aux Jeux Olym­piques

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Dossier - FRAN­ÇOIS PATURLE

C’est à Juan-les-Pins, quelques jours avant le dé­part pour le Bré­sil que nous avons re­trou­vé Sa­mir Aït Saïd. Par­mi tous les cham­pions que les murs du gym­nase Vil­mo­rin ont vu gran­dir, Sa­mir tient une place à part. Outre le pal­ma­rès, im­pres­sion­nant, Sa­mir est un ami fi­dèle, dont le coeur à l’ou­vrage a tou­jours for­cé le res­pect. Aït Saïd a donc dé­bu­té ici à Juan, du haut de ses 10 ans, non loin des pla­tanes du square et de la vie tran­quille des bou­listes. « Il avait des qua­li­tés hors norme et dans son re­gard dé­jà, une forte en­vie de réus­sir », rap­pelle Phi­lippe Car­mo­na, en­traî­neur na­tio­nal. Vice-cham­pion d’Eu­rope aux an­neaux à 20 ans, cham­pion d’Eu­rope à 23 ans, en­core mé­daillé en 2014 et 2015, Aït Said n’a pas beau­coup chan­gé avec le temps. Même l’énorme coup dur de 2012, avec cette frac­ture au ge­nou qui l’avait pri­vé des JO de Londres au der­nier mo­ment, n’a pas suf­fi à bri­ser la pas­sion, son mo­teur. « Je me de­vais de re­ve­nir pour tous ceux qui me sou­tiennent et croient en moi », re­lève Sa­mir. Ses proches, no­tam­ment, ont beau­coup comp­té. Smaïl, le pa­pa, chauf­feur d’au­to­bus à An­tibes et cein­ture noire de ka­ra­té, pas peu fier du fis­ton, Mar­tine, la ma­man, in­ves­tie pour la pe­tite en­fance, Sa­rah, la pe­tite soeur, qui vient d’ob­te­nir son di­plôme d’in­fir­mière. « J’étais tel­le­ment content pour elle...», glisse Sa­mir, la pu­pille hu­mide. As­su­rer son ave­nir, c’est au­si son quo­ti­dien. Au prin­temps, il vient de va­li­der sa deuxième an­née à l’école na­tio­nale de ki­né­si­thé­ra­pie et ré­édu­ca­tion de Saint-Mau­rice (non loin de l’In­sep en ré­gion pa­ri­sienne), et ce, en pleine pré­pa­ra­tion olym­pique. « Pas simple de rat­tra­per 4 mois et de­mi de cours en 2 se­maines... Je bos­sais de 13h à 5h du mat’, je dor­mais un peu, et de 10h à 12h c’était en­traî­ne­ment. Je dois beau­coup à l’école de St-Mau­rice », dit-il. En sep­tembre, au len­de­main des Jeux, AïtSaïd at­ta­que­ra un stage au centre hé­lio-ma­rin de Vallauris. De­puis plus d’un an, il n’a pas pu sa­vou­rer une dose de va­cances.

Rythme in­fer­nal

Souf­fler, ce se­ra pour plus tard. « Si je suis ve­nu fi­nir ma pré­pa­ra­tion à An­tibes, c’est parce que je sa­vais que les coaches n’al­laient pas me lâ­cher d’une se­melle». Aux an­neaux, à 2,70m du sol, sa force, dans les épaules, est phé­no­mé­nale. L’An­ti­bois est ca­pable de sup­por­ter des charges de deux fois son poids (115 ki­los). Lors de la sor­tie, les jambes passent de zé­ro à 60 km/h en à peine 2 dixièmes, soit une ac­cé­lé­ra­tion com­pa­rable à celle d’une F1. Cette dis­ci­pline ne cou­ronne que les cracks. 4e des der­niers cham­pion­nats du monde, l’An­ti­bois va ten­ter le plus grand ex­ploit de sa car­rière. « Après son di­plôme, ma pe­tite soeur m’a dit : à toi de me faire le plus beau des ca­deaux avec une mé­daille à Rio. Croyez-moi, je vais tout faire pour y ar­ri­ver ».

Aït Saïd : la re­vanche

(Pho­to Sé­bas­tien Bo­tel­la)

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