« Le sol­fège, la pire chose au monde »

Mu­sique Hugues Au­fray est l’in­vi­té de La Boîte à mu­sique sur France 2 et il par­ti­ci­pe­ra à la tour­née Âge tendre, en no­vembre 2016

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Détente - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR ISA­BELLE MERMIN

Dans LaBoî­teà­mu­sique de Jean-Fran­çois Zy­gel, Hugues Au­fray re­monte aux ori­gines de sa for­ma­tion mu­si­cale. Cé­line, Stew­ball, San­tia­no …, cha­cun peut fre­don­ner les chan­sons de ce trou­ba­dour amou­reux du folk­lore. À 87 ans, il par­ti­ci­per a à la tour­née Âge tendre fin 2016. Quelle est votre for­ma­tion mu­si­cale clas­sique ? Les femmes de la fa­mille jouaient du pia­no, du vio­lon et du vio­lon­celle. Je me re­vois en­fant, as­sis près d’Al­fred Cor­tot, salle Ga­veau. Mais M. Bach, Jean­Sé­bas­tien de son pré­nom, or­ga­niste du col­lège do­mi­ni­cain de So­rèze, dans le Tarn, n’a pas réus­si à m’ap­prendre le sol­fège, la pire chose au monde. Je suis dys­lexique ! Je jouais d’oreille. Bonne­ma­man ap­pe­lait ce­la pia­no­ter ! J’ai même chan­té des cho­rals de Bach à quatre voix… À la TSF, j’ai­mais écou­ter Ra­vel, Dvo­rak, Tchaï­kovs­ki et Rach­ma­ni­nov, avant de re­mon­ter à la mu­sique clas­sique. Et cette for­ma­tion vous a me­né au folk­lore et à la gui­tare? À cette époque, on ap­pre­nait les chan­sons folk­lo­riques dans les mou­ve­ments de jeu­nesse. En 1946, en Es­pagne, l’âge d’or du fla­men­co, j’ai re­çu une gui­tare. J’ai ap­pris à jouer du folk­lore. De re­tour à Pa­ris, je suis en­tré au Club des amis de la gui­tare. Là sé­vis­saient les très jeunes Alexandre La­goya, Nar­ci­so Yepes (au­teur de la mu­sique de Jeux in­ter­dits )et Ida Pres­ti ! Fé­lix Le­clerc et Georges Bras­sens sont ve­nus en­suite… Que pen­sez­vous de JeanFrançois Zy­gel ? C’est un ex­cellent pia­niste. Il passe du clas­sique à la va­rié­té « sans ca­tas­trophe ». Je suis pour la re­con­nais­sance du talent des autres. J’ai vu Me­nu­hin ver­ser une larme en écou­tant Grap­pel­li ! Il sa­vait que ja­mais il ne sau­rait jouer cette mu­sique. Quelle sur­prise l’ani­ma­teur vous ré­serve­t­il ? Il connais­sait mon faible pour Le Poème de l’ex­tase ,de Scria­bine, et m’a of­fert le Feuillet d’al­bum opus 58, une pure mer­veille. Le jour où je m’en irai, j’ai­me­rais qu’on le joue, je me re­con­nais dans cette mu­sique éthé­rée. Vous ai­me­riez que Dieu dise… Bien­ve­nue ! On va jouer en­semble ! Et je re­trou­ve­rai Djan­go Rein­hardt, Glenn Gould, Georges Enes­co et mon frère Fran­ces­co, qui s’est sui­ci­dé à 27 ans, à l’aube d’une car­rière mon­diale de chef d’or­chestre, et ami de Pierre Bou­lez…

« La Boîte à mu­sique...» à 23 h 30 sur France 2

Hugues Au­fray : « Je suis dys­lexique! En­fant, je jouais d’oreille. Bonne­ma­man ap­pe­lait ce­la pia­no­ter… Le jour où je m’en irai, j’ai­me­rais qu’on joue du Scria­bine ».

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