’est bien mais il faut conti­nuer»

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Attentat De Nice -

Comme l’in­dique très bien son site In­ter­net: « Forte de 45 ans d’ex­pé­rience, la Fon­da­tion de France est le pre­mier ré­seau de phi­lan­thro­pie en France. Il réunit fon­da­teurs, do­na­teurs, ex­perts bé­né­voles, sa­la­riés et des mil­liers d’as­so­cia­tions, tous en­ga­gés et por­tés par la vo­lon­té d’agir. » C’est aus­si vers elle que Var­ma­tin/Nice-Ma­tin a choi­si de confier les dons col­lec­tés en fa­veur des vic­times du 14-Juillet. Cé­cile Ma­lo, dé­lé­guée gé­né­rale de la Fon­da­tion de France Mé­di­ter­ra­née, ex­plique com­ment les fonds – dé­jà un mil­lion d’eu­ros col­lec­tés – se­ront uti­li­sés.

Pour­quoi la Fon­da­tion de France a-t-elle dé­ci­dé d’agir pour l’at­ten­tat de Nice ? Pour chaque ca­tas­trophe, on se pose la ques­tion : on y va, on n’y va pas ? Là, dès le  juillet, nous re­ce­vions beau­coup de dons via la branche amé­ri­caine de la Fon­da­tion. Nous vous avons beau­coup lu, en par­ti­cu­lier Ni­ce­Ma­tin. Au re­gard du nombre de vic­times, nous avons ou­vert notre pro­gramme « En­semble face au ter­ro­risme » qui avait été ini­tié avec les at­ten­tats pa­ri­siens de . La Fon­da­tion a tout de suite abon­dé sur ses fonds propres à hau­teur de   €. Notre ac­tion se dé­cline en deux axes prin­ci­paux : la col­lecte des dons et la dé­tec­tion puis l’ins­truc­tion des be­soins.

Pour­quoi ces dons sont im­por­tants pour les vic­times. Parce que le fonds de ga­ran­tie – qui est très bien et que tous les pays ne mettent pas en place – ne suf­fit pas. Son mode d’at­tri­bu­tion s’ap­pa­rente à ce­lui des as­su­rances. C’est ef­fi­cace, ra­pide mais il est par­fois dif­fi­cile de dé­mon­trer que l’on se trou­vait sur les lieux du drame. Et là, on ne per­çoit au­cune aide de ce fonds.

La Fon­da­tion de France s’est dé­jà si­gna­lée dans le pas­sé au tra­vers d’autres ca­tas­trophes ? Oui, notre ex­pé­rience est re­con­nue. Nous étions le col­lec­teur prin­ci­pal après le séisme en Haï­ti ( mil­lions d’eu­ros) ; après l’ex­plo­sion de l’usine AZF de Tou­louse, les inondations ou évi­dem­ment les at­ten­tats de Pa­ris. Que s’est-il pas­sé ces quinze der­niers jours? L’ap­pel aux dons a bien fonc­tion­né. Nous avons dé­jà to­ta­li­sé un mil­lion d’eu­ros de do­na­teurs fran­çais et amé­ri­cains. De par­ti­cu­liers ou d’autres fon­da­tions. La ca­gnotte Nice-Ma­tin aus­si par­ti­cipe ac­ti­ve­ment à notre mis­sion en se fai­sant re­lais ci­toyen de cette chaîne de so­li­da­ri­té. Plu­sieurs évé­ne­ments, pe­tits ou grands, contri­buent éga­le­ment. C’était le cas d’un concert or­ga­ni­sé à Ville­neuve-Lou­bet ou de ce­lui à ve­nir le  sep­tembre, avec le Dime On Fest de Me­di qui re­ver­se­ra tous ses bé­né­fices [lire ci-des­sus].

Où va l’ar­gent col­lec­té? Il y a trois ni­veaux de re­ver­se­ment. Le sou­tien aux équipes de soins qui sont en pre­mière ligne. C’est le cas de l’Hô­pi­tal Len­val avec la di­men­sion par­ti­cu­lière que sont les en­fants et les ado­les­cents qui ont be­soin d’une prise en charge qui n’est pas tou­jours cou­verte par le fonds de ga­ran­tie comme l’art­thé­ra­pie. Il y a aus­si l’aide di­recte aux vic­times via le ré­seau INAVEM dont l’an­tenne ni­çoise est re­pré­sen­tée par le centre Mont­joie. Les pre­mières de­mandes com­mencent à ar­ri­ver. Mais pas en­core en très grand nombre. On re­doute un boom des de­mandes de prises en charge à la ren­trée. Pen­dant les va­cances, beau­coup se croient en­core épar­gnés par le drame. Le mal-être peut se dé­clen­cher bien plus tard… D’où la né­ces­si­té de conti­nuer à don­ner. En­fin, nous ai­dons aus­si les as­so­cia­tions d’aide aux vic­times comme Life for Nice.

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